Accéder au contenu principal

En France, des milliers de personnes dans les rues en soutien au mouvement de protestation algérien

À Paris, place de la République, un drapeau algérien est brandi lors de la manifestation contre la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat, le 10 mars 2019.
À Paris, place de la République, un drapeau algérien est brandi lors de la manifestation contre la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat, le 10 mars 2019. Bertrand Guay, AFP

Dans plusieurs villes françaises, des milliers de personnes ont de nouveau manifesté dimanche en soutien aux protestations du peuple algérien contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat.

PUBLICITÉ

Paris, Marseille, Bordeaux... En France, des milliers de personnes ont de nouveau manifesté, dimanche 10 mars, contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat en Algérie.

L'onde de choc qui secoue l'Algérie ressentie à Paris

Revêtus, pour nombre d'entre eux, de drapeaux algériens, environ 10 000 manifestants réunis place de la République à Paris ont scandé des slogans contre le pouvoir politique en place en Algérie. "Pouvoir assassin", "système dégage"… La manifestation organisée en soutien aux protestations du peuple algérien s'est déroulée dans une ambiance bon enfant, entre youyous des femmes et stands à merguez et brochettes, sans qu'il ne soit pour autant question d'oublier le message principal. "Mettons le FLN au musée", "un seul héros, le peuple", "pour une rupture radicale avec le système", pouvait-on notamment lire sur les banderoles et pancartes, certaines portées sur la statue de la République.

"4 + 1 = 0. Dégage."

"Il faut dégager le système", lance Ahmed Eddaidj, un étudiant de 24 ans qui est en France depuis quatre ans. "J'aimerais bien retourner en Algérie mais il n'y a pas de travail. On cherche une vie meilleure", ajoute le jeune homme, un drapeau algérien noué autour du front.

"La lumière est au bout du tunnel", veut croire Kader, 49 ans. "L'élection ne pourra pas avoir lieu. Un gouvernement provisoire sera mis en place pour organiser un scrutin vraiment démocratique", ajoute-t-il, au cœur de la mobilisation à Marseille, parmi un millier d'autres manifestants.

Exigeant "une Deuxième République pour mettre fin à la royauté du régime algérien en place", ces Algériens ou Français d'origine algérienne résumaient la situation en une équation, griffonnée au feutre sur un bout de carton : "4 + 1 = 0. Dégage."

Non loin du consulat d’Algérie à Marseille, les manifestants ont été bloqués par les forces de l’ordre, faisant fuser des "Macron complice, la France soutien d'un pouvoir assassin".

"Le cinquième mandat de Bouteflika, c'est juste la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Les gens sont sortis (dans la rue) à cause d'années de marasme social, d'austérité. Et ils sont en train de briser la peur", résume Abderrahim, manifestant à Bordeaux.

Pour Abderazak, 67 ans, c’est évident, "le mouvement (en Algérie) ne lâchera pas, et n'a pas peur car il donne une leçon de civisme", assure-t-il avant d’expliquer : "Le pouvoir en Algérie a toujours utilisé un dérapage pour répondre avec du sang. Là, on ne casse pas, on ne prend pas les armes, on distribue des fleurs."

Une semaine auparavant, le dimanche 3 mars, une manifestation avait déjà eu lieu dans les rues de Paris, alors que la journée marquait le dernier délai pour le dépôt des candidatures à la présidentielle. Elle avait déjà réuni pas moins de 6 000 personnes.

Un mouvement de contestation inédit

Mi-février, l’annonce de la candidature du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans et affaibli par un AVC survenu en 2013, à un cinquième mandat a engendré un mouvement de contestation sans précédent en Algérie. Le 8 mars, pour le troisième vendredi consécutif, des centaines de milliers d'Algériens sont descendus dans les rues des grandes villes.

"On a eu très, très peur que ça dérape mais le mouvement est incroyablement mature et il déjoue les provocations", s'est félicité Omar Kezouit, militant de l’association "Agir pour le changement et la démocratie en Algérie" et coordonnateur de la manifestation à Paris. "Le régime n'est pas prêt à lâcher le pouvoir mais il n'est pas prêt non plus à retourner au bain de sang."

760 000 immigrés algériens vivent en France, selon l'Institut national français de la statistique (Insee). Ils sont 1,7 million si on y ajoute leurs enfants nés en France.

Avec AFP

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.