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Attentat de Christchurch : la Nouvelle-Zélande veut "remettre les pendules à l'heure" avec Erdogan

La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a déclaré mercredi 20 mars que le ministre des Affaires étrangères, Winston Peters, allait se rendre en Turquie afin de réagir en personne aux déclarations du président turc Recep Tayyip Erdogan.
La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a déclaré mercredi 20 mars que le ministre des Affaires étrangères, Winston Peters, allait se rendre en Turquie afin de réagir en personne aux déclarations du président turc Recep Tayyip Erdogan. Edgar Su, Reuters

La Première ministre néo-zélandaise a annoncé mercredi envoyer son ministre des Affaires étrangères en Turquie pour réagir "en face-à-face" aux propos de Recep Tayyip Erdogan, qui a appelé au rétablissement de la peine de mort en Nouvelle-Zélande.

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Les commentaires d'Erdogan sur l'attentat de Christchurch ne passent pas. La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a déclaré mercredi 20 mars que le ministre des Affaires étrangères, Winston Peters, allait se rendre en Turquie afin de réagir en personne aux déclarations du président turc Recep Tayyip Erdogan sur l'attentat contre deux mosquées de Christchurch qui a fait au moins 50 morts. Devant des journalistes, elle a indiqué que Winston Peters allait "remettre les pendules à l'heure, en face-à-face".

Le président turc s'exprimait mardi durant un meeting de campagne en vue des élections municipales à la fin du mois : il a appelé la Nouvelle-Zélande à rétablir la peine de mort pour l'auteur présumé de l'attaque contre deux mosquées de Christchurch vendredi dernier. La Turquie fera payer le suspect si la Nouvelle-Zélande ne le fait pas, a ajouté le chef d'État.

L'Australie dénonce des propos "irréfléchis" et "ignobles"

De son côté, l'Australie s'est aussi indigné contre le président turc. Le Premier ministre australien Scott Morrison a déclaré avoir convoqué l'ambassadeur de Turquie pour une réunion durant laquelle il a demandé que les déclarations d'Erdogan ne soient plus diffusées par la télévision publique turque.

Scott Morrison a jugé mercredi "irréfléchis", "ignobles" et "offensants" les propos tenus par le président turc. "J'attends, et j'ai demandé, que ces propos soient clarifiés, soient retirés", a déclaré le chef du gouvernement australien. "J'attendrai de voir ce que sera la réaction du gouvernement turc avant de décider d'autres mesures, mais je peux vous dire que toutes les options sont sur la table", a insisté Scott Morrison.

Lundi, Recep Tayyip Erdogan avait déclaré que l'attentat commis par un extrémiste de droite contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande fait partie d'une "opération" plus large qui vise la Turquie. "Ce n'est pas un acte isolé, c'est quelque chose d'organisé", a-t-il déclaré lors d'un meeting dans l'ouest de la Turquie à moins de deux semaines d'élections locales qui s'annoncent serrées. "Ils sont en train de nous tester avec le message qu'ils nous envoient depuis la Nouvelle-Zélande, à 16 500 kilomètres d'ici".

Le président turc avait en particulier lancé que les Australiens qui seraient hostiles à l'islam subiraient le même sort que les soldats australiens tués par les forces ottomanes lors de la bataille de Gallipoli, pendant la Première Guerre mondiale.

"Nous sommes ici depuis mille ans et si Dieu le veut, nous resterons ici jusqu'à l'Apocalypse. Vous n'arriverez pas à faire d'Istanbul une Constantinople", a lancé Recep Tayyip Erdogan lors de son discours de lundi. En référence à la présence de contingents australiens et néo-zélandais affrontant les forces ottomanes pendant la Première Guerre mondiale, il a ajouté : "Il y a un siècle, vos aïeuls (...) sont repartis à pied ou dans des cercueils. Si votre intention est la même que la leur, nous vous attendons".

Le Premier ministre australien a appelé les Australiens qui se rendraient en Turquie à la prudence et a précisé que les autorités australiennes étaient en train de réexaminer leurs conseils aux voyageurs dans ce pays.

Le vice-Premier ministre néo-zélandais Winston Peters a protesté lundi contre une telle utilisation politique du massacre de Christchurch. Cette utilisation est "totalement injuste" et "menace l'avenir et la sécurité du peuple néo-zélandais et de nos citoyens à l'étranger", a-t-il dit.

"Terrorisme chrétien"

Recep Tayyip Erdogan, qui cherche à exalter sa base nationaliste et religieuse, a fait de cette attaque le thème central de ses meetings. Pendant le week-end, il a même projeté sur écran géant des extraits de la vidéo filmée par l'assaillant lors de plusieurs meetings, suscitant de nombreuses critiques au moment où les réseaux sociaux et plateformes de partage s'efforcent d'en limiter la diffusion.

Le président turc s'en est également pris aux pays occidentaux, auxquels il a reproché de ne pas parler de "terrorisme chrétien" alors qu'ils "parlent de terrorisme islamique" lorsqu'un attentat est commis au nom de l'islam. Le chef de l'État turc a plusieurs fois fait référence au "manifeste" posté par l'auteur présumé de l'attaque dans lequel il émet notamment le souhait de voir Istanbul redevenir la Constantinople chrétienne qu'elle était avant sa conquête par les Ottomans en 1453.

Avec AFP et Reuters

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