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Violences contre des Roms : huit prévenus vont être jugés en comparution immédiate à Bobigny

Une famille Roms à Bobigny, en Seine-Saint-Denis.
Une famille Roms à Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Kenzo Tribouillard, AFP

Huit hommes accusés d'avoir infligé des violences volontaires sur des Roms, qualifiées de "dérives inacceptables" par le gouvernement, vont être jugés en comparution immédiate, jeudi, à Bobigny.

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Huit prévenus, soupçonnés de violences envers des Roms, seront jugés jeudi 28 mars, en comparution immédiate, à Bobigny. Ils sont accusés d'avoir participé à une expédition punitive à Clichy-sous-Bois contre des Roms après des rumeurs infondées d'enlèvement d'enfants sur les réseaux sociaux.

"Des dérives inacceptables", selon le gouvernement. Elles justifient "la nécessité absolue de lutter contre les 'fake news'", a déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

Onze suspects étaient toujours en garde à vue mercredi pour d'autres violences survenues lundi, à Bobigny cette fois. Une cinquantaine de personnes armées de couteaux et de bâtons s'en étaient prises à des Roms installés au bord d'une nationale. Des camionnettes ont été incendiées, selon une source policière. D'autres rixes ont éclaté plus tard dans la soirée à Bobigny.

"On a peur tout le temps. On ne dort plus, on monte la garde", rapporte à l'AFP Georghe Marcus, un des 150 Roms qui vivent dans la misère dans le bidonville de Bobigny pris pour cible.

"Protéger les personnes concernées"

Le collectif national droits de l'Homme (CNDH) Romeurope, qui rassemble 48 associations, déplore que "les personnes qui vivent en bidonvilles et/ou qui conduisent une camionnette (...) n'osent souvent plus en sortir pour poursuivre leurs activités habituelles". "Les familles doivent cesser de vivre dans la terreur", ajoute le collectif, qui appelle les pouvoirs publics à "agir fortement pour protéger les personnes concernées".

Mardi soir, des associations de défense des Roms avaient déjà dénoncé le retour d'un "racisme séculaire". L'association SOS-Racisme a de son côté indiqué, mercredi, dans un communiqué avoir interpellé "Facebook, Snapchat, Twitter et Jeuxvideo.com pour leur demander de modérer et de stopper les rumeurs qui circulent sur leurs plateformes".

Modération des contenus

"À l'exception de Jeuxvideo.com", "seule une partie minoritaire" de ces contenus a été retirée, a regretté l'association. Elle a demandé au gouvernement de réunir les plateformes pour qu'elles "s'engagent à une modération pro-active lorsque sont signalées ces rumeurs aux conséquences rapides, massives et criminelles".

L'Ile-de-France n'est pas la seule région concernée. Des rumeurs d'enlèvements "à l'aide d'une camionnette blanche ou bleue" dans la région de Valenciennes (Nord) avaient ainsi été relayées en janvier, et démenties quelques jours plus tard par les autorités du département.

>> À lire aussi : décryptage d'une légende urbaine ciblant les Roms en France

En Inde, des rumeurs propagées via la messagerie WhatsApp sur la prétendue présence de ravisseurs d'enfants ont coûté l'an dernier la vie à au moins 25 personnes, d'après des médias locaux.

Selon les estimations, entre 15 000 à 20 000 Roms vivent en France et viennent essentiellement d'Europe centrale et orientale (Roumanie, Bulgarie, pays de l'ex-Yougoslavie) où ils sont discriminés.

Avec AFP

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