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Le président Abdelaziz Bouteflika de retour en Algérie où la contestation ne faiblit pas

Des milliers de lycéens et étudiants ont à leur tour protesté contre la candidature d'Abdelaziz Bouteflika, dans le centre d'Alger, le 10 mars
Des milliers de lycéens et étudiants ont à leur tour protesté contre la candidature d'Abdelaziz Bouteflika, dans le centre d'Alger, le 10 mars Zohra Bensemra, REUTERS

Le président Abdelaziz Bouteflika est rentré en Algérie dimanche à l'issue de deux semaines d'hospitalisation à Genève. Dans le pays, où la mobilisation contre un cinquième mandat du chef d’État se poursuit, un appel à la grève générale a été lancé.

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Après deux semaines d’hospitalisation à Genève (Suisse) pour des "contrôles médicaux périodiques", le président algérien Abdelaziz Bouteflika est rentré dimanche 10 mars en Algérie, où il fait face à une contestation inédite en 20 ans de pouvoir.

La présidence algérienne a annoncé le retour du chef de l’État dans un communiqué cité par l’agence de presse officielle APS.

Un jet blanc Gulfstream 4SP aux couleurs de la République algérienne démocratique et populaire avait décollé de Genève vers 16 h (heure locale) et atterri moins de deux heures plus tard sur la base militaire aérienne de Boufarik, à une quarantaine de kilomètres au sud d'Alger.

Un important dispositif de sécurité avait été déployé autour de la base. Un convoi de plusieurs voitures noires aux vitres fumées a été aperçu dans l'enceinte militaire avant de prendre l'autoroute - fermée à la circulation - en direction d'Alger.

Grève générale en Algérie, retour du président Bouteflika... Retrouvez notre édition spéciale

Dans le pays, la contestation se poursuit

Depuis le 22 février dernier, les Algériens descendent massivement dans la rue pour demander au président, qui a fêté ses 82 ans durant son séjour suisse, de renoncer à briguer un cinquième mandat.

Affaibli depuis 2013 par les séquelles d’un AVC, Abdelaziz Bouteflika, qui n’a pu s’adresser à ses concitoyens depuis lors, est confronté à une contestation sans précédent depuis sa première élection à la tête de l'Etat en 1999.

Alors que les manifestations se poursuivent en Algérie, le rapatriement du président Bouteflika dans le pays s'est fait sans que la moindre information ne fuite. "On a un avion du gouvernement algérien qui était à l'aéroport de Genève, on ne savait pas si cet avion était là pour le président. L'avion a décollé, on ne savait pas si le président était dedans, et quelques heures plus tard, on a eu confirmation officielle qu'il était bien dedans, sans avoir une image de lui" a réagi la journaliste de France 24, Meriem Ammelal Lalmas, au cours de l'édition spéciale.

"D'un autre côté, poursuit-elle, on a une population qui est dans la rue depuis trois semaines, qui communique et s'organise à travers les réseaux sociaux. Il y a une incroyable différence entre les modes de communication entre cette génération, et l'autre."

Ce dimanche encore, quelques heures avant le retour du président en Algérie, les klaxons ont résonné toute la journée comme signe de contestation dans le centre de la capitale où un millier de lycéens, drapeaux algériens à la main ou noués autour du cou, se sont rassemblés durant plusieurs heures en scandant notamment "Hé, Bouteflika, pas de cinquième mandat" avant de se disperser dans le calme en fin d'après-midi.

Les étudiants vent debout

De nombreux lycées ont fermé ce dimanche, premier jour de semaine en Algérie. De leur côté, étudiants et enseignants ont occupé plusieurs universités du pays, refusant de se plier à la décision des autorités d'avancer d'une dizaine de jours à dimanche les vacances universitaires et de les allonger de fait d'autant.

En Algérie, les étudiants refusent le bonus de vacances "empoisonné" des autorités

La décision de fermer les cités universitaires durant ces vacances avancées a été rapidement annulée face au tollé. Celle-ci, avait pour but de contraindre les étudiants, nombreux dans les manifestations contre le cinquième mandat, à rentrer chez eux.

Une nouvelle marche estudiantine est prévue mardi 12 mars pour la troisième semaine consécutive.

Un appel à la grève, mais pas de consensus

Lancé sur les réseaux sociaux, l'appel à la grève générale, qui devait débuter ce dimanche 10 mars et durer cinq jours jusqu'à l'examen des candidatures à l'élection présidentielle, a été diversement suivi dans le pays et dans la capitale.

À Alger, aucun train, de banlieue ou grande ligne, ne partait des gares et aucun métro, tramway ou bus ne circulait. La plupart des magasins du centre commerçant de la capitale n'ont pas ouvert. Le marché Reda Houhou, ex-Clauzel, dans le centre, a fonctionné, mais une partie des commerçants n'ont pas rejoint leur étal, à l'instar des nombreuses boutiques du quartier populaire de Bab el Oued ou de Zéralda, en banlieue, qui elles, sont restées fermées.

Malgré tout, l'appel à la grève divise. Ignoré par la plupart des administrations et par les entreprises privées, il a été suivi à la lettre au siège de la Société nationale des Véhicules industriels (SNVI) dans la banlieue est d'Alger, où "tout le monde" s'est mis "en grève", selon un des 6.000 employés de cette entreprise publique de fabrication de camions, bus, véhicules de secours etc...

Chez le fournisseur national d'électricité et de gaz Sonelgaz, les employés ont davantage opté pour le débrayage, en faisant "grève" une heure dans la matinée. Ils ont, en outre, prévu de recommencer toute la semaine.

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