La photographe Véronique de Viguerie s'affiche pour Reporters sans frontières

Paris (AFP) –

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La photographe multiprimée Véronique de Viguerie a rassemblé ses photos d'Afghanistan, d'Irak, du Yémen ou du Nigéria pour le 60e album de Reporters sans frontières (RSF) "pour la liberté de la presse", en kiosques jeudi.

Dans les ruines, les usines, les collines dévorées par la guerre, la photographe a voulu capturer des histoires qui "cassent les clichés", explique-t-elle à l'AFP. Sur la couverture de l'album de RSF, une combattante kurde, Shaista, allaite son enfant, une arme automatique posée à sa gauche.

Véronique de Viguerie s'intéresse en général aux "gens qui prennent leur destin en main", même s'ils sont considérés comme des "ennemis", à l'image des pirates de Somalie.

Un de ses reportages paru dans Paris-Match avait fait polémique, s'intéressant au commando taliban ayant tué 10 soldats français le 18 août 2008. "Ne pas s'intéresser à l'ennemi, c'est ne pas chercher la solution", explique Véronique de Viguerie: il faut "aller à leur rencontre pour comprendre la racine du problème".

Sur le terrain, la photographe de 40 ans originaire de Carcassonne, mère de deux enfants, travaille en binôme avec la journaliste Manon Quérouil-Bruneel. Pour se protéger sur les terrains de guerre, elles planifient, travaillent vite, se déguisent parfois, et s'assurent d'avoir une relation de confiance avec leur "fixeur", le guide local qui les accompagne, souvent un journaliste.

La journaliste décrit une profession où l'on ne vit "pas bien" de ses reportages. "Les magazines ne prennent plus de risques. Ils veulent savoir ce qu'ils auront avant qu'on parte", explique-t-elle.

Plusieurs photos de l'album, qui se termine par un cliché des "gilets jaunes" sous l'Arc de triomphe, seront affichées sur le parvis de la Gare de Lyon, à Paris, du 15 avril au 31 mai, mais aussi à Saint-Omer (Pas-de-Calais) du 13 au 17 mars.

Troisième au World Press Photo en 2009, Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre en 2010, Véronique de Viguerie a été couronnée du Visa d'or en 2018 pour un reportage au Yémen, "La guerre qu'on nous cache".

Comme toujours, les bénéfices des ventes de l'album (proposé au prix de 9,90 euros) seront reversés à RSF. C'est une source de financement majeure pour l'association de défense de la liberté de la presse, qui tire environ 30% de ses revenus annuels de ces publications.