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Le sucrier français Tereos visé par une plainte pour des livraisons en Syrie

La raffinerie Tereos de Lillers (Pas-de-Calais) en novembre 2011.
La raffinerie Tereos de Lillers (Pas-de-Calais) en novembre 2011. Philippe Huguen, AFP

Des partenaires du leader français du sucre Tereos ont déposé plainte mardi contre le groupe, l’accusant d'avoir maintenu des livraisons en Syrie de sorbitol, ingrédient utilisé dans la fabrication d'armes.

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La plainte a été déposée pour "actes de terrorisme et complicité d'actes de terrorisme" auprès du parquet antiterroriste du tribunal de grande instance de Paris.

Dans ce document, les plaignants rappellent qu’après la libération de Mossoul en Irak, fin 2016, l'ONG Conflict Armament Research (CAR), mandatée par l'Union Européenne, a inspecté "un entrepôt de l'État islamique" et y a découvert "des dizaines de sacs de sorbitol estampillés Tereos".

Or, le sorbitol, dérivé du sucre, est utilisé comme propulseur d'engins explosifs lorsqu'il est mélangé à du nitrate de potassium.

Des livraisons censées avoir été suspendues

Alerté par l'ONG, le groupe admet alors, au terme de vérifications, que ce produit provient bel et bien de ses usines basées en Picardie.

En mai 2015, une cargaison de 45 tonnes de sorbitol avait effectivement été livrée en Turquie avant de disparaître. C'est en Syrie, "dans les caves de [l’organisation État islamique]", qu'elle a été retrouvée un an plus tard.

En décembre 2017, l'information ayant été rendue publique, le leader du sucre a assuré "avoir suspendu ses livraisons de sorbitol dans les zones dites à risques" après l'alerte effectuée par l’ONG CAR en novembre 2016.

Pourtant, les plaignants, qui se basent sur une enquête interne de l'entreprise, affirment que deux autres livraisons à destination de la Syrie ont été réalisées en février et juillet 2017.

"Dans ce contexte, et en dépit de la connaissance par l'entreprise Tereos de l'utilisation du sorbitol comme arme de guerre, la société a sciemment continué de fournir cette matière première à un groupe terroriste", ont-ils déclaré.

Une "tentative de déstabilisation" selon le groupe

"Mes clients ont été abasourdis par ces révélations. C'est un choc et une trahison alors que Tereos est un fleuron de notre économie agricole", a réagi l’avocate du sucrier, Me Jade Dousselin, appelant à faire la "lumière sur ces exactions qui sont l'œuvre des dirigeants de la société et qui viennent salir l'image de marque" de l'agriculture française.

"Nos ventes en Syrie étaient légales (...). Nous y avons mis un terme, lorsque nous avons découvert que le produit était détourné", a réagi, mardi 19 mars, la direction du groupe, dénonçant une "tentative de déstabilisation".

Depuis 2016, les plaignants et la direction s'opposent dans une crise interne au conseil de surveillance de Tereos, sur fond d'effondrement des cours mondiaux.

Avec AFP

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