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Rapport Mueller : pas de preuve de collusion entre l'équipe Trump et Moscou

Donald Trump (à gauche) et Robert Mueller (à droite).
Donald Trump (à gauche) et Robert Mueller (à droite). Saul Loeb, AFP

Un résumé du rapport du procureur Robert Mueller indique qu'il n'y a pas de preuve de collusion entre la Russie et l'équipe de campagne de Donald Trump, mais "n’exonère pas non plus" le président de l’entrave à la justice lors de son enquête.

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Le procureur spécial Robert Mueller a conclu à l'absence d'éléments prouvant une entente ou une coordination entre l'équipe de campagne de Donald Trump et Moscou lors de la présidentielle américaine de 2016, à l'issue d'une enquête de deux ans.

Ces conclusions, rendues publiques dimanche 24 mars par le ministre de la Justice Bill Barr, constituent une incontestable victoire pour le président américain qui répétait depuis des mois qu'il n'y avait aucune "collusion". Elles éclaircissent son horizon dans la perspective de l'élection de 2020.

"Les investigations du procureur spécial n'ont pas déterminé que l'équipe de campagne Trump ou qui que ce soit associé à celle-ci se soit entendu ou coordonné avec la Russie dans ses efforts pour influencer l'élection présidentielle américaine de 2016", a indiqué Bill Barr dans un courrier de quatre pages transmis au Congrès et rendu public dans la foulée.

La Maison Blanche a estimé, par la voix de sa porte-parole Sarah Sanders, qu'avec ce rapport, le président des États-Unis était "totalement disculpé".

Sur l'autre question centrale de ce dossier, une éventuelle entrave à la justice de la part du président américain, le procureur Mueller n'a pas livré de conclusion définitive. "Si ce rapport ne conclut pas que le président a commis un crime, il ne l'exonère pas non plus", a-t-il écrit, cité par le ministre de la Justice.

Mais Bill Barr, premier destinataire du rapport d'enquête tant attendu, conclut de son côté que le document, qu'il a revu depuis vendredi, ne mentionne aucun délit susceptible d'entraîner à son avis des poursuites judiciaires sur le fondement de l'entrave à la justice.

"Pas de collusion, pas d'obstruction, DISCULPATION complète et totale", a tweeté Donald Trump, qui juge "honteux" d'avoir eu à subir cette enquête. Il dénonçait depuis des mois une "chasse aux sorcières" orchestrée par les démocrates qui n'auraient pas digéré sa victoire surprise face à Hillary Clinton.

675 jours d'enquête

Robert Mueller a mis un terme à ses investigations à l'issue d'une enquête de 675 jours sur laquelle très peu d'éléments ont fuité mais qui a tenu le pays en haleine, rappelant celle du Watergate qui a poussé Richard Nixon à la démission en août 1974.

Comme pour préparer le terrain à l'absence de révélations fracassantes, certains élus démocrates s'étaient employés dimanche à souligner les limites de l'enquête menée par l'ancien patron du FBI.

"Le procureur spécial enquêtait dans un cadre restreint (...). Ce que le Congrès doit faire, c'est avoir une vue d'ensemble", a souligné sur CNN Jerry Nadler, président démocrate de la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants.

Forts de leur nouvelle majorité à la Chambre, les démocrates ont lancé plusieurs enquêtes parlementaires allant des soupçons de collusion avec Moscou aux paiements pour acheter le silence de maîtresses supposées en passant par d'éventuelles malversations au sein de l'empire Trump.

Certains alliés du milliardaire républicain criaient eux déjà victoire avant même la diffusion du rapport, voyant dans le fait que le procureur Mueller n'ait pas recommandé de nouvelles inculpations à l'issue de ses investigations la preuve qu'il n'y avait aucune "collusion".

De fait, ce chef d'inculpation n'a jamais été retenu pour les 34 personnes mises en cause dans ce dossier, parmi lesquelles six proches collaborateurs de Donald Trump.

L'enquête a notamment entraîné la spectaculaire déchéance judiciaire de son ancien chef de campagne, Paul Manafort, ou encore de son ex-avocat personnel, Michael Cohen, tous deux condamnés à la prison pour des malversations diverses et des déclarations mensongères.

"Mettre fin au trumpisme"

Pour Pete Buttigieg, jeune maire de la ville de South Bend (Indiana) et candidat aux primaires démocrates pour la présidentielle, le document tant débattu est important mais son camp ne doit pas perdre de vue l'échéance de novembre 2020.

"Il est possible que la seule réponse possible soit une procédure de destitution mais, pour moi, la façon la plus claire de mettre fin au trumpisme est de le battre de manière massive dans les urnes", a-t-il expliqué.

Avec AFP

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