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La Cité de la francophonie à Villers-Cotterêts, le projet phare d'Emmanuel Macron

Le château de Villers-Cotterêts, dans l'Aisne.
Le château de Villers-Cotterêts, dans l'Aisne. Franquelin, Wikimedia Commons

À l'occasion de la Journée internationale de la Francophonie, France 24 fait le point sur l'avancement des travaux au château de Villers-Cotterêts, qu'Emmanuel Macron souhaite rénover et transformer en Cité de la Francophonie d'ici 2022.

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Georges Pompidou a eu son musée d’art contemporain, François Mitterrand sa bibliothèque (entre autres monuments), Jacques Chirac son musée des arts premiers... Emmanuel Macron entend bien avoir sa cité de la francophonie. Le 12 octobre dernier à Erevan, en Arménie, lors du dernier sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le président français avait rappelé devant un parterre de chefs d'État et de gouvernement sa volonté de créer un laboratoire de la francophonie qui prendrait ses quartiers au château de Villers-Cotterêts.

Soucieux de faire de la francophonie "un lieu de reconquête" et de mettre fin à "l’espace fatigué" qu’elle était devenue selon ses termes, Emmanuel Macron entend faire de la demeure royale cotterézienne un pôle innovant de diffusion de la culture en langue française dans le monde.

Le chef de l’État n’a pas jeté son dévolu sur le château de Villers-Cotterêts au hasard. En 1539, François Ier y signe une ordonnance qui impose l’usage de la langue française dans les actes de l’administration et de la justice, étape décisive dans la généralisation de l’usage de cette langue dans le pays et de la construction de l’unité française. Un symbole fort qui permet à Emmanuel Macron de montrer qu'il place son action dans une "perspective historique".

>> À voir : "Exclusif : entretien avec Emmanuel Macron au sommet de la Francophonie"

Un chantier express

Mais six mois après l’annonce, qu’en est-il de ce projet ? "Les travaux sont déjà entrés dans la phase active, s’enthousiasme Franck Briffaut, le maire de Villers-Cotterêts, interrogé par France 24. Jamais je n’ai vu une mise en place d’un projet aussi rapide. Il faut reconnaître que la volonté de l’État et de son plus haut représentant sont sans faille. On aimerait d’ailleurs que son implication soit semblable dans d’autres domaines", ajoute, goguenard, l’élu Rassemblement national.

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Plus concrètement, les appels d’offres ont été lancés et les maîtrises d’œuvres sont en cours d’attribution. "Les grues et les échafaudages seront visibles dès le mois d’octobre prochain", estime l’élu cotterézien.

Un chantier colossal qui se chiffre à plus de 200 millions d'euros. L'objectif pour le président du Centre des monuments nationaux, Philippe Bélaval, responsable de la mise en œuvre du projet et de la rénovation, est d'ouvrir le château au public en 2022, année de la prochaine élection présidentielle.

Un château en péril

Sur place, les habitants se réjouissent de l’arrivée de ce projet national dans leur petite ville, située à 70 kilomètres de Paris. "Certains oiseaux de malheur pensaient qu’ils ne se passerait plus rien de culturel à Villers-Cotterêts. Mais ce projet leur donne tort, jubile l’élu. C’est actuellement le seul projet de cette ampleur en province. Pour le dynamisme de la ville, c’est inespéré."

Il faut dire que depuis deux siècles, les Cotteréziens ont pris l’habitude de voir l’ancienne résidence royale tomber en disgrâce. Propriété de la ville de Paris, le château devient en 1808 un dépôt de mendicité, mi-prison, mi-hospice, pour loger un millier de mendiants, de délinquants et de vieillards dont la capitale ne veut plus. À la fin du XIXe siècle, il est enfin transformé en maison de retraite, une fonction qui se poursuivra jusqu’en 2014. Depuis, le site de 90 000 m2 a été abandonné à son triste sort en raison d’une trop grande vétusté devenue dangereuse.

Le logis royal du XVIe siècle, situé dans la ville qui a également vu naître Alexandre Dumas, aura désormais vocation à accueillir des expositions, des débats, des résidences pour les artistes, chercheurs et institutionnels. Un espace de découverte de "toutes les cultures francophones", selon le vœu formulé par le président français.

"La visite permanente – réservée au public – prendra la forme d'un parcours immersif sur l'histoire de la langue française jusqu'à l'émergence de la francophonie, présentée sur des supports numériques, explique à France 24 Valérie Senghor, directrice générale adjointe du Centre des monuments nationaux. Il s'agit davantage d'une expérience qu'un propos didactique. Elle permettra au visiteur de déambuler dans les différentes pièces du château. C'est une initiative unique en son genre."

Les premiers visiteurs sont attendus dès 2022. "Les Cotteréziens, longtemps malmenés par les projets venant de la capitale, sont désormais fiers de voir une initiative parisienne redonner à leur château ses lettres de noblesses", conclut Franck Briffaut.

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