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Dans la presse

Nouvelle-Zélande : "Nous pleurons ensemble nos 50 frères et soeurs"

France 24

À la une de la presse, ce lundi matin, les réactions des journaux français et étrangers au saccage des Champs-Élysées, samedi, à Paris, pendant la manifestation des Gilets jaunes, et la façon dont il éclipse la grande marche pour le climat qui avait lieu au même moment. Les journaux néo-zélandais sont, eux, en deuil, après l'attaque de vendredi à Christchurch, dont l'auteur présumé est un militant d'extrême-droite, qui a tué 50 personnes dans deux mosquées de la ville.

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À la une de la presse, les réactions au saccage, samedi, des Champs-Élysées à Paris, pendant l’acte XVIII des Gilets jaunes.

Le retour des violences, quatre mois après le début du mouvement, suscite énormément de questions. "Comment arrêter ça ?", s’interroge Le Parisien. Emmanuel Macron promet des "décisions fortes", notamment une possible interdiction de manifester sur les Champs-Élysées. "Maintenant, c’est terminé", assure le président, qui a dû écourter ses vacances à la montagne pour rentrer à Paris. Dans le dessin de Ranson, on le voit avec ses skis, fulminant contre les Gilets jaunes : "Je vais vous recoller un grand débat national à vous pendant vos vacances, on va voir si vous allez aimer !". Malgré la grande concertation lancée le 15 janvier, les violences se poursuivent. "Jusqu’où iront-ils ?", s’alarme La Voix du Nord, qui désigne comme responsables des dégradations les "black blocs", des activistes d’ultra-gauche, qui auraient "infiltré" les Gilets jaunes. Le mouvement, qui semblait s’essouffler, est-il en train de repartir de plus belle ? Ou est-il dans une "impasse" ? La Dépêche du Midi cite un manifestant : "On continue parce qu’on n’entend pas notre colère". Le quotidien La Marseillaise évoque, lui, les critiques d’un syndicat de police, qui accuse le gouvernement de ne pas avoir pris les mesures suffisantes. "Christophe Castaner, a-t-il laissé faire ?", soupçonne le journal. Le ministre de l’Intérieur est convoqué mardi devant le Sénat, pour s’expliquer sur ces violences.

Ces saccages indignent la presse française. "Insupportable !", titre Le Figaro. "La France n’est ni un pays qui crie famine, ni un État vivant en dictature", rappelle le journal, auquel le spectacle de samedi "n’inspire rien d’autre que l’indignation, la révolte et la honte". "C’est toute la stratégie du maintien de l’ordre qui doit être revue et corrigée", écrit Le Figaro, qui estime que "ce n’est pas parce que la loi anticasseurs n’est pas encore effective que pareil désordre ne peut être évité". "Tout ça pour ça !", regrette L’Opinion, où le dessin de Kak montre Emmanuel Macron déboussolé face au retour de la violence, malgré son grand débat national. "Retour à la casse départ", déplore Libération, en évoquant "l’enlisement" de "l’affrontement" entre le gouvernement et les Gilets jaunes, dont les plus investis disent toujours attendre "des actes forts" de la part de l’exécutif – les "seuls (gestes) à même d’apaiser leur colère". Les violences qui ont émaillé leur manifestation parisienne, éclipsent, en tout cas, l’ampleur et le calme des manifestations pour le climat qui se déroulaient au même moment à Paris et un peu partout en France, des rassemblements auxquels ont participé 35 000 personnes, d’après L'Humanité.

Les violences de samedi interpellent également la presse étrangère. The Times était aux premières loges, comme en témoigne la photo à la une du quotidien britannique d’un manifestant dont le slogan détourne l’avertissement des paquets de cigarettes : "Macron nuit gravement à notre pays". "Les saccages et les pillages de samedi relancent le débat sur la stratégie du pouvoir face aux colère sociales et à tous ceux qui, dans l’ombre des Gilets jaunes, veulent exacerber les confrontations", commente Le Temps. Le journal suisse met en garde le président : "Le malaise des Français trop peu payés, trop taxés, ne doit surtout pas être mis de côté au profit de demandes plus faciles à gérer dans le temps".

Deux jours après les attentats contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande, le pays a rendu hommage aux 50 victimes tuées dans cette attaque. Des dizaines de milliers de personnes, "unies dans la douleur", se sont notamment réunies dimanche dans la capitale, Wellington. Ce rassemblement est à la une du Dominion Post, qui propose à ses compatriotes de "commencer une nouvelle histoire de paix". "Une ville en deuil", annonce The Press, avec la photo d’habitants de Christchurch, la ville où a eu lieu de l’attaque, en larmes, se serrant dans les bras. "Ils sont nous", "nous pleurons ensemble nos 50 frères et sœurs", titre The New Zealand Herald, en promettant que "l’extrémisme ne gagnera pas". "Mon Dieu, comment cela a-t-il pu arriver ?", peine à croire le dessinateur Body, dont le dessin montre que la haine, en grandissant, finit par exploser et finit par tuer. La Nouvelle-Zélande en deuil, à voir aussi avec la une de Southland Times, où l’animal emblématique du pays, le kiwi, pleure les victimes du 15 mars 2019.

Beaucoup de réactions également en Australie, d'où est originaire l’auteur présumé de cette attaque, le militant d’extrême-droite Brenton Terrant. Alors que le débat émerge sur la responsabilité de certains discours racistes et islamophobes décomplexés entendus dans le pays, le très conservateur The Australian prévient qu'"il ne faut pas pour autant ostraciser, ceux qui débattent respectueusement du rôle de l’extrémisme musulman dans les sociétés occidentales". Le dessin de Pat, pour The Canberra Times, rend hommage, lui, aux 50 disparus et les représente formant une fougère, cette plante qui symbolise, elle aussi, la Nouvelle-Zélande.

 

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