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La justice française maintient les deux mises en examen pour viols de Tariq Ramadan

Tariq Ramadan est mis en examen pour deux viols, dont un sur personne vulnérable.
Tariq Ramadan est mis en examen pour deux viols, dont un sur personne vulnérable. AFP (archives)

La cour d'appel de Paris a décidé jeudi de maintenir les deux mises en examen pour viols de l’islamologue suisse Tariq Ramadan. Il a été remis en liberté mi-novembre, sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire.

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La cour d'appel de Paris a rejeté, jeudi 14 mars, la demande de levée des deux mises en examen de Tariq Ramadan pour viol, réclamée par l'islamologue suisse qui avait été remis en liberté mi-novembre.

Le célèbre théologien avait été mis en examen le 2 février 2018 pour deux viols, dont un sur personne vulnérable  : le 9 octobre 2009 à Lyon sur une femme surnommée Christelle dans les médias et, au printemps 2012 à Paris, sur une ancienne salafiste devenue militante laïque, Henda Ayari.

Il s'agissait d'une nouvelle tentative pour l'islamologue d'obtenir la clôture des procédures à son encontre.

Mi-janvier déjà, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris avait examiné, à huis clos, le recours de Tariq Ramadan contre une décision des juges d'instruction : ils avaient refusé l'été dernier de le placer sous le statut intermédiaire de témoin assisté, première étape vers le non-lieu qu'il réclame, jugeant cette requête "prématurée". A l'époque, le prédicateur persistait à nier tout rapport physique avec les plaignantes

Changement de stratégie

Jusqu'à une volte-face retentissante en octobre. Après neuf mois de détention provisoire, Tariq Ramadan, 56 ans, a décidé de plaider désormais des relations de domination "consenties". Il a reconnu en octobre une relation sexuelle avec chacune des deux plaignantes. "Même dans les moments de fougue et de domination, un non c'était un non", s'était-il toutefois défendu en présentant sa nouvelle version.

La position de l'islamologue était devenue intenable depuis la révélation en septembre de centaines de SMS sans ambiguïté exhumés d'un vieux téléphone de Christelle. Les magistrats qui se sont exprimés ce jeudi sont ceux qui avaient, à la surprise générale, remis en liberté Tariq Ramadan mi-novembre, après cette volte-face.

Pour l'avocat de Christelle,  Me Eric Morain, cette requête devant la cour d'appel est "destinée plus à rassurer les derniers soutiens de Tariq Ramadan qu'à convaincre les juges" qui poursuivent l'enquête.

"Emprise"

Le bras de fer entre les parties tourne désormais autour de l'abondante correspondance sexuelle de Tariq Ramadan avec les deux femmes, qui a fragilisé leur témoignage tout en documentant, selon les parties civiles, "l'emprise" de l’islamologue.

En premier lieu, la datation d'un SMS de Christelle, où elle écrit que Tariq Ramadan lui a "manqué" dès qu'elle a "passé la porte", est au cœur des débats. A-t-il été envoyé après les faits, comme le soupçonnent les enquêteurs de la brigade criminelle, ou plusieurs semaines avant, à la suite d'un jeu érotique sur Skype, comme l'affirme Christelle ?

Des messages de Henda Ayari, envoyés après la date des faits, ont également été analysés. Ils contiennent des propositions sexuelles mais également des reproches de violence et de manipulation.

"Peut-on encore valablement parler de viols quand on a tous ces mensonges explicites des parties civiles avant et après les rencontres et qu'elles disent elles-mêmes qu'elles ont aimé le moment passé ?", estime l'avocat de la défense, Me Emmanuel Marsigny.

De manière constante depuis leur plainte, en octobre 2017, Henda Ayari et Christelle ont décrit chacune un premier rendez-vous qui a basculé en rapports sexuels brutaux et contraints. Toutes deux ont aussi invoqué l'emprise exercée par l'islamologue, par des mensonges, des manipulations et des menaces, corroborées par des témoignages d'autres femmes.

En avril 2018, une quatrième femme a déposé une plainte en Suisse, entraînant l'ouverture d'une instruction à Genève, dans laquelle le ressortissant hélvète n'a pas encore été entendu.

Celui qui fut longtemps considéré comme une figure aussi influente que controversée de l'islam européen est aujourd'hui libre en France, sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire. Le prédicateur, qui souffre d'une sclérose en plaques, a dû verser une caution préalable de 300 000 euros et remettre son passeport suisse.

Avec AFP

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