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En Algérie, Abdelaziz Bouteflika limoge son directeur de campagne Abdelmalek Sellal

Abdelmalek Sellal, alors Premier ministre de l'Algérie, à Addis Abeba le 31 janvier 2017.
Abdelmalek Sellal, alors Premier ministre de l'Algérie, à Addis Abeba le 31 janvier 2017. Tiksa Negeri, AFP

Dimanche minuit, les dépôts de candidature pour la présidentielle en Algérie seront clôturés. La veille, le président Abdelaziz Bouteflika a remplacé son directeur de campagne, l'ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal.

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Dimanche 3 mars, une journée cruciale pour l'élection présidentielle algérienne d'avril. Tandis qu'à minuit, les dépôts de candidatures seront cloturés, celle du président Abdelaziz Bouteflika, candidat à sa propre élection pour un cinquième mandat, est attendue malgré les appels de la rue pour qu'il y renonce.

 

Abdelaziz Bouteflika, confronté à une contestation sans précédent en 20 ans de pouvoir, a limogé samedi 2 mars son directeur de campagne, Abdelmalek Sellal.

L'ancien Premier ministre qui avait animé les trois précédentes campagnes victorieuses (2004, 2009, 2014) du candidat Bouteflika, est remplacé par l'actuel ministre des Transports, Abdelghani Zaalane, a annoncé l'agence APS, citant "la direction de campagne" du chef de l'État.

Aucune explication n'a été donnée à ce changement, survenue au lendemain de manifestations monstres à Alger et dans le reste de l'Algérie et à moins de 36 heures de l'expiration du délai de dépôt des dossiers de candidature à la présidentielle, dimanche à minuit (23H00 GMT).

Abdelaziz Bouteflika, toujours hopitalisé en Suisse

"Ce limogeage démontre le désarroi dans lequel se trouve aujourd’hui le régime. C’est un pouvoir qui n’arrive pas à gérer la crise, à faire baisser la mobilisation populaire. Sellal était l’un des plus proches de Bouteflika, il est aussi considéré comme l’un des personnages les plus importants de l’État algérien", explique notre journaliste Tahar Hani sur l'antenne de France 24.

Aucun responsable algérien n'a jusqu'ici réagi officiellement à l'imposante mobilisation des Algériens vendredi, à travers le pays, pour dire leur rejet de la perspective d'un 5e mandat de M. Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, et qui célèbre ses 82 ans ce samedi.

Hospitalisé en Suisse depuis dimanche 24 février, officiellement pour "des examens médicaux périodiques", le retour en Algérie du chef de l'État n'a toujours pas été annoncé. Selon la loi algérienne, les candidats ne sont pas tenus de déposer leur candidature eux-mêmes si "un certificat médical délivré à l'intéressé par des médecins assermentés" justifie leur absence.

En première ligne

En l'absence physique d'Abdelaziz Bouteflika, qui ne s'est pas adressé aux Algériens depuis un AVC en 2013 et qui n'apparaît plus que rarement en public, Abdelmalek Sellal se retrouvait en première ligne depuis le début de la contestation et pourrait avoir servi de "fusible", a expliqué à un observateur ayant requis l'anonymat. "Son limogeage pourrait être une première réponse" à cette contestation, "mais ça risque d'être un peu court", a-t-il estimé.

"On peut considérer que c'est une réponse. Limoger le directeur de campagne du président Bouteflika signifie que la candidature est maintenue. (...) On est en train de préparer l'opinion, en quelques sortes, à ce que le président Bouteflika se présente demain", estime notre journaliste Meriem Amellal Lalmas.

Son remplaçant Abdelghani Zaalane, haut fonctionnaire de 54 ans qui a fait carrière dans l'administration préfectorale, en tant que secrétaire général de wilayas (préfecture) puis de wali (préfet) notamment d'Oran, deuxième ville du pays, est peu connu du grand public.

Toute la semaine, le camp présidentiel a réaffirmé que la contestation n'empêcherait pas le scrutin de se tenir dans les délais et que le dossier de candidature du chef de l'État serait remis dimanche au Conseil constitutionnel. Les autorités "espèrent tenir jusqu'à dimanche, avec l'espoir qu'une fois la candidature de Bouteflika actée et rendez-vous donné dans les urnes, la contestation s'essoufflera", expliquait, avant les derniers défilés en date, un autre observateur sous le couvert de l'anonymat.

Avec AFP et Reuters

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