Accéder au contenu principal

Manifestations en Algérie : les journalistes du service public disent non à la censure

Les journalistes du service public rassemblés mercredi 27 février devant le siège de l'ENTV.
Les journalistes du service public rassemblés mercredi 27 février devant le siège de l'ENTV. Assia Chalabi, journaliste algérienne

Les journalistes de la télévision publique algérienne ont organisé un sit-in devant le siège de l'ENTV mercredi pour dénoncer la couverture médiatique des manifestations contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika.

PUBLICITÉ

"Mon métier est d'informer, non de désinformer", "Journalistes enfants du peuple, nous portons la voix du peuple". Massés derrière le portail en métal de l’ENTV, les journalistes de la télévision publique algérienne ont brandi, mercredi 27 février, des pancartes, des drapeaux algériens et scandé des slogans à tue-tête contre la censure.

Raison de leur colère ?  La couverture quasi-inexistante des manifestations monstres contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat dans les médias publics depuis le début du mouvement le 22 février. Un mouvement d’autant plus inédit que toute marche ou manifestation est strictement interdite par la loi en Algérie depuis 2001.

Selon le site d'informations Tout sur l'Algérie (TSA), une lettre a également été adressée au directeur général de l'ENTV. Dans ce courrier, les journalistes, les techniciens et les réalisateurs disent leur refus d'être "l’outil" utilisé pour "dissimuler ou tronquer" les informations.

Le silence de la radio-télévision publique

Depuis le début du mouvement populaire qui a mobilisé massivement les Algériens dans la capitale mais aussi dans le reste du pays, les antennes et chaînes de la radio et télévision publiques algériennes ont opté pour un quasi-silence.

Le 24 février, les journalistes de la radio publique avaient adressé une lettre à leur directeur évoquant le silence total imposé par leur hiérarchie sur les rassemblements massifs à travers le pays. "Nous sommes le service public et non des journalistes étatiques", avaient-ils affirmé dans ce texte transmis à l'AFP. "La radio algérienne appartient à tous les Algériens [...] Notre devoir est de tous les informer. La décision de la hiérarchie de passer sous silence les grandes manifestations nationales de ce 22 février 2019 n'est que l'illustre enfer de l'exercice au quotidien de notre métier", ont-ils ajouté.

Signe d'une crise profonde, la rédactrice en chef de l'antenne francophone de la radio nationale, la Chaîne 3, Meriem Abdou avait également annoncé sa démission samedi 23 février. "En tant que journaliste, je n'accepte pas cela et je ne souhaite plus faire partie de l'encadrement de cette chaîne", avait-t-elle alors confié à l'AFP.

De son côté, Reporters sans frontières (RSF) a évoqué dans un communiqué une "vague de répression contre la presse en marge des manifestations". "Depuis le 22 février 2019, les autorités algériennes mettent tout en œuvre pour museler les journalistes et les médias qui veulent témoigner des grandes manifestations qui secouent le pays pour protester contre la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un 5ème mandat lors de la présidentielle du 18 avril prochain", écrit l'ONG française de défense de la liberté de la presse qui précise que l’Algérie est à la 136e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la Presse 2018.  RSF précise également qu’elle a recensé "plusieurs interpellations, agressions, interdiction de couvrir, confiscation de matériel, pressions sur les médias publics et ralentissement du réseau internet".

Un nouveau rassemblement de toute la presse algérienne est prévu jeudi 28 février à Alger.

 

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.