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PORTRAIT

Nathalie Loiseau prend son envol pour les Européennes

Nathalie Loiseau, quittant l'Élysée, le 9 janvier 2019.
Nathalie Loiseau, quittant l'Élysée, le 9 janvier 2019. François Guillot, AFP

La ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a annoncé jeudi avec théâtralité sa candidature aux élections européennes. Une nouvelle bataille pour la diplomate féministe au parcours exemplaire.

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Choix de dernière minute ou mise en scène soignée, une chose est sûre : Nathalie Loiseau a le sens du spectacle. Arrivée jeudi 14 mars sur le plateau de "L'Émission politique" sur France 2, en répétant une énième fois qu’elle n'était "pas candidate" aux élections européennes, la ministre des Affaires européennes a offert quelques minutes plus tard à l’assistance un véritable coup de théâtre. "Madame Le Pen, je voudrais vous dire bravo. Bravo, parce que vous avez réussi à me faire changer d'avis", a-t-elle assené. "Je vous écoute depuis tout à l'heure parler d'une Europe qui ne me fait pas envie. Ce soir c'est vrai je suis prête à être candidate", a-t-elle finalement lâché.

Un goût pour la dramaturgie qui n’a rien d’étonnant pour celle qui, enfant, se rêvait écrivaine voyageuse, aventurière, journaliste. Mais son parcours, quoique exemplaire, est nettement moins romanesque.

Parcours sans faille

Née en 1964 à Neuilly-sur-Seine, Nathalie Loiseau fait d’un brillant cursus scolaire. À quatre ans, la jeune élève sait déjà lire. Elle obtient son bac à l'âge de 16 ans, avec mention "très bien". Diplômée de Sciences Po Paris et de l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), où elle étudie notamment le chinois, elle passe ensuite le concours des Affaires étrangères où elle est reçue.

De 1993 à 1995, elle devient conseillère du ministre Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères. Commence ensuite pour la jeune femme une carrière de diplomate. D’un continent à l’autre, elle devient secrétaire d'ambassade en Indonésie, au Sénégal puis au Maroc. Mais c’est à Washington en tant que porte-parole de l'ambassade de France qu’elle se fait véritablement remarquer, notamment dans sa gestion du refus français de participer à la guerre en Irak, en 2003.

"Choississez tout", bible du féminisme

De retour au Quai d'Orsay, elle poursuit sa carrière sous les divers gouvernements de droite, avant d'en être limogée avec l’arrivée de Laurent Fabius au ministère en 2012. Un mal pour un bien, car la diplomate prend les rênes de l’ENA, devenant la deuxième femme à présider la prestigieuse école. Dans un article de Libération du 25 novembre 2012, la nouvelle directrice ne cache pas sa volonté d’en finir avec l’entre soi des machines à fabriquer des élites : "Je veux ouvrir. À l’international, à la diversité, à la parité… Et, même si ça fait un peu Mao sur les bords, j’aimerais sortir les élèves des étages nobles de la fonction publique, les envoyer en stage dans les caisses d’allocations familiales, à Pôle Emploi, aux services des visas…"

Féministe affichée, elle publie la même année le livre "Choisissez tout", incitant les femmes à ne pas choisir entre carrière professionnelle et vie privée. "On trouve cela normal que les hommes aient un métier, une famille, des hobbies et des passions. Les femmes doivent aussi s'autoriser tout cela à la fois", explique-t-elle à l’époque au Figaro Madame.

Fine connaisseuse des dossiers internationaux, Nathalie Loiseau est nommée ministre des Affaires européennes pour remplacer Marielle de Sarnez (MoDem), empêtrée dans une affaire des assistants parlementaires du MoDem.

"L’arme secrète du président Macron dans la bataille du Brexit"

Si la diplomate signe un parcours sans faute, elle n’est pas sans multiplier les paradoxes. Elle se dit catholique mais contre l’Église, revendique des idées de gauche, tout en menant une carrière à droite. Habile diplomate, la ministre n’a pourtant pas pour habitude de mâcher pas ses mots. Dans sa gestion du Brexit, les Britanniques, malmenés par la ministre française, s’inclinent devant son franc-parler et sa maîtrise de l’anglais. "Une diplomate courageuse, linguiste et mère de quatre enfants et auteure de la bible du féminisme de son pays, Choisissez tout", s’enthousiasme The Times dans un portrait la présentant comme "l’arme secrète du président Macron dans la bataille du Brexit".

Avec l’annonce de sa candidature aux européennes, Nathalie Loiseau se lance donc à 54 ans dans une nouvelle bataille. Et qu’importe si son annonce surprise n’a étonné personne. "Je ne suis évidemment pas surpris par sa décision, je pense que c'est une bonne nouvelle, c'est une bonne candidature", a déclaré Édouard Philippe, invité d'Europe 1. Il s’agit d'"une excellente ministre qui connaît remarquablement bien ses dossiers", avec "un sens politique très fin et qui est aussi une femme extrêmement déterminée et combattante".

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