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Israël : difficile entrée en campagne pour Benjamin Netanyahou, empêtré dans les affaires

Benjamin Netanyahou, 69 ans, a lancé sa campagne en vue des législatives le 4 mars dans une banlieue de Tel Aviv.
Benjamin Netanyahou, 69 ans, a lancé sa campagne en vue des législatives le 4 mars dans une banlieue de Tel Aviv. Jack Guez, AFP

Sous la menace d'une triple mise en examen, le Premier ministre israélien, en quête d'un cinquième mandat lors des législatives du 9 avril, a convenu lui-même lundi lors du lancement de sa campagne que la bataille s'annonçait "difficile".

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À cinq semaines des législatives qui pourraient lui ouvrir la voie à un cinquième mandat, Benjamin Netanyahouen convient lui-même : la partie n’est pas gagnée. Lundi 4 mars, lors du lancement de sa campagne à Ramat Gan, près de Tel Aviv, le Premier ministre israélien, au pouvoir depuis 13 ans, a ainsi mis en garde ses partisans du Likoud en soulignant que le scrutin à venir n’était "pas dans la poche". "Cela va être une bataille difficile", a-t-il ajouté en insistant : "Je ne sous estimerai pas le danger que certains de nos partisans restent chez eux ou ne votent pas pour le Likoud".

Le discours ne relève pas que la stratégie politique : en dix ans, Benjamin Netanyahou n’a jamais été en aussi mauvaise posture dans les sondages. Selon The Times of Israel, l’alliance centriste "Bleu et blanc" dirigée par l'ancien général Benny Gantz remporterait ainsi davantage de sièges à la Knesset que Likoud si le scrutin avait lieu aujourd’hui. Mais la sanction des urnes serait encore plus sévère si Netanyahou était mis en examen avant le scrutin : dans ce cas, indique le sondage, il ne serait même pas en mesure de former une coalition majoritaire.

Car s’il n’en a pas dit un mot lundi, Benjamin Netanyahou est dans le viseur de la justice. Le procureur général israélien, Avichaï Mandelblit, lui a notifié jeudi dernier son intention de le mettre en examen pour corruption présumée, fraude et abus de confiance dans trois dossiers. Le "dossier 1 000" concerne des cadeaux dont il aurait bénéficié, le "dossier 2 000" porte sur une entente présumée avec le propriétaire d'un journal. Dans le "dossier 4 000", le plus lourd, le Premier ministre israélien est soupçonné d'avoir tenté de s'assurer une couverture favorable de la part du site d'informations Walla, en contrepartie de faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq, principal groupe de télécommunications israélien.

"J'ai l'intention de continuer à vous servir en tant que Premier ministre pendant encore de nombreuses années", a balayé Benjamin Netanyahou après ces annonces judiciaires. Si la décision du magistrat de le mettre ou non en examen n’est pas arrêtée, Benjamin Netanyahou a déjà commencé à prendre ses dispositions. Ainsi, les juristes du Likoud planchent déjà sur une loi visant à accorder au Premier ministre l’immunité en cas de poursuites pénales. En Israël, le texte est qualifié de "loi française", en référence à l’immunité accordée au président de la République française pendant la durée de ses fonctions, selon la décision en ce sens du Conseil constitutionnel en 1999, lorsque Jacques Chirac était aux affaires.

Le député Bezalel Smotrich, leader de la formation de la droite nationale religieuse Foyer juif, est déjà monté au créneau pour défendre l’initiative. Sur Twitter, il a indiqué que son parti soutiendrait une telle loi si Benjamin Netanyahou était reconduit comme Premier ministre : "Une loi serait nécessaire pour retarder son procès, pour servir… la volonté du public et administrer au mieux l'État par le dirigeant élu". Un soutien pas tout à fait désintéressé : Benjamin Netanyahou lui aurait promis le ministère de l’Éducation dans son prochain gouvernement.

"C'est soit Bibi, soit Tibi"

Dans l’immédiat, Benjamin Netanyahou fait clairement campagne à droite. Lundi soir, il a même affirmé que la liste centriste emmenée par Benny Gantz était en réalité une liste de gauche. "Le choix est simple : un gouvernement de droite, fort, du Likoud sous ma direction ou bien un gouvernement faible, de gauche, soutenu par les listes arabes", a-t-il résumé. "C'est le vrai choix à faire, car au final c'est soit Bibi, soit Tibi", a-t-il poursuivi, en référence au député arabe israélien Ahmad Tibi susceptible, selon lui, de soutenir un gouvernement dirigé par Benny Gantz.

Le Premier ministre en campagne a également commencé à dévoiler son programme électoral en s'engageant, lundi, à ne jamais évacuer de colonie juive. "Nous sommes opposés totalement à tout démantèlement de localités juives", en Cisjordanie, a-t-il déclaré. La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé par l'armée israélienne depuis plus de 50 ans et les colonies qui y sont construites par Israël sont considérées comme illégales par la communauté internationale. Une façon pour le Premier ministre de répondre à Benny Gantz qui a, lui, évoqué un possible retrait israélien de ceratins secteurs de Cisjordanie.

Durant le coup d’envoi de sa campagne lundi, Benjamin Netanyahou s’est aussi attardé sur son "amitié" avec les présidents russe, Vladimir Poutine, et américain, Donald Trump. Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, se rendra d’ailleurs en Israël avant les élections du 9 avril. Faut-il y voir une marque de soutien de l’administration Trump ? "Il n'y a aucun message. Israël est un allié, nous n'allons pas nous ingérer dans la politique intérieure d'un autre pays", a déjà assuré le porte-parole de la diplomatie américaine, Robert Palladino.

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