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Violences contre les Roms: procès renvoyé pour huit jeunes

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Bobigny (AFP)

Huit personnes, soupçonnées d'avoir attaqué des Roms après des rumeurs infondées sur les réseaux sociaux d'enlèvements d'enfants et qui devaient être jugées jeudi en comparution immédiate à Bobigny ont obtenu le renvoi de leur procès.

Agés de 19 à 27 ans, les prévenus devaient être jugés pour "participation à un groupe formé en vue de commettre des violences". Six d'entre eux, originaires de Chelles (Seine-et-Marne) seront jugés le 31 mai et deux autres de Seine-Saint-Denis le 7 juin.

Ils ont tous été placés sous contrôle judiciaire, leur avocat ayant plaidé une "crise de bêtise fulgurante aiguë".

Lundi, vers 21H00, une cinquantaine de personnes armées de couteaux et de bâtons s'en étaient prises à des Roms installés au bord d'une route nationale, selon une source policière. Des camionnettes avaient été incendiées. D'autres rixes avaient éclaté plus tard dans la soirée dans cette ville de Seine-Saint-Denis.

"Partis de Chelles pour se rendre à Bobigny, l'objectif de cette équipée était de casser du Rom", a dénoncé le procureur de la République qui avait demandé le placement en détention pour les six originaires de Seine-et-Marne.

"Ces individus semblent ordinaires mais il y a de la bêtise, un fond de racisme", a encore ajouté le magistrat. Discrets dans le box, la plupart des jeunes travaillent ou poursuivent leurs études. "Comment un manager s'embarque dans une telle histoire?" interroge le président du tribunal. "La bêtise", répond le jeune homme. Son ami qui suit une formation de conducteur de train "regrette". "C'est complètement bête".

L'un d'eux explique s'être "rendu compte que c'était une fake news, je me suis renseigné au commissariat".

L'association la Voix de Roms s'est constituée partie civile pour les deux procès.

Mercredi, quatre jeunes, âgés de 18 à 22 ans, avaient été présentés à la justice pour des faits de même nature, survenus lundi soir à Clichy-sous-Bois. Leur procès a été renvoyé au 17 avril.

Plusieurs attaques visant des Roms ont eu lieu après la multiplication sur les réseaux sociaux de messages évoquant des tentatives d'enlèvements d'enfants ou adolescents par des personnes circulant en camionnette dans des communes d'Ile-de-France, notamment dans les Hauts-de-Seine et en Seine-Saint-Denis.

Des rumeurs "totalement infondées" ont martelé les autorités, qui ont sécurisé les 34 campements roms de Seine-Saint-Denis.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, aucune violence en lien avec ces rumeurs n'avait été recensée dans le département, a indiqué à l'AFP une source policière. "Nous restons vigilants et continuons la sécurisation", a-t-elle ajouté, soulignant que "l'inquiétude" chez les Roms restait forte.

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