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Les États-Unis veulent "passer aux actes" au Venezuela

Deux bus transportant de l'aide humanitaire ont pris feu samedi lors de la tentative de passage de la frontière entre la Colombie et le Venezuela.
Deux bus transportant de l'aide humanitaire ont pris feu samedi lors de la tentative de passage de la frontière entre la Colombie et le Venezuela. Juan Barreto, AFP

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, a annoncé vouloir "passer aux actes" pour soutenir l'opposant Juan Guaido après une journée de violence aux frontières du Venezuela.

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La pression internationale s'accroît sur le régime vénézuélien de Nicolas Maduro. Dimanche 24 février, les États-Unis ont annoncé leur intention de "passer aux actes" pour soutenir l'opposant Juan Guaido après une journée de violences samedi aux frontières du pays.

"Les États-Unis vont passer aux actes contre ceux qui s'opposent à la restauration pacifique de la démocratie au #Venezuela. Maintenant, le temps est venu d'agir pour soutenir les besoins du peuple vénézuélien désespéré", a tweeté le secrétaire d'État américain Mike Pompeo. Ce dernier a ajouté sur CNN que les jours de Nicolas Maduro étaient comptés.

Il a qualifié de "brutes" les forces de sécurité vénézuéliennes qui ont durement réprimé des manifestations samedi, faisant deux morts, selon l'ONG Foro Penal  opposée au gouvernement de Maduro, et plus de 300 blessés, dont des Colombiens, selon le gouvernement de Bogota et différentes sources.

"Choqué" par ce bilan, et face aux risques d'escalade, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé dimanche "au calme" et demandé dans un communiqué "à tous les acteurs de réduire les tensions et de tout faire pour éviter l'aggravation" de la situation. Il a insisté sur la nécessité "d'éviter la violence à tout prix" et de bannir le recours "à la force létale quelles que soient les circonstances".

>> À lire sur France 24 : "Violences aux frontières du Venezuela où l'aide humanitaire reste bloquée"

Depuis la ville colombienne de Cucuta, proche de la frontière, Juan Guaido, président par interim autoproclamé et reconnu par une cinquantaine de pays, a appelé samedi la communauté internationale à "envisager toutes les éventualités" face à Maduro. Il a annoncé qu'il participerait lundi à Bogota à une réunion du Groupe de Lima sur la crise au Venezuela, qui comprend quatorze pays d'Amérique, majoritairement hostiles à Nicolas Maduro.

Rupture diplomatique avec "le gouvernement fasciste de Colombie"

S'exprimant devant des milliers de ses partisans, Nicolas Maduro a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec "le gouvernement fasciste de Colombie" et donné 24 heures "à l'ambassadeur et aux consuls" pour quitter le Venezuela en lançant : "Dehors, les oligarques !". Cependant, pour le président colombien Ivan Duque, traité de "diable" par Maduro, Juan Guaido est le seul chef de l'État vénézuélien en exercice.

Le gouvernement colombien a également dénoncé des "violations des droits humains" au Venezuela

"Cette action pacifique et de caractère humanitaire a été interrompue depuis le Venezuela sous le régime usurpateur de Maduro avec une répression violente et disproportionnée", a dénoncé le ministre colombien des Affaires étrangères.

Le Canada demande à ce qu'on laisse passer l'aide humanitaire

Le Canada a réclamé "l'accès sûr et sans restriction" de l'aide humanitaire au Venezuela et s'est déclaré "profondément préoccupé" par les actes de violence visant à entraver son entrée dans le pays.

"Le Canada est profondément préoccupé par les actes de violence qui auraient été perpétrés par le régime Maduro afin d'empêcher l'entrée d'articles de secours à partir des pays voisins", ont déclaré la ministre des Affaires étrangères et sa collègue du Développement international.

Ottawa "demande que ces attaques inadmissibles fassent l'objet d'une enquête et que leurs auteurs soient traduits en justice", ajoutent les ministres dans un communiqué, soulignant que "ces attaques visant des civils sont tout simplement inacceptables".

Reprochant au régime Maduro d'entraver les efforts de distribution d'aide, les ministres relèvent notamment les "rapports inquiétants", selon lesquels "des intervenants du régime ont fait brûler l'aide plutôt que de permettre son acheminement aux personnes dans le besoin au Venezuela".

L'UE ne veut pas d'escalade

L'UE a condamné dimanche les actes de violence et le recours à des groupes armées par le régime venezuelien pour empêcher l'entrée de l'aide humanitaire dans ce pays.

"Le refus du régime de reconnaître l'urgence humanitaire conduit à une escalade des tensions", a déploré la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini dans une déclaration au nom des 28 États membres de l'UE. "Nous rejetons l'utilisation de groupes armés irréguliers pour intimider les civils et les législateurs qui se sont mobilisés pour distribuer de l'aide".

L'UE a "exclu de manière catégorique tout soutien ou toute acceptation à l'égard d'une escalade militaire au Venezuela" lors d'une réunion de ses ministres des Affaires étrangères lundi à Bruxelles.

À noter que l'UE s'est dite dimanche prête a accroître son aide, a par ailleurs annoncé Mme Mogherini. L'UE a engagé plus de 60 millions d'euros en 2018 et 2019 au titre de l'aide humanitaire et de l'aide au développement.

Avec AFP et Reuters

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