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Les jihadistes détenus par les Kurdes au cœur de la rencontre entre les présidents français et irakien

Le président français Emmanuel Macron et son homologue irakien, le 25 février 2019 à l'Élysée.
Le président français Emmanuel Macron et son homologue irakien, le 25 février 2019 à l'Élysée. Ludovic Marin, AFP

Le président irakien Barham Saleh, en visite à Paris, a annoncé que treize jihadistes avaient été remis aux autorités irakiennes et précisé qu'ils seraient jugés en Irak. Emmanuel Macron refuse quant à lui de dire si des Français étaient concernés.

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Le président français Emmanuel Macron a reçu lundi  février son homologue irakien Barham Saleh à l'Élysée. Au cours de cette visite, ils ont évoqué le sort des jihadistes capturés par les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Le président irakien a annoncé lundi que treize jihadistes avaient été remis aux autorités irakiennes. Ils "seront jugés selon la loi irakienne et c'est dans ce cadre que nous agissons", a-t-il déclaré. "Ils sont accusés d'avoir commis des crimes contre des Irakiens, des installations irakiennes en Irak, ils seront jugés selon la loi irakienne, et c'est ce que le droit international reconnaît", a-t-il ajouté.

"Toute personne accusée d'avoir commis des crimes en Irak, contre le peuple irakien, contre les installations irakiennes, nous la recherchons pour la juger", a-t-il poursuivi. "Il ne s'agit pas d'accueil" mais de les chercher pour les juger devant des tribunaux irakiens.

Des Français parmi ces jihadistes ?

S'exprimant à ses côtés, Emmanuel Macron a pour sa part refusé de préciser si ces jihadistes étaient français, ni si le jihadiste français Thomas Barnouin, parti rejoindre les rangs de l'EI en 2014 et arrêté par les FDS, en décembre 2017, figurait parmi les combattants transférés aux autorités irakiennes. "Les FDS ont d'innombrables prisonniers qui ont été constitués durant le conflit et qu'elles gèrent au mieux de leur capacité dans le nord-est syrien", a-t-il souligné.

"Je n'ai pas à confirmer l'identité de tel ou tel", a-t-il poursuivi. "Pour les Français majeurs détenus qui seraient transférés", il reviendra "d'abord" aux autorités irakiennes "de décider souverainement" s'ils doivent faire l'objet de procédure judiciaire sur place, a-t-il ajouté, précisant que les ressortissants français auront "le droit de bénéficier de la protection consulaire".

Selon des sources françaises, quelque 150 ressortissants français, dont une cinquantaine d'adultes, seraient détenus ou retenus dans le nord-est de la Syrie par les FDS, une alliance arabo-kurde alliée de la coalition internationale engagée contre l'EI.

L'analyse de Farhad Khosrokhavar, sociologue, spécialiste du jihadisme.

Un déplacement en Irak

Le chef d’État français a également annoncé qu'il allait se rendre dans quelques mois en Irak. "L'amitié ancienne (entre la France et l'Irak) a été notre rempart contre le terrorisme, il nous faut désormais la nourrir de projets concrets pour construire ensemble un paix durable", a dit le chef de l'État français lors d'une conférence de presse à l'Élysée à l'issue d'un déjeuner de travail."C'est mon souhait, c'est le message que je porterai dans quelques mois en Irak", a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron avait envisagé un temps de se rendre en Irak en février 2019 mais avait finalement décidé de reporter ce déplacement compte tenu de l’actualité nationale - en raison notamment du "grand débat national" organisé en réponse à la crise des Gilets jaunes.

Présente militairement en Irak dans le cadre de la lutte contre l’Organisation État islamique, la France a assuré ces derniers mois qu’elle poursuivrait sa coopération avec Bagdad après la défaite de l’organisation jihadiste, dans les domaines de formation des forces irakiennes.

"Les menaces restent considérables", a estimé Emmanuel Macron. "La France reste et restera aux côtés des Irakiens, politiquement et militairement" et "je souhaite que nos soldats (...) puissent contribuer dans la durée au renforcement des capacités des forces irakiennes". La France mobilise 1 200 militaires via des opérations aériennes, des forces spéciales en Syrie, de l'artillerie et des formations de l'armée irakienne.

Avec AFP et Reuters

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