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"Raciste, escroc, tricheur", l'ex-avocat de Donald Trump accable le président américain

L'ancien avocat de Donald Trump, Michael Cohen, le 27 février 2019 au Congrès à Washington.
L'ancien avocat de Donald Trump, Michael Cohen, le 27 février 2019 au Congrès à Washington. Chip Somodevilla, Getty Images North America, AFP

Auditionné par le Congrès américain, l'ancien avocat de Donald Trump, Michael Cohen, a dit mercredi avoir des "soupçons" d'une collusion entre l'équipe de campagne du président américain et la Russie lors de la campagne présidentielle de 2016.

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Michael Cohen n’a pas fait dans la langue de bois : Donald Trump "est un raciste, un escroc, un tricheur", a affirmé, mercredi 27 février, l'ancien avocat personnel du président des États-Unis lors d'une audition explosive devant le Congrès américain.

"Je suis ici pour dire au peuple américain ce que je sais du président Trump", a déclaré Michael Cohen. "Je regrette le jour où j'ai dit oui à M. Trump […] J'ai honte [d'avoir collaboré avec lui]", a ajouté l'ancien avocat, condamné à trois ans de prison pour fraude fiscale, parjure et infraction au code électoral.

L'homme a donné une description peu flatteuse du locataire de la Maison Blanche devant la commission d'enquête de la Chambre des représentants, à Washington. "Le pays a vu M. Trump courtiser les suprémacistes blancs et les sectaires. Vous l'avez entendu qualifier des pays plus pauvres de 'pays de merde'. En privé, il est encore pire", a-t-il lancé. "On était un jour en voiture et on traversait un quartier difficile de Chicago, il a dit que seuls des Noirs pouvaient vivre ainsi", a-t-il ajouté. "Et il m'a dit que les Noirs ne voteraient jamais pour lui parce qu'ils étaient trop stupides."

Donald Trump "est capable de se comporter avec bonté, mais il n'est pas bon. Il est capable de gestes généreux, mais il n'est pas généreux. Il est capable d'être loyal, mais il est fondamentalement déloyal", a martelé Michael Cohen.

Et alors que l'actuel président a fait sa campagne sur "rendre à l'Amérique à sa grandeur", le jeune Trump a évité d'aller combattre au Vietnam en prétextant une fausse excuse médicale – une pseudo excroissance osseuse au pied – a assuré son ancien confident. "Tu penses que je suis idiot? Je n'allais quand même pas aller au Vietnam", aurait déclaré Donald Trump à son homme de confiance d'alors.

"Trump savait pour WikiLeaks"

Puis sont venues les accusations plus graves. L'air sérieux, les traits tirés, Michael Cohen a également affirmé que le président américain connaissait à l'avance les révélations de WikiLeaks sur sa rivale Hillary Clinton.

>> À lire : "Enquête russe : l'équipe Trump s'est vu offrir une 'synergie politique' avec Moscou dès 2015"

"On s'est demandé si j'avais connaissance de preuves directes démontrant que M. Trump, ou son équipe de campagne, avait comploté avec la Russie. Je n'en ai pas. Je veux être clair. Mais j'ai des soupçons", a déclaré Michael Cohen.

L'ex-avocat de Donald Trump a aussi affirmé que les discussions sur un important projet immobilier à Moscou de la société de Donald Trump s'étaient prolongées courant 2016. Le magnat des affaires a au contraire maintes fois affirmé que ni lui, ni ses collaborateurs, n'étaient liés à des intérêts russes, ni en discussions avec des Russes pendant sa campagne électorale.

"À sa façon, il me disait de mentir"

"Soyons clairs : M. Trump était au courant et a dirigé les négociations à Moscou tout au long de la campagne et a menti à ce sujet. Il a menti parce qu'il n'aurait jamais pensé gagner l'élection", a déclaré Michael Cohen. "Il a aussi menti à ce propos parce qu'il pensait gagner des centaines de millions de dollars grâce au projet immobilier de Moscou".

"M. Trump ne m'a pas demandé directement de mentir au Congrès. Ce n'est pas comme ça qu'il fonctionne", a-t-il ajouté. "Lors de conversations que nous avons eues durant la campagne, alors même que je négociais activement en Russie pour lui, il me regardait dans les yeux et me disait qu'il n'y avait aucun projet en Russie, puis sortait et mentait aux Américains en répétant la même chose". "À sa façon, il me demandait de mentir", a encore dit Michael Cohen.

>> À lire : "L'ex-avocat de Trump, Michael Cohen, condamné à trois ans de prison"

Depuis mardi et une première audition, la Maison Blanche et Donald Trump lui-même, en voyage au Vietnam pour son deuxième sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, attaquent la crédibilité de l'ex-avocat, condamné en décembre à trois ans de prison pour fraude fiscale, parjure et infraction au code électoral, par ailleurs radié du barreau.

"Michael Cohen a été l'un parmi de nombreux avocats qui m'ont représenté (malheureusement)", a tweeté Donald Trump mercredi. "Il ment afin de réduire sa peine de prison", a-t-il accusé.

Michael Cohen a achevé son témoignage à charge avec une sombre mise en garde : "D'après l'expérience que j'ai eue au service du président Trump, je crains que s'il perd l'élection en 2020, il n'y ait jamais de transition pacifique du pouvoir", a lancé Michael Cohen en conclusion d'environ cinq heures d'audition devant une commission parlementaire. "C'est pour cela que j'ai accepté de comparaître devant vous aujourd'hui", a ajouté l'ex-avocat.

Avec AFP et Reuters

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