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Gilets jaunes : les têtes tombent à la préfecture de police de Paris

Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, répond aux questions des journalistes après l'explosion d'une boulangerie rue de Trévise dans le centre de Paris, le 12 janvier 2019.
Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, répond aux questions des journalistes après l'explosion d'une boulangerie rue de Trévise dans le centre de Paris, le 12 janvier 2019. Thomas Samson, AFP

Le Premier ministre avait promis lundi des mesures fermes en réponse aux violences qui ont émaillé l'acte 18 des Gilets jaunes. Édouard Philippe a limogé lundi le préfet de police Michel Delpuech. Mais plusieurs autres départs sont annoncés.

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C'est le grand ménage à la tête de la préfecture de police de Paris après le nouveau saccage des Champs-Élysées lors de l'acte 18 des Gilets jaunes. Les sanctions continuent de tomber au sein de la "PP", institution souvent considérée comme un "État dans l'État".

Le limogeage du préfet Michel Delpuech officialisé lundi par Édouard Philippe a été suivi mardi matin d'autres sanctions, avec le départ annoncé de deux grands cadres de la préfecture de police. Pierre Gaudin, le directeur de cabinet du préfet de police et Frédéric Dupuch, le directeur de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne, dans l'œil du cyclone depuis les scènes de violences samedi, vont être démis de leurs fonctions, ont affirmé à l'AFP des sources gouvernementales et proches du dossier.

"Des consignes inappropriées"

Le sort du premier devrait être officialisé dès mercredi à l'issue du conseil des ministres. La haute hiérarchie de la "PP" avait été épargnée cet été lorsqu'a éclaté l'affaire Benalla. Elle a cette fois été sanctionnée par l'exécutif pour "des dysfonctionnements" qui auraient fait dérailler la nouvelle stratégie du maintien de l'ordre décidée par Beauvau après les violences  du 1er décembre 2018 dans la capitale, lors de l'acte 3 des Gilets jaunes.

>> À lire aussi : Gilets jaunes : le retour de la violence sur les Champs-Élysées

"Des consignes inappropriées ont été passées pour réduire l'usage" des lanceurs de balles de défense (LBD), a déploré lundi Édouard Philippe. Parmi les griefs, le choix d'adopter une munition d'une portée réduite et de limiter le nombre de LBD, une arme controversée accusée d'avoir provoqué de graves blessures chez des manifestants, octroyés aux unités chargés d'interpeller les casseurs. 

Regrettant une "inhibition" des forces de l'ordre et une stratégie du maintien de l'ordre "pas mise en œuvre", le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a également affirmé que "des décisions, des instructions ont échappé" au préfet de police.   

Un homme à poigne à la tête de la préfecture

Sous le feu des critiques de l'opposition, l'exécutif a décidé d'assumer une stratégie plus musclée, symbolisée par la nomination de Didier Lallement comme préfet de police, décrit comme un homme "à poigne". Il "doit remettre de l'ordre là où c'est nécessaire", a résumé Christophe Castaner, lui-même visé par des appels à la démission de LR et du RN.

En jouant la carte des "fusibles" au sein de la haute fonction publique, des sources policières font valoir que l'exécutif se donne temporairement de l'oxygène mais prend le risque de s'exposer encore davantage en cas de nouveaux débordements dans le maintien de l'ordre lors de prochaines manifestations des Gilets jaunes.

>> À lire aussi : L'ONU demande à Paris d'enquêter sur "l'usage excessif de la force" contre les Gilets jaunes

Outre la future loi anti-casseurs qui va devoir passer par le Conseil constitutionnel, Matignon a renforcé l'arsenal répressif en promettant des interdictions de manifester et en "donnant une plus grande autonomie aux forces sur le terrain" et des moyens nouveaux, tels les drones ou des produits destinés à marquer physiquement les fauteurs de troubles.

Avec AFP

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