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ALGÉRIE

Algérie : ce que dit Abdelaziz Bouteflika dans sa lettre

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika à Alger, en novembre 2017.
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika à Alger, en novembre 2017. AFP
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Vidéo par : Hanane SAÏDANI
4 mn

Dans une lettre transmise et lue dimanche soir à la télévision nationale, le président Bouteflika confirme sa candidature à un 5e mandat... tout en s'engageant, s'il était élu le 18 avril, à ne pas aller au bout de son mandat.

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Face à la fronde sans précédent des Algériens depuis son accession au pouvoir en 1999, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a tenté de trouver une porte de sortie, dimanche 3 mars, en faisant savoir qu'il était prêt à renoncer au pouvoir dans un an... s'il était réélu le 18 avril.

C'est par une lettre qu'Abdelaziz Bouteflika s'est adressé aux Algériens, lui qui ne s'est pas exprimé de vive voix depuis l'AVC dont il a été victime en 2013. "J'ai écouté et entendu le cri du coeur des manifestants et en particulier des milliers de jeunes qui m'ont interpellé sur l'avenir de notre patrie", assure le président algérien dans cette lettre en partie lue au journal de la télévision nationale et également relayée par son directeur de campagne, Abdelghani Zaalane, lors d'un point presse.

Les Algériens ont manifesté en masse depuis dix jours à Alger et à travers le pays contre la perspective d'un 5e mandat du chef de l'État, âgé de 82 ans, élu pour la première fois en 1999 et réélu depuis sans discontinuer.

"J'ai le devoir et la volonté d'apaiser les coeurs et les esprits de mes compatriotes" et de répondre à "leur exigence fondamentale (...) le changement du système", poursuit le président algérien qui prend "l'engagement", s'il est réélu, d'organiser "une élection présidentielle anticipée" à laquelle il ne sera pas candidat.

La date de cette élection sera fixée par une "conférence nationale" lancée après le scrutin et chargée d'élaborer des "réformes politiques, institutionnelles, économiques et sociales" devant déboucher sur un "nouveau système".

Cette élection anticipée "assurera ma succession dans des conditions incontestables de sérénité, de liberté et de transparence", assure Abdelaziz Bouteflika qui annonce aussi l'élaboration d'une nouvelle Constitution, consacrant "la naissance d'une nouvelle République" et qui sera soumise à référendum.

Sur France 24, Amel Boubekeur, chercheuse à l'ENS et spécialiste de la politique algérienne, a estimé qu'avec ces engagements, le régime faisait "semblant d'entendre les manifestants" tout en cherchant à "imposer une transition".

Amel Boubekeur, chercheuse à l'ENS : "Le régime fait semblant d'entendre les manifestants"

Le directeur de campagne d'Abdelaziz Bouteflika a affirmé que sa candidature avait recueilli 19 700 parrainages d'élus nationaux et locaux et 5,86 millions de parrainages d'électeurs à travers le pays. Arrivés dans plusieurs fourgons, les formulaires de ces parrainages ont été déposés dimanche soir au Conseil constitutionnel.

Cet engagement d'un mandat abrégé du chef de l'État vise à désamorcer une contestation inédite de son pouvoir, sans pour autant reculer face à la rue qui réclame en premier lieu l'abandon de sa candidature. Mais dimanche soir, plusieurs centaines de jeunes ont, de nouveau, défilé dans le centre d'Alger et ailleurs en Algérie pour protester contre la candidature, désormais officielle, d'Abdelaziz Bouteflika.

Avec AFP et Reuters

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