CANADA

Empêtré dans une crise politique, le Premier ministre canadien Justin Trudeau contre-attaque

Justin Trudeau s'est exprimé jeudi 7 mars sur les accusations qui pèsent contre lui jeudi 7 mars lors d'une conférence de presse à Ottawa.
Justin Trudeau s'est exprimé jeudi 7 mars sur les accusations qui pèsent contre lui jeudi 7 mars lors d'une conférence de presse à Ottawa. Dave Chan, Getty Images, AFP

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a démenti toute tentative d'influence dans une affaire judiciaire, répondant à son ancienne ministre de la Justice qui l'accuse de "pressions".

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Empêtré dans le pire scandale de son mandat, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a démenti jeudi 7 mars toute intervention "partisane" pour tenter d'influencer le cours de la justice. Son ancienne ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, l'accuse d'avoir exercé des "pressions", pour que la garde des Sceaux intervienne auprès des procureurs afin que ces derniers négocient un accord avec l'entreprise SNC-Lavelin. Ce géant du BTP est empêtré dans une vaste affaire de corruption en Lybie.

"Je n'ai jamais eu de considérations partisanes" lors de conversations avec Jody Wilson-Raybould, a ajouté Justin Trudeau lors d'une conférence de presse à Ottawa, en réaffirmant que son bureau et lui-même n'avaient rien fait "d'inapproprié".

Lors d'une déposition choc devant les députés fin février, Jody Wilson-Raybould avait affirmé avoir subi des "pressions inappropriées" répétées et des "menaces voilées" de l'entourage du Premier ministre, dont Gérald Butts, l'ancien bras droit de Justin Trudeau.

Selon elle, l'objectif était de l'inciter à intervenir auprès des procureurs pour qu'ils négocient un accord à l'amiable avec le géant du BTP SNC-Lavalin, impliqué dans un scandale de corruption avec la Libye. Elle n'y avait finalement pas cédé, et la procédure vers un procès suit son cours.

Justin Trudeau est accusé d'avoir voulu épargner SNC-Lavalin pour des raisons électoralistes. Jeudi, il a reconnu avoir rappelé à Jody Wilson-Raybould, lors d'une rencontre mi-septembre, qu'il était élu du Québec, où est situé le siège de SNC-Lavalin.

"Mais ce commentaire n'était pas de nature partisane", a-t-il assuré, pointant les 9 000 emplois en jeu au Canada.

L'"intégrité des institutions" avait été préservée.

Un mois jour pour jour après que cette affaire a éclaté,  Justin Trudeau a regretté une "érosion de confiance" entre Mme Wilson-Raybould et son bureau, mais il assuré que l'"intégrité des institutions" avait été préservée.

Lors d'une déposition devant la commission de la Justice de la chambre des Communes, qui a ouvert une enquête, Mme Wilson-Raybould avait également estimé avoir été rétrogradée au poste de ministre des Anciens combattants en janvier parce qu'elle n'aurait pas cédé à ces pressions.

Mercredi, l'ancien bras droit de Justin Trudeau, Gerald Butts, s'est porté à la rescousse du Premier ministre, en chute libre dans les sondages.

"Je suis convaincu que rien de ce qui s'est passé ne sortait du cadre du fonctionnement habituel du gouvernement", a plaidé Gerald Butts, longtemps principal conseiller et ami de longue date du Premier ministre.

Gerald Butts avait démissionné le 18 février pour pouvoir répondre aux accusations de Jody Wilson-Raybould, qui avait elle-même claqué la porte du gouvernement quelques jours plus tôt.

Pour Gérald Butts, les différentes discussions qu'ont eues Justin Trudeau et son entourage avec Mme Wilson-Raybould visaient non pas à faire pression sur elle mais à l'inciter à solliciter un "avis externe" dans cette affaire complexe, en raison des enjeux économiques et sociaux en cas de condamnation pénale.

La crise s'est encore aggravée lundi avec la démission de la ministre du Budget, Jane Philpott, qui a indiqué avoir "perdu confiance" dans le gouvernement libéral.

Avec AFP

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