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Au Venezuela, Juan Guaido réclame "l'état d'urgence"

Le président par intérim autoproclamé du Venezuela, Juan Guaido, le 9 mars 2019, à Caracas.
Le président par intérim autoproclamé du Venezuela, Juan Guaido, le 9 mars 2019, à Caracas. Federico Parra, AFP

Alors que le Venezuela est toujours plongé dans le noir en raison d'une panne d'électricité géante qui a coûté la vie à au moins 15 personnes privées de leur dialyse, Juan Guaido a réclamé que soit décrété l'état d'urgence.

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Après avoir appelé à une marche nationale sur Caracas pour pousser vers la sortie le président Nicolas Maduro qui avait dénoncé une "attaque cybernétique" à l'origine de la panne géante d'électricité, le chef de file de l'opposition au Venezuela, Juan Guaido, a réclamé dimanche 10 mars que l'état d'urgence soit décrété, pour permettre à l'aide humanitaire d'entrer dans le pays.

"Je vais demander lundi à l'Assemblée nationale de décréter l'état d'urgence pour permettre l'entrée de l'aide humanitaire" dans le pays, ce qui permettra aussi de "solliciter l'aide internationale", a annoncé Juan Guaido, président de l'Assemblée nationale, autoproclamé "président par intérim" du pays et reconnu comme tel par une cinquantaine de pays.

"Ce régime laisse mourir les Vénézuéliens"

Trois jours après le début de la panne, aucun bilan officiel de la situation dans le pays, toujours plongé dans le chaos, n'est disponible. Selon une ONG qui se consacre aux questions de santé, la Coalition des organisations pour le droit à la santé et à la vie (Codevida), au moins quinze patients souffrant de maladies rénales sont morts en 48 heures, faute de dialyse.

Juan Guaido, lui, a assuré que 17 personnes étaient mortes jusqu'à présent dans les hôpitaux, sans préciser la source de ce bilan ni s'il intégrait les 15 morts déjà annoncés.

La plupart des établissements de soin ne disposent pas de générateurs, ou alors ceux-ci ne fonctionnent pas. "C'était horrible, tout était noir. Il n'y avait que quelques services ouverts grâce à un générateur que quelqu'un a apporté parce que ceux de l'hôpital ne marchaient pas", a raconté Sol Dos Santos, 22 ans, dont la fillette est hospitalisée à Caracas.

Le président de l'Assemblée nationale a également enjoint la population à descendre dans les rues "parce que ce régime laisse mourir les Vénézuéliens" et appelé les forces armées à cesser "de couvrir le dictateur", le président Nicolas Maduro.

Depuis jeudi 7 mars, les Vénézuéliens sont privés de lumière, d'eau et de moyens de transports et de communications, et éprouvent de plus en plus de difficultés à se ravitailler. "Cette catastrophe, nous devons nous en occuper maintenant", a-t-il martelé.

>> À voir : "Au Venezuela dans les hôpitaux de Caracas, tout manque"

Samedi, devant des milliers de partisans descendus dans les rues de Caracas, Juan Guaido avait annoncé une prochaine tournée, "ma tournée et celle de tous les députés (à travers le pays) pour vous faire venir à Caracas de manière définitive".

"Après la fin de cette tournée (...), nous annoncerons la date où tous ensemble nous marcherons sur Caracas", a-t-il ajouté, mégaphone en main, juché sur le capot d'un 4x4. Le président par intérim autoproclamé, reconnu par une cinquantaine de pays depuis le 23 janvier, était privé d'estrade après une intervention de la police qui a arrêté les trois personnes chargées de la monter, selon des députés de l'opposition.

Juan Guaido a répété qu'il était prêt à autoriser une intervention militaire étrangère, se référant à la Constitution : "L'article 187, lorsque viendra le moment", qui autorise "des missions militaires vénézuéliennes à l'extérieur ou étrangères dans le pays".

"Intervention ! Intervention !", a entonné la foule en chœur. "Toutes les options sont sur la table et nous le disons de manière responsable", a assuré Juan Guaido.

Maduro accuse les États-Unis d’"attaque cybernétique"

Simultanément, des milliers de partisans du régime, en rouge, écoutaient le président Nicolas Maduro, qui a dénoncé une nouvelle "attaque cybernétique" qui aurait empêché de rétablir l'électricité à travers le pays.

"Aujourd'hui, 9 mars, nous avions avancé à près de 70 % (dans le rétablissement de l'électricité) lorsque nous avons reçu à la mi-journée une autre attaque cybernétique visant une des sources d'énergie qui fonctionnait parfaitement. Cela a annulé tout ce que nous avions réalisé", a expliqué Nicolas Maduro, juché sur une estrade.

Selon le ministre de la Communication Jorge Rodriguez, la panne d'électricité a été déclenchée jeudi par une première "attaque cybernétique contre le système de contrôle automatisé" de la centrale hydroélectrique de Guri, dans le sud-est du pays, qui fournit au Venezuela 80 % de son électricité.

Nombre d'experts attribuent la panne à un manque d'investissements du gouvernement dans l'entretien des infrastructures.

Les deux rassemblements se sont dispersés dans le calme et aucun incident majeur n'avait été rapporté jusqu'ici, malgré un imposant déploiement de policiers anti-émeutes aux abords de la manifestation de l'opposition.

Avec AFP

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