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La Camerounaise Aissa Doumara Ngatansou, lauréate du prix Simone-Veil pour l'égalité femmes-hommes

La camerounaise Aissa Doumara Ngatansou prononce un discours à l'Élysée après avoir reçu le tout premier prix Simone-Veil, le 8 mars 2019.
La camerounaise Aissa Doumara Ngatansou prononce un discours à l'Élysée après avoir reçu le tout premier prix Simone-Veil, le 8 mars 2019. Thibault Camus, AFP

Emmanuel Macron a remis, vendredi 8 mars, le premier prix Simone-Veil pour l’égalité femmes–hommes à la Camerounaise Aissa Doumara Ngatansou qui gère une association d'aide aux victimes de viols et de mariages forcés dans son pays.

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Le chef de l’État a remis, à l’occasion de la 42e journée internationale des droits des femmes, le vendredi 8 mars, le tout premier prix Simone-Veil, doté de 100 000 euros, créé en hommage à Simone Veil qui, en 1975, a défendu [en tant que ministre de la Santé] la loi sur la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en France. Des membres de la famille de l’ancienne ministre étaient présents.

Un prix dédié "à toutes les femmes victimes de violences"

Dans un discours prononcé à l'Élysée devant un grand portrait en noir et blanc de Simone Veil, Aissa Doumara Ngatansou a déclaré accueillir ce prix "avec beaucoup d'émotion", et l'a dédié "à toutes les femmes victimes de violences et de mariages forcés, à toutes les rescapées de Boko Haram".

Née en 1972 dans le nord du Cameroun, Aissa Doumara Ngatansou a perdu sa mère à l'âge de 11 ans, avant d'être mariée à 15 ans sans son consentement. Elle décide toutefois de poursuivre ses études.

En 1996, elle cofonde une section de l'Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF) dans la ville de Maroua, dont elle est aujourd'hui la coordinatrice.

Son association vient en aide chaque année à plus d'un millier de femmes. Son but : les aider à "retrouver le goût à la vie" après un viol ou un mariage forcé, a-t-elle expliqué. Elle mène aussi des actions dans les villages pour qu'aucune jeune fille ne soit contrainte de se marier sans avoir fini ses études et sans en avoir fait le choix ; et s’engage, avec l'aide d'ONG, auprès des femmes victimes de Boko Haram dans les régions frontalières avec le Nigéria, où elles sont parfois victimes d'esclavage sexuel.

Le président de la République a salué son "engagement de plus de vingt ans au service des femmes, mené dans le silence, parfois l'opprobre". "Vous vous êtes indignée et vous n'avez pas cédé (…). C'est un exemple de courage, celui de remettre en cause le poids des héritages", a-t-il ajouté.

Une remise de prix à laquelle la Secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a réagi, au micro de France 24.

2019, "une année utile pour les droits des femmes"

Ce sont 120 millions d'euros. C’est le montant, annoncé par Emmanuel Macron, qui sera consacré par la France à un fonds pour soutenir "les mouvements en faveur des droits et de la condation des femmes" et "soutiendra la lutte contre les violences et les discriminations faites aux femmes" dans le monde. Selon le chef de l’État, 2019 doit être "une année utile pour les droits des femmes" a-t-il déclaré  à l'occasion de la présidence du G7 par la France.

Des mesures seront ainsi prises pour l'éducation des jeunes filles, en particulier au Sahel, ou la création d'une banque pour l'entrepreneuriat féminin en Afrique. Paris propose également d'accueillir en 2020 une conférence mondiale sur les femmes, vingt-cinq ans après celle organisée par l'ONU à Pékin en 1995.

De son côté, Aissa Doumara Ngatansou a indiqué que le montant du prix Simone-Veil [100 000 euros] allait permettre à son association de se doter d'un "nouveau centre complet de prise en charge" des victimes et d'étendre ses activités ailleurs en Afrique.

"Beaucoup de femmes sont en première ligne dans ce combat, mais c'est la société toute entière qui doit se mobiliser, y compris les hommes", a souhaité Emmanuel Macron.

Avec AFP

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