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Les députés britanniques rejettent une nouvelle fois l’accord sur le Brexit

La Première ministre britannique Theresa May a défendu son accord sur le Brexit devant les députés avant le vote, mardi 12 mars.
La Première ministre britannique Theresa May a défendu son accord sur le Brexit devant les députés avant le vote, mardi 12 mars. AFP

Les députés britanniques de la Chambre des communes ont rejeté, mardi soir, par 391 voix contre 242, l'accord de retrait défendu pour la seconde fois par la Première ministre Theresa May, plongeant le Royaume-Uni dans l'incertitude.

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À 17 jours de la date fixée pour le Brexit, les députés britanniques ont rejeté, mardi 12 mars, une nouvelle fois, l’accord fixant les modalités du divorce avec l'Union européenne, négocié par la Première ministre Theresa May.

Après avoir massivement rejeté le 15 janvier une première version du texte, la Chambre des communes a largement recalé, par 391 voix contre 242, cette nouvelle mouture de l'accord, malgré les ultimes modifications obtenues la veille par Theresa May.

"Je regrette profondément la décision que cette Chambre a prise ce soir", a déclaré Theresa May devant la Chambre. "Je continue de croire que la meilleure issue, et de loin, est que le Royaume-Uni quitte l'UE de manière ordonnée avec un accord, et que l'accord que nous avons négocié est le meilleur et dans les faits le seul accord disponible."

L'accord avec Bruxelles "est mort", a estimé de son côté le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn. "La Première ministre a joué la montre, et la montre l'a battue. Il est temps que nous ayons une élection générale et que le peuple puisse choisir qui devrait le gouverner."

L'UE prête à étudier une extension sous conditions

Ce vote a "significativement accentué" mardi soir le risque d'un Brexit sans accord, a regretté le porte-parole du président du Conseil européen, Donald Tusk. "Nous regrettons l'issue du vote de ce soir", a réagi le porte-parole aussitôt connue la victoire des partisans d'un rejet de l'accord de retrait. "Du côté de l'UE, nous avons fait tout ce qui est possible pour parvenir à un accord (...) Il est difficile de voir ce que nous pourrions faire d'autre. "S'il devait y avoir une demande raisonnée de la part du Royaume-Uni en faveur d'une extension (de la date du Brexit), les Vingt-Sept l'étudieraient et déciderait à l'unanimité", a-t-il ajouté.

"L'UE a fait tout ce qu'elle pouvait pour aider à faire adopter l'accord de retrait, a tweeté de son côté le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier. L'impasse ne peut être réglée qu'au Royaume-Uni. Nos préparatifs en vue d'un 'no deal' sont désormais plus importants que jamais."

L'Élysée a également réagi au rejet par le Parlement britannique de l'accord, en estimant que "la solution à l'impasse ne peut être trouvée qu'à Londres". La France "regrette le vote de ce soir", a déclaré la présidence française, en précisant que Paris ne pourrait "en aucun cas accepter une extension [de la date du Brexit] sans une stratégie alternative, crédible, de la part du Royaume-Uni".

L'Allemagne, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a également réagi : "La Grande-Bretagne se rapproche d'une sortie de l'Union européenne sans accord. Nous espérons évidemment pouvoir empêcher dans les 17 jours qui viennent une sortie désordonnée. Mais nous devons désormais attendre de voir comment évolue
la situation politique en Grande-Bretagne, sans faire de spéculation. C'est entre les mains de la chambre basse du Parlement britannique."

Désaveu pour Theresa May

Ce vote est un nouveau désaveu pour la Première ministre conservatrice, qui a âprement négocié ce texte de près de 600 pages pendant de longs mois, et pose la question de sa survie à la tête de l'exécutif.

Brexit : "Une sortie sans accord semble désormais beaucoup plus probable"

Et maintenant ? Les députés voteront mercredi sur la possibilité de sortir de l'UE sans accord, un scénario particulièrement redouté par les milieux économiques. Si cette option est exclue, le Parlement votera à nouveau jeudi, cette fois sur une proposition de report "limité" du Brexit. Les 27 devront toutefois donner leur accord à l'unanimité et les dirigeants européens ont prévenu que toute demande en ce sens devrait être dûment justifiée.

Quant à lancer des discussions avec Bruxelles pour obtenir de nouveaux changements, la partie semble loin d'être gagnée. "Il n'y aura pas de troisième chance", a averti lundi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. "C'est cet accord ou le Brexit pourrait ne pas se produire du tout", a-t-il insisté.

Ultime appel de Theresa May, en vain

Pour tenter d'éviter une nouvelle défaite, Theresa May s'était rendue lundi soir à Strasbourg pour des négociations de dernière minute avec Jean-Claude Juncker, au terme desquelles elle avait annoncé avoir obtenu des "changements légalement contraignants".

Déterminée à défendre ce texte jusqu'au bout, elle avait pris la parole dans l'après-midi devant les députés en les mettant en garde contre les conséquences d'un rejet. "Les membres de cette Assemblée sont confrontés à un choix très clair : voter et soutenir cet accord (...) ou prendre le risque de ne pas conclure d'accord", avait-elle déclaré.

"Si l'accord n'est pas approuvé ce soir, le Brexit pourrait être perdu", avait-elle insisté, l'air lasse, comme une métaphore des difficultés qu'elle rencontre dans ce processus d'une incroyable complexité, né du vote des Britanniques en faveur du Brexit lors du référendum du 23 juin 2016.

"Le Royaume-Uni est plongé dans une incertitude politique complète"

Le "backstop" au centre des préoccupations

Son appel n'a pas convaincu. La publication de l'avis du conseiller juridique du gouvernement, l'attorney général Geoffrey Cox, n'y a pas aidé. Selon lui, "le risque juridique" présenté par l'accord "reste inchangé" malgré les concessions de Bruxelles revendiquées par Theresa May.

Celles-ci concernent le "backstop" ("filet de sécurité"), la disposition la plus controversée de l'accord de divorce. Il s'agit d'un dispositif de dernier recours qui vise à éviter le retour d'une frontière physique entre les deux Irlande afin de préserver les accords de paix de 1998 et l'intégrité du marché unique européen.

Les "Brexiters" craignent en effet de rester indéfiniment "piégés" dans une union avec l'UE car le "filet de sécurité" implique un alignement étroit de tout le Royaume-Uni sur les règles commerciales européennes en attendant la conclusion d'un accord sur les futures relations.

Avec AFP et Reuters

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