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"Operation Yellowhammer", le plan d’urgence de Londres en cas de Brexit dur

Londres s'est doté d'un plan en cas de Brexit dur – baptisé Operation Yellowhammer – en juin 2018.
Londres s'est doté d'un plan en cas de Brexit dur – baptisé Operation Yellowhammer – en juin 2018. Aris Oikonomou, AFP

Limiter les effets négatifs d’un Brexit sans accord sur la santé, la sécurité et le bien-être des Britanniques : tel est l’objectif de l'"Operation Yellowhammer", que Londres s’apprête à mettre en œuvre.

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Le bruant jaune – une espèce de petit passereau – à la rescousse du Brexit. Londres a commencé à déployer certaines recommandations de l'"Operation Yellowhammer" ("bruant jaune"), dont le nom a laissé les commentateurs perplexes, afin de se préparer à l'éventualité d'un Brexit sans accord, raconte le Guardian, jeudi 21 mars.

"Les structures prévues par l'"Operation Yellowhammer" seront mises en place dans leur totalité lundi 25 mars, sauf si le Royaume-Uni et l'Union européenne se mettent d'accord sur une nouvelle date [pour le Brexit, NDLR] avant", a affirmé Stephen Barclay, le ministre du Brexit.

Assurer la fourniture de médicaments essentiels

Sous ce nom de code surprenant se dessine un plan, élaboré en secret dès juin 2018 par le Civil Contingencies Secretariat (CCS), un organisme rattaché au cabinet du Premier ministre en charge de prévoir des réponses à des événements tels que les catastrophes naturelles. Ce plan prévoit "les mesures à mettre en place pour limiter les effets négatifs immédiats sur la santé, la sécurité et le bien-être des Britanniques en cas de Brexit sans accord", souligne le CCS dans un document détaillant pour la première fois les grandes lignes de l'"Operation Yellowhammer", publié le 12 mars.

Dans l'attente du verdict de Bruxelles sur la demande britannique de report du Brexit – du 29 mars à juin 2019 –, Londres a déjà mis en place des éléments de son plan. Le ministère des Affaires étrangères a affecté un certain nombre de ses employés à un centre spécialement dédié au soutien des ressortissants britanniques à l'étranger qui rencontreraient des problèmes administratifs après la sortie de l'UE. Le ministère de la Santé a demandé aux fournisseurs de s'assurer que le transport de médicaments essentiels en provenance de l'UE ne soit pas affecté par d'éventuelles perturbations du fonctionnement des ferries, le week-end du 30 mars.

Dans la région du Kent (sud-est de l'Angleterre), les autorités mettent aussi en place une signalisation particulière et des barrières sur les routes afin d'assurer la fluidité du trafic routier depuis la ville portuaire de Douvres. "Les préparatifs devraient être terminés ce week-end", souligne le Guardian. À partir de la semaine prochaine, la circulation sur un tronçon de la route qui relie Douvres à Londres sera réservée aux camions de marchandises en provenance de Calais.

Mais ce ne sont là que quelques aspects de l'"Operation Yellowhammer". Le document du Civil Contingencies Secretariat a identifié douze secteurs clés – le transport, la sécurité alimentaire, les banques, la sécurité nationale, les douanes ou encore les infrastructures critiques – qui devraient pâtir en premier du Brexit. Le CCS brosse un tableau très sombre de la situation en l'absence d'un accord pour une sortie ordonnée de l'Union européenne. Il faut, d'après ces experts, s'attendre à "une réduction significative de l'importation de biens, y compris de première nécessité, pendant au moins six mois", se préparer à une réduction de la disponibilité de "nourriture fraîche" et à des "hausse de prix de l'essence et des biens de consommation".

Le coût de l'"Operation Yellowhammer" difficile à évaluer

Le document ne détaille pas toutes les mesures que le CCS compte dégainer pour faire face au chaos d'un Brexit dans accord, mais il donne certaines pistes. Il indique ainsi que la loi qui limite le nombre d'heures consécutives pendant lesquels un routier peut conduire pourrait être mise entre parenthèse afin de faire face aux bouchons sur les routes. Il avertit également que le carburant pourrait être distribué en priorité aux "services essentiels" de l'État, au détriment des citoyens ordinaires.

Il évoque même la possibilité d'instaurer l'état d'urgence pour faire face à des situations exceptionnelles. Mais le CCS assure qu'il s'agit d'une mesure de "dernier ressort" et estime que les outils légaux à disposition du gouvernement doivent suffire pour faire face à toutes les conséquences d'un Brexit sans accord.

Le coût de l'"Operation Yellowhammer" est difficile à évaluer, selon le CCS. Une partie des mesures prévues doivent être mises en œuvre par les ministères compétents (ministères de l'Intérieur, des Transport ou de la Santé) et pourront être financées, en partie, par l'enveloppe globale de 1,5 milliard de livres sterling (1,73 milliards d'euros) allouées aux différents services de l'État pour gérer la sortie de l'UE (avec ou sans accord). Trois ministères ont cependant reçu 25 millions de livres sterling (28,8 millions d'euros) spécifiquement pour mettre en œuvre l'"Operation Yellowhammer", reconnaît le Civil Contingencies Secretariat, sans préciser lesquels.

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