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Mali : au moins 21 soldats tués lors de l'attaque d'un camp militaire par des présumés jihadistes

Michelle Cattani, AFP

Une attaque menée contre un camp de l'armée par des jihadistes présumés au centre du Mali a fait au moins 21 morts parmi les militaires. L'opposition exhorte le président Ibrahim Boubacar Keïta à "prendre les mesures d'urgence qui s'imposent".

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Au moins 21 militaires maliens ont été tués, dimanche 18 mars à l'aube, lors d’une attaque perpétrée contre leur camp à Dioura, dans le centre du Mali. Selon Bamako, l’opération a été menée par un "groupe terroriste" dirigé par un déserteur passé dans les rangs jihadistes en 2012.

Situé dans une zone très difficile d'accès où est active depuis plusieurs années Macina, une celluleliée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), entre la capitale régionale, Mopti, et la frontière mauritanienne, le camp de Dioura a été "attaqué aux environs de 6 heures (heures locales) par des terroristes", selon l'armée malienne.

Les Forces armées maliennes (FAMa) "enregistrent des dégâts matériels et des pertes en vies humaines", a indiqué l'armée, qui assure avoir repris le contrôle du poste militaire à 16 heures mais ne donne pas de bilan.

Le chef de la mission de l'ONU au Mali, Mahammad Saleh Annadif, a condamné une attaque ayant engendré "de lourdes pertes". La Minusma a "organisé dans la journée l'évacuation médicale de plusieurs blessés", selon un communiqué. "21 corps de militaires maliens ont été enterrés dimanche à côté de Dioura", a déclaré à l'AFP un élu local. Le "bilan provisoire est de 21 corps découverts", a confirmé une source militaire malienne.

Selon l'armée, l'attaque de dimanche a été menée par "des groupes terroristes sous le commandement de Ba Ag Moussa", dit Bamoussa, un ex-colonel ayant rejoint les rangs jihadistes en 2012 et considéré comme un proche du Touareg malien Iyad Ag Ghaly, qui dirige la principale alliance jihadiste du Sahel.

"Mesures d’urgence"

"Toutes nos pensées pour les fiers soldats de l'Armée malienne tombés à Dioura", a réagi le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, que l'opposition exhorte à "prendre les mesures d'urgence qui s'imposent".

En avril 2018, "14 suspects terroristes" arrêtés à Dioura et remis à des militaires maliens avaient été tués "suite à une présumée tentative d'évasion", selon l'armée. Une association peule et des proches avaient dénoncé des "exécutions sommaires".

Malgré la Minusma, une forte présence militaire française et la création de la force militaire régionale G5-Sahel, les violences jihadistes persistent dans le pays, avec 237 attaques recensées en 2018, selon l'ONU.

Les autorités maliennes et les forces internationales espéraient une baisse des violences dans le centre après avoir donné pour mort fin novembre le chef de Macina, le prédicateur radical peul Amadou Koufa, lui aussi membre de l'alliance d'Iyad Ag Ghaly. Mais l'homme est réapparu récemment sur une vidéo jugée crédible par l'état-major français, et les violences se sont poursuivies dans la région.

Avec AFP

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