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Manifestante blessée à Nice : le sermon d'Emmanuel Macron irrite la gauche

Mobilisation policière à Nice, le 23 mars 2019.
Mobilisation policière à Nice, le 23 mars 2019. Valery Hache, AFP

La polémique continuait d'enfler, lundi, sur les circonstances dans lesquelles une manifestante de 73 ans a été blessée par la police durant l'acte 19 des Gilets jaunes, à Nice. Une controverse alimentée par des déclarations d'Emmanuel Macron.

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"On ne critique pas quelqu'un qui est sur un lit d'hôpital", a déclaré, lundi 25 mars, l'avocat de la septuagénaire blessée dans une charge de police à Nice samedi, jugeant "grossiers et indélicats" les commentaires du chef de l'État estimant qu'elle n'avait rien à faire dans un périmètre interdit. Alors qu'une enquête a été ouverte, sa famille compte déposer plainte contre les policiers et le préfet.

Emmanuel Macron a en effet souhaité "un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse" à la militante d'Attac grièvement blessée lors d'une manifestation interdite à Nice, dans un entretien avec Nice-Matin publié lundi : "Je souhaite d'abord qu'elle se rétablisse au plus vite et sorte rapidement de l'hôpital, et je souhaite la quiétude à sa famille. Mais pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable", a déclaré le président de la République à propos de Geneviève Legay, 73 ans. "Je lui souhaite un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse", a-t-il ajouté.

"Quand on est fragile, qu'on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci", a déclaré le président de la République, tout en soulignant que "cette dame n'a pas été en contact avec les forces de l'ordre".

"Au-delà du débat juridique, ces propos sont grossiers et indélicats", a commenté Me Arié Alimi, qui doit formaliser la plainte de la famille dans la journée. "Ça me rappelle un peu les propos de Robert Pandraud à l'égard de la famille de Malik Oussekine", a-t-il ajouté, dans une référence au ministre délégué à l'Intérieur après les manifestations étudiantes de 1986 qui avait fait un mort. "On ne critique par quelqu'un qui est sur un lit d'hôpital et nos aînés ont le droit d'exprimer leurs convictions politiques", a ajouté Me Alimi.

"Mépris" politique

La France insoumise, le Parti communiste et le Rassemblement national ont réagi aux propos du chef de l'État en critiquant un supposé "mépris". "Monsieur Macron, notre Geneviève de Nice n'a pas besoin de vos leçons de sagesse. Vous auriez beaucoup à apprendre d'elle. Elle milite pour le bien des autres. Et vous, vous la frappez au nom de quoi ?", a lancé sur Twitter Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de LFI.

"Le président de la République est à deux doigts d'expliquer qu'elle l'a bien cherché. Comment ose-t-il ?", s'est insurgé la tête de liste PCF pour les européennes Ian Brossat dans un tweet, tandis que le secrétaire national Fabien Roussel regrettait qu'"avec Macron, nos retraité-es sont tout juste bons à se taire".

Pour le député et porte-parole du Rassemblement national Sébastien Chenu, le président "n'aime pas les Français". Emmanuel Macron "n'a pas cette capacité charnelle que ses prédécesseurs ont eue avec les Français. (Il) a un mépris pour ceux qui l'ont élu", a-t-il ajouté sur LCI.

Mais le député LR Éric Woerth s'est demandé sur Public Sénat "s'il faut aller dans des manifestations interdites". "Les personnes qui y vont engagent leur responsabilité", a-t-il remarqué, tout en souhaitant un "rapide rétablissement" à la septuagénaire.

Dans cette même interview, Emmanuel Macron a assuré que la définition de périmètres d'interdiction, "nécessaire", avait "été mise en œuvre avec professionnalisme et mesure à Nice".

Avec AFP

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