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ALGÉRIE

Journée décisive pour la candidature contestée d’Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle

Le président Bouteflika n'apparaît que rarement en public. Cette photo date des élections de novembre 2017.
Le président Bouteflika n'apparaît que rarement en public. Cette photo date des élections de novembre 2017. Ryad Kramdi, AFP (archives)
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Confronté à une vague de contestation sans précédent, le président algérien Abdelaziz Bouteflika n’a pas encore officialisé sa candidature à la présidentielle du 18 avril. Son absence physique pose la question des modalités de dépôt des candidatures.

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Les Algériens retiennent leur souffle, alors que leur pays connaît une journée capitale, dimanche 3 mars, dernier délai pour les prétendants à la magistrature suprême pour déposer avant minuit leur candidature à la présidentielle du 18 avril. Hospitalisé en Suisse depuis six jours, le président Abdelaziz Bouteflika, qui brigue un cinquième mandat consécutif, n’a pas encore déposé officiellement sa candidature, alors qu’un mouvement de contestation sans précédent en vingt ans de pouvoir le presse d’y renoncer.

Jusqu’ici, le retour en Algérie du chef de l'État, très affaibli par un AVC en 2013 et qui n'apparaît depuis que rarement en public en fauteuil roulant, n'a toujours pas été annoncé par le pouvoir.

Aucune disposition de la loi organique 16-10 relative au régime électoral algérien ne l’oblige à se présenter personnellement au Conseil constitutionnel pour y déposer son dossier. "La déclaration de candidature est déposée, au plus tard, dans les quarante-cinq jours qui suivent la publication du décret présidentiel portant convocation du corps électoral", stipule l’article 140 de la loi.

Toutefois, un communiqué publié il y a trois semaines, sur le site du Conseil constitutionnel "rappelant les conditions d’éligibilité à l’élection du Président de la République et les délais de dépôt des dossiers de candidature", indique clairement que le dossier "doit être déposé par le candidat", auprès du secrétariat général de l’institution, "contre accusé de réception".

Interrogé par France 24, l'ancien membre du Conseil constitutionnel algérien et avocat Amer Rekhila a expliqué qu’il n’existe aucune règle constitutionnelle permettant à un candidat dans l'incapacité de déposer son dossier de candidature de le faire faire par un tiers. "Je pense que toute candidature déposée par procuration sera déclarée illégale, car il s’agit d’une responsabilité personnelle, à la hauteur du poste convoité, que nul ne peut faire reposer sur un tiers, et à laquelle s’appliquent les règles constitutionnelles et électorales, et non pas celles du droit général", a-t-il souligné.

Le camp présidentiel assure que la candidature de Bouteflika sera déposée dans les délais

Lors du dernier scrutin présidentiel, qui s’est tenu en 2014, Abdelaziz Bouteflika, s’était déplacé en personne pour déposer son dossier de candidature au siège du Conseil Constitutionnel à Alger. Son état de santé réel fait l’objet de nombreuses spéculations en Algérie, alors que l’alinéa 8 de l’article 139 de la loi organique précise que le candidat doit présenter "un certificat médical délivré à l’intéressé par des médecins assermentés".

Toute la semaine, le camp présidentiel a fait savoir que les manifestations contre un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, n'empêcherait pas le scrutin de se tenir dans les délais et que son dossier de candidature serait remis dimanche au Conseil constitutionnel. Samedi 2 mars, le président a limogé son directeur de campagne Abdelmalek Sellal, qui avait animé les trois précédentes campagnes victorieuses (2004, 2009, 2014), en le remplaçant par l'actuel ministre des Transports, Abdelghani Zaalane, signe que le pouvoir n’entend pas renoncer à la candidature d’Abdelaziz Bouteflika.

Jusqu’ici, six candidats ont déposé leur dossier de candidature, dont le général à la retraite Ali Ghediri, et Abdelaziz Belaïd, dissident du Front de libération nationale (FLN), qui avait recueilli 3 % des voix à la présidentielle de 2014. Un ancien ministre du Tourisme, Abdelkader Bengrina, président du Mouvement El Bina (islamiste) a annoncé avoir déposé samedi son dossier de candidature auprès du Conseil constitutionnel.

 

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