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Le Kazakhstan rebaptise sa capitale "Noursoultan" du prénom de son ex-président

La capitale kazakhe, ancienne "Astana" rebaptisée "Noursoultan", et sa tour Bayterek, en janvier 2017.
La capitale kazakhe, ancienne "Astana" rebaptisée "Noursoultan", et sa tour Bayterek, en janvier 2017. Kirill Kudryavtsev, AFP

Le Kazakhstan a rebaptisé mercredi sa capitale du prénom de l'ancien président Noursoultan Nazarbaïev, au lendemain de sa démission après quasiment 30 ans passés au pouvoir.

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C’est le prénom de Noursoultan Nazarbaïev, seul dirigeant que le Kazakhstan indépendant ait jamais connu, qui a été retenu pour renommer mercredi 20 mars la capitale du pays.

Ce dernier avait créé la surprise, la veille, en quittant le poste auquel il était solidement accroché. Il devrait néanmoins conserver des fonctions clés dans la politique de cette ex-république soviétique d’Asie centrale, et donc continuer d’y jouer un rôle important.

Signe de cette influence préservée, Astana, capitale futuriste peuplée d’un million d’habitants, a été rebaptisée "Noursoultan", après décision du Parlement. Le prénom de l’ancien président signifie "sultan de lumière".

Une ville renommée plusieurs fois

Devenue capitale du pays en 1997, à la place d’Almaty, située 1 000 kilomètres plus au sud, la ville, qui s’est modernisée sur la volonté de Noursoultan Nazarbaïev, a de nombreuses fois changé de nom. D’Akmolinsk à Astana, en passant par Tselinograd et Akmola.

Construite à grands frais sur d'anciens marécages, la capitale kazakhe compte d'imposants gratte-ciel ultramodernes fendant l'horizon et a accueilli ces dernières années de nombreuses rencontres diplomatiques, notamment sur la Syrie. La ville est au cœur de la propagande étatique sur les réalisations de Noursoultan Nazarbaïev.

Littéralement, le mot "Astana" signifie "capitale", et des rumeurs affirmaient de longue date que la ville pourrait être rebaptisée du nom de celui qui l'a transformée.

Son nouveau nom a été la première mesure proposée par Kassym-Jomart Tokaïev, 65 ans, investi en grande pompe mercredi 20 mars par le Parlement, après la démission de Noursoultan Nazarbaïev. Il occupera la présidence par intérim jusqu'à la prochaine élection présidentielle, prévue en avril 2020.

Influence conservée

Présent lors de la cérémonie d’investiture, Noursoultan Nazarbaïev a été applaudi pendant plusieurs minutes par les députés et les sénateurs alors qu'il prenait place.

L’ex-président, qui avait accédé à la tête du Kazakhstan en 1989 comme premier secrétaire du Parti communiste alors que le pays était encore une république soviétique, avait conservé le pouvoir après son indépendance en 1991.

Réélu avec une majorité écrasante à quatre reprises lors d'élections jamais reconnues comme libres et justes par les observateurs internationaux, il a exercé un contrôle total sur le pays pendant près de 30 ans, laissant peu de place à l'opposition ou à une presse libre.

Fête nationale, musées en son honneur… La figure de Noursoultan Nazarbaïev bénéficie d’une certaine place au Kazakhstan, où une trilogie de films contant sa jeunesse et son ascension au pouvoir a également été réalisée.

Malgré sa démission, l’ex-président, dont le titre de "père de la nation" lui garantit l’immunité judiciaire, gardera des prérogatives étendues en conservant la présidence du parti au pouvoir et du Conseil de sécurité, instance dotée d'un statut constitutionnel par une loi votée en 2018.

Autre signe de son influence conservée, sa fille Dariga Nazarbaïeva, 55 ans, a été nommée, mercredi 20 mars, présidente du Sénat.

Qui pour succéder à Noursoultan Nazarbaïev ?

Si la démission de Noursoultan Nazarbaïev, après presque trois décennies de pouvoir, a pu en surprendre plus d'un, elle relance les spéculations sur son potentiel successeur après la présidentielle d'avril 2020.

Le président par intérim, Kassym-Jomart Tokaïev, est un diplomate chevronné, exerçant depuis l'époque soviétique. Il a notamment été directeur général de l'Office des Nations unies à Genève après avoir été deux fois ministre des Affaires étrangères et une fois Premier ministre.

Certains experts avancent cependant le nom du Premier ministre actuel, Askar Mamine, 53 ans, comme potentiel futur président.

Quel que soit ce successeur, il devra faire face à une grogne sociale grandissante dans ce pays de 18 millions d'habitants.

Grand comme quatre fois la France, le Kazakhstan est riche en pétrole et en gaz, premier producteur mondial d'uranium et plus importante économie d'Asie centrale. Une richesse mise à mal depuis 2014 à cause de la baisse des prix des hydrocarbures et de la crise économique chez son allié russe, qui a provoqué la dévaluation du tenge kazakh.

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