Wall Street indécise à l'ouverture, la Fed sur toutes les lèvres

New York (AFP) –

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Wall Street remontait légèrement dans les premiers échanges après une ouverture en baisse jeudi, indécise sur la dynamique à suivre au lendemain d'une réunion monétaire de la banque centrale américaine (Fed) diversement interprétée,

Vers 13H50 GMT, l'indice vedette de la Bourse de New York, le Dow Jones Industrial Average, prenait 0,07%, à 25.763,76 points.

L'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, gagnait 0,17%, à 7.741,90 points et l'indice élargi S&P 500 0,05%, à 2.825,58 points.

La place new-yorkaise avait clôturé en ordre dispersé mercredi, déjà partagée entre la satisfaction de voir un coup d'arrêt aux hausses de taux de la banque centrale américaine cette année, mais crispée par le ralentissement économique qui s'est reflété dans la prudence de l'institution à l'issue de sa réunion: le Dow Jones avait perdu 0,55% et le Nasdaq avait pris 0,07%.

La Fed table désormais sur une croissance économique de 2,1% pour 2019 contre 2,3% estimée en décembre. L'inflation devrait, elle, atteindre 1,8% contre une projection de 1,9% précédemment.

La baisse de ces perspectives a eu pour effet de faire nettement reculer les rendements sur le marché obligataire mercredi, le mouvement se poursuivant jeudi: le taux d'intérêt sur la dette à 10 ans évoluait à 2,520%, contre 2,526% mercredi soir, au plus bas depuis janvier 2018.

Celui sur la dette à 30 ans s'affichait à 2,965% contre 2,971% la veille.

"La chute du marché obligataire est inquiétante car elle reflète l'idée que la Fed a raison de maintenir ses taux bas en raison de la déception à l'horizon pour la croissance et l'inflation", a analysé Patrick O'Hare de Briefing.

Les taux à long terme sur le marché obligataire évoluent de pair avec les perspectives économiques aux Etats-Unis.

"Le comportement du marché obligataire force le marché à considérer qu'il a trop avancé ces derniers temps", a ajouté M. O'Hare. Rassurés par l'émergence d'une doctrine dite de "patience" sur les taux de l'institution dirigée par Jerome Powell, les indices ont en effet bondi depuis le début de l'année.

Or certains se demandent aujourd'hui si le ver n'était pas déjà dans le fruit depuis plusieurs mois, avant la pause de la Fed, et si l'institution n'a pas commis une erreur en remontant ses taux quatre fois en 2018.

"S'ils avaient écouté les banquiers centraux étrangers les suppliant d'arrêter les hausses de taux, ils n'auraient peut-être pas ralenti l'économie mondiale autant qu'ils l'ont fait", a jugé Chis Low de FTN Financial.

"S'ils n'avaient pas augmenté les taux en décembre, lorsque les marchés signalaient qu'il fallait faire une pause, on ne serait peut-être pas en train de voir une situation critique aujourd'hui" pour la croissance, ajoute l'expert.