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Les enfants nés à l'étranger de jihadistes danois seront privés de nationalité

Des membres supposés de l'organisation État islamique fuient Baghouz, le 14 mars 2019, en Syrie.
Des membres supposés de l'organisation État islamique fuient Baghouz, le 14 mars 2019, en Syrie. Delil Souleiman, AFP

Le gouvernement danois va proposer une loi pour que les enfants nés à l'étranger de jihadistes danois ne reçoivent pas automatiquement la nationalité danoise.

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Le Danemark veut priver les enfants de jihadistes nés à l'étranger de la nationalité danoise. "Contrairement aux règles actuelles, les enfants qui vont naître dans des zones où il est illégal d'entrer ou de résider ne recevront pas automatiquement la nationalité danoise", a ainsi annoncé jeudi 28 mars le ministère de l'Immigration et de l'Intégration dans un communiqué. "Leurs parents ont tourné le dos au Danemark, il n'y a pas de raison que les enfants deviennent citoyens danois", a insisté la ministre de l’Immigration, Inger Støjberg, citée dans ce communiqué.

La date à laquelle le Parlement débattra du projet de loi n'est pas encore connue mais la ministre a estimé qu'il ne devrait pas y avoir d'opposition. "J'ai du mal à imaginer qu'il existe des partis au Folketing (le Parlement, NDLR) qui ne veulent pas protéger le Danemark", a affirmé Inger Støjberg auprès de l'agence locale Ritzau.

Un vif débat au Danemark

La veille, le ministre danois de la Justice, Søren Pape Poulsen, avait déclenché la polémique en affirmant qu'il aurait été mieux que les Danois ayant combattu dans les rangs de l’organisation État islamique "soient tombés au combat là-bas". Copenhague est toutefois prêt à accueillir les ressortissants danois issus des rangs jihadistes, a-t-il précisé devant une commission parlementaire, selon la presse locale.

Ses propos ont été dénoncés par l'opposition. "Ce sont des mots que je n'aurais pas mis dans ma bouche", a avancé une porte-parole des sociaux-démocrates, Trine Bramsen. Pour le ministre, "c'est mieux qu'ils soient emprisonnés ici [plutôt] qu'ils voyagent librement".

Au Danemark, rejoindre une zone de conflits, où une organisation classée comme terroriste est partie prenante, et y combattre est passible de poursuites depuis 2016. Treize personnes ont été condamnées pour avoir rejoint, ou tenté de rejoindre, une organisation terroriste. Neuf d'entre elles ont été déchues de leur nationalité danoise et expulsées, après une décision de justice. Les autres étant exclusivement danoises, elles ne peuvent pas être privées de nationalité et rendues apatrides. Le nouvel accord prévoit également que le retrait de la nationalité danoise, pour les binationaux, pourra désormais se faire par simple arrêté administratif.

Copenhague estime qu'une quarantaine de jihadistes ayant des liens avec le pays scandinave se trouvent actuellement sur le territoire de l'ancien "califat" de l'organisation État islamique. Dix d'entre eux y sont emprisonnés. Le nombre exact d'enfants danois qui y sont nés n'est pas connu.

Depuis 2012, quelque 150 personnes ont gagné la Syrie et l'Irak selon des chiffres des services de renseignement. Un tiers d'entre elles sont revenues au Danemark.

Avec AFP

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