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Banque du climat, salaire minimum… Dans une tribune, Macron détaille ses propositions pour changer l’Europe

Emmanuel Macron a égrené lundi 4 mars une série de propositions pour faire avancer l'Union européenne.
Emmanuel Macron a égrené lundi 4 mars une série de propositions pour faire avancer l'Union européenne. Ludovic Marin, AFP

Dans une tribune publiée lundi, le président français Emmanuel Macron exhorte à "reprendre le contrôle de leur destin" et à ne pas céder au "repli nationaliste" et à la "résignation" et dévoile une série de propositions pour faire avancer l'UE.

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"Il y a urgence" pour l'Union européenne. Dans une tribune publiée dans la soirée du lundi 4 mars simultanément dans plusieurs quotidiens européens, Emmanuel Macron s'exprime pour sauver une Europe "en danger". À l'approche des élections européennes qu'il qualifie de "décisives", il enjoint les peuples européens à ne pas céder au "repli nationaliste" et à la "résignation".

Dans cette lettre intitulée "Pour une Renaissance européenne" et publiée dans des quotidiens des États membres, Royaume-Uni compris, le chef de l'État français décline une série de propositions concrètes visant à faire de l'Europe un pôle de "liberté, de protection et de progrès".

"Citoyens d’Europe, l’impasse du Brexit est une leçon pour tous", écrit Emmanuel Macron à moins d'un mois de la sortie prévue du Royaume-Uni de l'UE, toujours prévue pour le 29 mars. "Sortons de ce piège, donnons un sens aux élections à venir et à notre projet. À vous de décider si l’Europe, les valeurs de progrès qu’elle porte, doivent être davantage qu’une parenthèse dans l’histoire."

Macron veut une "conférence pour l'Europe"

"Afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique", Emmanuel Macron souhaite la tenue d'une "Conférence pour l’Europe" "sans tabou" – y compris sur la question de la révision des traités – d'ici à la fin de l'année, réunissant les représentants des institutions européennes et des États.

Cette conférence, poursuit le président, devra associer des panels de citoyens, auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels, et "définira une feuille de route pour l’Union européenne traduisant en actions concrètes ces grandes priorités".

Une "remise à plat" de l'espace Schengen

Le président français Emmanuel Macron propose de "remettre à plat l'espace Schengen" afin de rétablir "la liberté en sécurité". Le chef de l'Etat préconise en outre "une police des frontières commune et un office européen de l'asile, des obligations strictes de contrôle, une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue, sous l'autorité d'un Conseil européen de sécurité intérieure".

"Aucune communauté ne crée de sentiment d'appartenance si elle n'a pas des limites qu'elle protège", plaide Emmanuel Macron. "La frontière, c'est la liberté en sécurité. Nous devons ainsi remettre à plat l'espace Schengen : tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d'asile, avec les mêmes règles d'accueil et de refus)."

La création d'une banque européenne du climat

Pour Emmanuel Macron, auteur du slogan "Make our planet great again", et sacré "champion de la Terre" à l'ONU, l'Union européenne doit "prendre la tête du combat écologique".

"L’Union européenne doit fixer son ambition – zéro carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025 – et adapter ses politiques à cette exigence", estime-t-il.

Pour y parvenir, le chef de l'État préconise entre autres la création d'une banque européenne du climat pour financer la transition écologique, ainsi que d'une force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments, il prône aussi l'évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santé "contre la menace des lobbies".

L'idée d'une banque européenne du climat est défendue par un collectif d'experts, parmi lesquels le climatologue Jean Jouzel, avec le soutien de centaines de personnalités, dont le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, et la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Tous ont signé un projet de traité, publié le 19 février, qui prévoirait la création d'une "banque européenne du climat et de la biodiversité", filiale de la Banque européenne d'investissement, qui serait accompagné d'un fonds, lui aussi chargé de lever les milliards d'euros que requiert la transition écologique.

Une agence européenne pour protéger les démocraties

"Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là où, à chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à peser sur nos votes", estime le chef de l'Etat, sans nommer les pays visés. La Russie a toutefois été accusée ces dernières années de tentatives d'ingérence et de déstabilisation lors des élections américaine, allemande ou française, des accusations démenties par Moscou.

Afin de protéger le processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations, Emmanuel Macron propose la création d'une "agence européenne de protection des démocraties" qui fournira des experts européens à chaque Etat membre et appelle à interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères.

Un salaire minimum européen

Sur le volet social, l'Europe doit instaurer "pour chaque travailleur, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement", estime le président français.

Emmanuel Macron appelle ses partenaires européens à définir un "projet de convergence plus que de concurrence [sur ce volet social, pour] retrouver l'esprit de progrès".

Avec AFP et Reuters

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