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La commercialisation par Decathlon d'un "hijab de running" crée la controverse

La commercialisation par le groupe français Decathlon d'un "hijab de running" au Maroc et son arrivée en France suscite la polémique.
La commercialisation par le groupe français Decathlon d'un "hijab de running" au Maroc et son arrivée en France suscite la polémique. Philippe Huguen, AFP

Le groupe Decathlon a affirmé mardi "assumer" la commercialisation d'un "couvre-tête" destiné aux pratiquantes de la course à pied, déjà vendu au Maroc sous le nom d'"hijab". Le produit suscite un tollé au sein de la classe politique française.

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"Nous assumons complètement le choix de rendre le sport accessible pour toutes les femmes dans le monde." Face à la polémique suscitée quant à la commercialisation au Maroc d'un "hijab de running", le groupe français Decathlon tient bon mardi 26 février et indique "assumer complètement" la vente de cet accessoire destinée aux pratiquantes de la course à pied.

Dans les prochaines semaines, cet "accessoire initialement développé et commercialisé au Maroc, à la demande de pratiquantes locales de course à pied", sera "rendu disponible en France et partout dans le monde dans les magasins" Decathlon qui en feront la demande, a indiqué à l'AFP Xavier Rivoire, responsable de la communication externe de Decathlon United.

Engouement pour ce produit au Maroc

"Nous assumons complètement le choix de rendre le sport accessible pour toutes les femmes dans le monde. C'est presque un engagement sociétal, si cela permet à des coureuses de pratiquer la course à pied, nous l'assumons avec sérénité", a-t-il poursuivi.

"L'engouement pour le produit a fait que nous nous sommes posés la question de le rendre disponible" ailleurs qu'au Maroc, a ajouté Xavier Rivoire, soulignant que "ce couvre-tête laisse le visage libre et visible".

Responsable du jogging chez Kalenji, la gamme de course à pied de l'enseigne, Angélique Thibault, qui a conçu le "Hijab Kalenji", se dit "mue par la volonté que chaque femme puisse courir dans chaque quartier, dans chaque ville, dans chaque pays, indépendamment de son niveau sportif, de son état de forme, de sa morphologie, de son budget. Et indépendamment de sa culture".

Du PS à l'extrême droite, la classe politique française condamne

Interrogée mardi sur RTL, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a souligné qu'un tel produit n'était "pas interdit par la loi". Mais "c'est une vision de la femme que je ne partage pas. J'aurais préféré qu'une marque française ne promeuve pas le voile", a-t-elle ajouté.

Pour Aurore Bergé, porte-parole de La République en marche, "le sport émancipe. Il ne soumet pas. Mon choix de femme et de citoyenne sera de ne plus faire confiance à une marque qui rompt avec nos valeurs. Ceux qui tolèrent les femmes dans l'espace public uniquement quand elles se cachent ne sont pas des amoureux de la liberté".

"La société française, c'est une société qui dans sa tradition refuse qu'on couvre le visage et le corps humain à l'excès", a réagi François Bayrou sur BFMTV. Selon le président du Modem, "l'image de la femme en France, c'est une image de liberté".

Valérie Rabault, la présidente du groupe PS à l'Assemblée nationale, a demandé sur Twitter le "boycott" de la marque française.

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a lui aussi appelé au boycott de la marque et a demandé que le produit soit retiré de la vente. "J'ai deux filles et je n'ai pas envie qu'elles vivent dans un pays où la place des femmes dans la société régresse comme en Arabie Saoudite", a-t-il déclaré sur France 2.Le prix du "hijab" de Decathlon sera connu lors de sa commercialisation.

L'équipementier sportif Nike commercialise déjà un "Hijab pour femme", en noir, gris ou blanc, au prix de 30 euros.

Avec AFP

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