Reportage

Dans les rues d'Alger, les étudiants veulent voir "une nouvelle génération" au pouvoir

Les étudiants algériens manifestent à Alger, mardi 12 mars. Le "5", cerclé et barré de rouge, logo de la contestation initiale contre un 5e mandat, a laissé la place à un "4+".
Les étudiants algériens manifestent à Alger, mardi 12 mars. Le "5", cerclé et barré de rouge, logo de la contestation initiale contre un 5e mandat, a laissé la place à un "4+". Ryad Kramdi, AFP

En Algérie, l'engouement des annonces d'Abdelaziz Bouteflika a laissé place au scepticisme. Devant la Grande Poste d'Alger, des milliers d'étudiants se sont à nouveau rassemblés mardi. Des journalistes de France 24 sont allés à leur rencontre.

Publicité

"Je manifeste pour dire c'est bon, c'est à notre tour de prendre l'Algérie en main, on veut voir une nouvelle génération et on ne veut plus l'ancienne", confie l'une des manifestantes au micro de France 24. Un autre manifestant espère un prompt rétablissement au chef de l'État algérien, mais voudrait voir un nouveau visage présidentiel, "vraiment présent".

Ils étaient plusieurs milliers d'étudiants, mardi 12 mars, à dénoncer une "ruse" du président Abdelaziz Bouteflika pour se maintenir au pouvoir. La veille, le chef de l'État a annoncé retirer sa candidature à un 5e mandat et a décidé de reporter sine die l'élection présidentielle, prévue le 18 avril.

Les manifestants ont troqué leur pancartes ornées d'un "5" barré de rouge, logo de la contestation initiale contre un 5e mandat, pour le remplacer par un "4+", symbole du prolongement de l'actuel 4e mandat du président Bouteflika, qui expire le 28 avril. Certains brandissent la Constitution algérienne pour contester le report de l'élection présidentielle.

"On nous a roulés dans la farine, peste Malek, étudiant en géologie marine à l’université d’Alger, en évoquant les annonces de la veille. Prolonger le 4e mandat revient au même qu’à être réélu pour un cinquième mandat. De plus, ce sont des décisions anticonstitutionnelles", ajoute le jeune homme de 20 ans.

Pour cette demi-journée sans école – l’équivalent du mercredi après-midi en France –, un grand nombre de collégiens et de lycéens étaient également présents. "On a besoin du plus grand nombre possible de manifestants, se réjouit Malek. Surtout que c’est une cause qui nous concerne tous."

Des post-its pour dire "Dégage !"

S’estimant incompris par le pouvoir, des centaines d'étudiants algérois ont écrit leurs revendications sur des post-its, qu'ils ont ensuite collés sur la grille de la librairie Office des publications universitaires, à Alger, près de l'hommage à Maurice Audin.

"La solution est le peuple", "La Constitution n’est pas un brouillon, où sont les articles 102 et 7 ?" ou encore "Dégage !", écrivent certains manifestants sur les petits papiers. D’autres écrivent leur rejet des annonces de Bouteflika et promettent qu'ils continueront de manifester jusqu'à la chute du gouvernement.

"Nous avons fait un mur de post-it près du tunnel des facultés afin de leur faire comprendre en plusieurs langues et en plusieurs expressions qu'on veut plus d'eux", a déclaré sur Twitter Hadjer, 22 ans, étudiante en langue françiase.

Dans l'après-midi, vers 16 h 30, les post-its ont été arrachés par "des hommes habillés en civil", selon plusieurs témoins.

D'autres manifestations ont eu lieu dans des grandes villes algériennes, comme à Annaba, quatrième ville du pays, où les étudiants en médecine veulent continuer de manifester tous les jours.

 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine