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Crash aérien : l'UE ferme son espace aérien à tous les Boeing 737 MAX

Un Boeing 737 MAX 8, s'appretant à attérir à Fort Lauderdale-Hollywood International Airport, le 11 mars 2019.
Un Boeing 737 MAX 8, s'appretant à attérir à Fort Lauderdale-Hollywood International Airport, le 11 mars 2019. Joe Raedle, AFP

L'Agence européenne de la sécurité aérienne a suspendu, mardi, tous les vols de Boeing 737 MAX "qu'ils soient à destination, au départ, ou à l'intérieur de l'UE", à la suite du crash aérien survenu dimanche avec l'un de ces modèles en Éthiopie.

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L'Agence européenne de sécurité aérienne (EASA) a décidé, mardi 12 mars, de fermer l'espace aérien européen aux Boeing 737 MAX 8 et 9, après deux crashs mortels en moins de six mois impliquant cette nouvelle génération d'appareils.

Elle indique dans un communiqué suspendre, "à partir de 19 h GMT", tous les vols de ces appareils, qu'ils soient à destination, au départ, ou à l'intérieur de l'Union européenne, que les opérateurs soient européens ou issus de pays tiers.

Plus tôt dans la journée, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France et trois pays d'Asie avaient annoncé la fermeture de leur espace aérien aux Boeing 737 Max.

Un 737 MAX 8 de la compagnie Ethiopian Airlines s'est écrasé dimanche au sud-est d'Addis Abeba peu après le décollage, tuant les 157 passagers et membres d'équipage. Selon un témoin, Tegegn Dechasa, l'arrière de "l'avion était déjà en feu lorsqu'il s'est écrasé au sol" et l'appareil n'a laissé qu'un tas de débris. C'est un autre exemplaire de ce modèle opéré par Lion Air qui s'était abîmé en mer en Indonésie en octobre, entraînant la mort des 189 personnes à bord, là aussi quelques minutes après le décollage.

"Mesure de précaution"

Le Royaume-Uni a été le premier pays européen à suspendre les vols de toute la gamme de Boeing 737 MAX dans son espace aérien, après des décisions similaires de plusieurs pays d'Asie et du sultanat d'Oman dans le Golfe.

"Par mesure de précaution, nous avons donné les instructions d'arrêter tous les vols commerciaux de passagers de toute compagnie partant ou arrivant au Royaume-Uni ou survolant l'espace aérien", indique dans un communiqué l'Autorité britannique de l'aviation civile (CAA).

Peu après, l'Allemagne, la France et l’Irlande lui ont emboîté le pas, fermant leur espace aérien aux Boeing 737 Max 8. "La sécurité passe avant tout. Jusqu'à ce que tous les doutes soient écartés, j'ai ordonné que l'espace aérien allemand soit fermé pour les Boeing 737 Max dès maintenant", a expliqué le ministre des Transports Andreas Scheuer.

"Compte tenu des circonstances de l'accident en Éthiopie, les autorités françaises ont pris la décision, à titre conservatoire, d'interdire tout vol commercial effectué sur un Boeing 737 MAX à destination, au départ ou survolant le territoire français", a annoncé mardi la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) dans un communiqué.

Toujours en Europe, les compagnies aériennes Norwegian Air Shuttle et Icelandair ont annoncé mardi après-midi la suspension "jusqu'à nouvel ordre" des vols de leurs Boeing 737 MAX ou Boeing 737 MAX 8.

Oman et la Malaisie ont rejoint la Corée du Sud, Singapour, l'Indonésie, la Mongolie, l'Australie et surtout la Chine, grosse cliente du 737 MAX 8, qui ont décidé d'immobiliser ces avions. La Corée du Sud a limité l'immobilisation aux deux Boeing 737 Max 8 opérés par la compagnie Eastar Jet.

L'Inde a annoncé qu'elle clouait au sol les 737 MAX. Et mercredi, la Nouvelle-Zélande a interdit ces appareils dans son espace aérien, le régulateur indiquant toutefois que seule la compagnie Fiji Airways était concernée.

À l'inverse, le Canada restait encore aux côtés des États-Unis en continuant à faire voler les MAX 8. Un Boeing 737 MAX de la compagnie Air Canada est ainsi reparti mardi sans ses passagers depuis la Martinique, conséquence de l'interdiction par la France de ces appareils à son espace aérien.

Les États-Unis continuent d’afficher leur confiance en Boeing

De leur côté, les États-Unis ont continué d'afficher leur confiance en Boeing tandis que le président américain Donald Trump a déploré que les avions soient devenus "trop complexes" à piloter. Jusqu'à présent, Washington a décidé de ne pas clouer au sol ces avions.

"Jusqu'à présent notre examen du dossier ne montre aucun problème de performance et ne fournit aucune raison pour ordonner l'immobilisation de cet avion", assure l'agence fédérale de l'aviation américaine, FAA, dans un communiqué. En outre, "les autres autorités de l'aviation (civile) ne nous ont fourni aucune donnée qui justifierait une telle mesure", poursuit-elle.

Elle affirme qu'elle n'hésitera toutefois pas à prendre des mesures "immédiates et appropriées" si jamais elle découvrait une anomalie dans son examen du vol 302 d'Ethiopian Airlines, dont les boîtes noires ont été récupérées et devraient livrer le ou les scénarios de l'accident.

Cette nouvelle tragédie, et ses conséquences internationales, sont un défi majeur pour le constructeur américain. Après avoir dévissé de plus de 5 % lundi, le titre de Boeing a plongé de 6,15 % mardi. De son côté, le gouvernement malaisien a déjà indiqué qu'il allait réexaminer le carnet de commandes de la compagnie nationale Malaysia Airlines pour plusieurs Boeing 737 Max.

Si les causes de cet accident ne sont pas encore connues, le crash de Lion Air en Indonésie avait braqué l'attention sur les capteurs d'incidence (AOA) dont un dysfonctionnement peut conduire l'ordinateur de bord, pensant être en décrochage, à mettre l'appareil en piqué alors qu'il faudrait au contraire le redresser.

>> À lire : Le crash du Boeing 737 MAX, une catastrophe au goût de déjà-vu ?

Les 737 MAX 8 sont la locomotive des ventes et des bénéfices de Boeing : 350 exemplaires de cet avion, entré en service en mai 2017, sont actuellement en service.

Avec AFP

 

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