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L’accord sur le Brexit, mission impossible pour Theresa May ?

La Première ministre britannique Theresa May défend devant les parlementaires l'accord sur le Brexit soumis au vote mardi soir.
La Première ministre britannique Theresa May défend devant les parlementaires l'accord sur le Brexit soumis au vote mardi soir. Reuters TV

La Première ministre britannique Theresa May n’a pas ménagé ses efforts pour rallier des députés conservateurs et travaillistes à sa cause. L’heure de vérité a sonné pour elle, mardi, avec le vote sur l’accord sur le Brexit.

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Après l’effort, le réconfort ? La Première ministre Theresa May espère que les députés britanniques vont approuver, mardi 12 mars, la nouvelle mouture de l’accord sur le Brexit. D’après la plupart des observateurs, les chances sont minces, mais la cheffe du gouvernement a multiplié les initiatives ces derniers mois pour essayer de rallier les députés à sa cause.

Depuis le rejet historique au Parlement, le 15 janvier, du premier texte sur le Brexit, la priorité pour Theresa May a été d’obtenir de nouvelles concessions de Bruxelles sur l’épineuse question de la frontière entre l’Irlande du Nord (membre du Royaume-Uni) et la république d’Irlande (qui reste au sein de l’UE).

Des avancées sur l’Irlande ?

Elle a assuré, lundi 11 mars, avoir obtenu gain de cause à l’issue d’une réunion avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. En apparence, Theresa May a, en effet, réussi à combler les attentes des partisans les plus farouches du Brexit.

Ces derniers reprochaient au premier accord de permettre uniquement à Bruxelles de mettre un terme au mécanisme prévu pour éviter de devoir instaurer une frontière physique entre les deux Irlande. Ce filet de sécurité, baptisé “backstop”, prévoyait que le Royaume-Uni continue à appliquer temporairement certaines règles de l’union douanière pour laisser les marchandises passer la frontière irlandaise sans avoir à mettre en place des douanes. Les “Brexiters” craignaient que l’UE fasse tout pour que le Royaume-Uni continue d’appliquer indéfiniment ces règles communautaires, ce qui serait contraire à leur vision du Brexit.

Theresa May a affirmé que les concessions arrachés à Jean-Claude Juncker revenait à remettre les clefs du backstop à Londres. Le texte sur lequel les deux responsables se sont mis d’accord constitue un “instrument conjoint avec un poids juridique comparable à l’accord de retrait [qui] va garantir que l’Union européenne ne peut pas agir avec l’intention de mettre en œuvre le filet de sécurité indéfiniment”, a-t-elle affirmé. Le Royaume-Uni pourra saisir une commission ayant le pouvoir de contraindre Bruxelles à ne pas faire traîner indéfiniment les négociations pour trouver comment remplacer le mécanisme du backstop.

Certains partisans du Brexit, comme le député Andrew Murrisson, ont déclaré que ces concessions allaient dans le bon sens. Mais c’est loin d’être l’avis de tous. À commencer par le procureur général, Geoffrey Cox, qui a savonné la planche de la Première ministre, mardi, en assurant que le “risque juridique” lié au filet de sécurité demeurait, malgré la “concession” européenne, même s’il était réduit. Une manière pour l’influent juriste de suggérer que les efforts de Theresa May n’ont pas porté leurs fruits. Reste à savoir qui de la Première ministre ou du procureur général, les députés conservateurs pro-Brexit vont écouter avant de se prononcer sur l’accord sur le retrait à 20 heures.

Draguer les travaillistes

Mais Theresa May ne s’est pas contenté de faire des pieds et de mains pour satisfaire les opposants à l’accord de son propre camp. Elle a aussi tenté “d’acheter le soutien des députés travaillistes”, rappelle le Guardian. Le gouvernement avait annoncé, début mars, une enveloppe d’1,6 milliard de livres sterling (1,86 milliard d’euro) en faveur des régions et des villes les plus meurtries par la politique d’austérité menée ces dernières années par Londres. Plusieurs villes concernées par ce plan, essentiellement au nord et au centre du pays, ont voté majoritairement en faveur du Brexit et sont considérées comme des bastions travaillistes.

Le gouvernement a assuré que l’annonce de ce plan n’avait rien à voir avec le vote sur l’accord de retrait et qu’il s’agissait de s’occuper des “oubliés de la croissance”. Mais plusieurs députés travaillistes, comme John McDonnell, ont dénoncé une manœuvre politique “d’un gouvernement aux abois”. “Il en est réduit à essayer de corrompre les élus afin qu’ils votent pour leur accord mal ficelé”, a déclaré ce député de Liverpool.

Les travaillistes sont d’autant plus convaincus que cet argent vise à acheter leur soutien que quelques jours plus tôt, Theresa May avait déjà tenté de les séduire. La Première ministre avait annoncé, le 28 février, qu’elle comptait prendre des mesures en faveur des syndicats et des droits des travailleurs afin de démontrer qu’un Royaume-Uni hors de l’UE pouvait prendre soin des classes populaires.

Les réactions à ces différentes initiatives ne semblent pas indiquer que Theresa May a réussi à convertir un grand nombre de députés. D’après la BBC, certains ont pu être séduit, mais “réussir à retourner la situation après avoir perdu avec une différence de 240 voix en janvier relèverait du miracle”. D’un autre côté, la saga du Brexit n’a pas été avare en rebondissements inattendus.

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