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Gilets jaunes : des heurts sur les Champs-Élysées pour le 18e samedi de mobilisation

La vitrine d'un magasin Hugo Boss brisée par des Gilets jaunes, samedi 16 mars, sur les Champs-Élysées, à Paris.
La vitrine d'un magasin Hugo Boss brisée par des Gilets jaunes, samedi 16 mars, sur les Champs-Élysées, à Paris. Geoffroy Van Der Hasselt, AFP

Pour son acte 18, la mobilisation des Gilets jaunes a été marquée samedi par un regain de mobilisation, mais aussi de violences à Paris, où plus de 100 personnes ont été interpellées. Des magasins et des restaurants de la capitale ont été pillés.

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Munis de sifflets et de fumigènes, des milliers de Gilets jaunes arrivés de toute la France le matin dans les gares parisiennes ont convergé vers les Champs-Élysées, pour le 18e samedi de manifestation à Paris. "Ils étaient là très tôt, avant l'ouverture des magasins", raconte une commerçante devant la gare Saint-Lazare. Venue de Normandie, Murielle explique : "Aujourd'hui, la France monte à Paris".

Dans le quartier de l'Élysée, des heurts ont très rapidement éclaté entre manifestants et force de l'ordre. De nombreux magasins et restaurants ont été pillés. De nombreuses personnes vêtues de noir, cagoulées et le visage masqué se sont mêlées aux manifestants. Autour de la place de l'Étoile, vers laquelle 10 000 manifestants ont convergé, la tension est rapidement montée à partir 11 h.

Sur les Champs-Élysées, des casseurs ont détruit des vitrines, notamment celle de la brasserie huppée le Fouquet's, et pillé des boutiques. Des scènes d'émeutes urbaines que l'on n'avait plus vues depuis les mobilisations de début décembre, et dont les images avaient fait le tour du monde.

Quelque 192 personnes ont été interpellées, selon un bilan effectué à 19 h par la préfecture de police de Paris. Le parquet de Paris faisait état de 64 personnes en garde à vue.

Des Gilets jaunes ciblent le Fouquet's, "symbole de l'élite économique qu'ils rejettent"

Au total, 32 300 personnes se sont mobilisées dans toute la France, selon le ministère de l'Intérieur, pour cette journée présentée comme un "ultimatum" au président Macron, quatre mois après le début du mouvement.

"Street medic"

Plusieurs dizaines de "street medics", reconnaissables à leur t-shirt blanc avec une croix rouge, suivaient également les cortèges. "Ça risque de chauffer aujourd'hui", met en garde Greg, un street medic de 38 ans, munis d'un casque et d'un masque. "Le mot d'ordre aujourd'hui, c'est faire attention devant, pour les LBD et derrière, pour les casseurs", explique-t-il.

Ailleurs dans le centre de Paris, les rues étaient calmes. Certains commerces avaient protégé leurs vitrines avec des planches en bois. Le quartier de l'Élysée était totalement barricadé et placé sous forte présence policière, alors qu'un appel avait été lancé sur les réseaux sociaux pour "aller chercher Macron".

"La semaine dernière, on a pris un petit coup, mais aujourd'hui on est là", lance Benjamin venu d'Épinay-sur-Seine. Ils étaient 28 600 manifestants en France samedi dernier, soit dix fois moins que les 282 000 de la première manifestation du 17 novembre 2018.

"Yellow is the new red"

"Macron m'a tué", "Yellow is the new red", "Égalité, pour tous, tout de suite", ou encore "Tous unis pour une meilleure vie"… Les manifestants ont remonté les grandes avenues parisiennes au rythme de slogans et de chants anti-Macron et anticapitalistes.

Tout au long du parcours, ils ont "fait du bruit" en tapant sur les barrières de chantier en métal et les poubelles en plastique trouvées sur leur passage.

"On veut que ça change !", lance Séverine, 28 ans, venue de Strasbourg pour réclamer "encore et encore plus de pouvoir d'achat". "On veut plus de justice sociale, les mêmes règles pour tout le monde en France, pas tout pour les riches et rien pour les autres", renchérit Karine, 42 ans, de Valenciennes.

"On a honte de proposer ce monde-là à nos enfants"

"Y'en a marre d'être dépouillés, taxés, avec le prix de l'essence qui a encore remonté", martèle Sylvie, d'Évreux. "Les gens sont écrasés par des salaires bas, des contrats précaires. C'est une honte, on a honte de proposer ce monde-là à nos enfants", lance, révoltée, Catherine, parisienne.

"Je suis tellement en colère. Macron ne veut pas nous écouter et bien il va nous voir ! Hier, c'était la fin du grand débat, du grand enfumage ! On ne va pas en rester là", avertit Marie-Laurence, d'Albi.

D'autres sont venus manifester contre les violences policières. Depuis les débuts des manifestations, 2 200 manifestants et 1 500 membres des forces de l'ordre ont été blessés.

Avec AFP

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