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Morte à l'âge de 90 ans, la cinéaste Agnès Varda laisse une œuvre poétique et engagée

La cinéaste Agnès Varda, le 3 septembre 2008, à l'occasion de son film "Les Plages d'Agnès", lors du 65e festival de film de Venise.
La cinéaste Agnès Varda, le 3 septembre 2008, à l'occasion de son film "Les Plages d'Agnès", lors du 65e festival de film de Venise. Alberto Pizzoli, AFP

Cinéaste de la Nouvelle Vague, observatrice patiente et infatigable des petites alchimies du quotidien et des grandes causes militantes, la réalisatrice française Agnès Varda est décédée, vendredi, à Paris.

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C’est dans sa petite maison, rue Daguerre à Paris, à la façade peinte dans un gai camaïeu de rose, que la cinéaste Agnès Varda est décédée, vendredi 29 mars, à l'âge de 90 ans. La nouvelle a été annoncée par Ciné-Tamaris, société de production consacrée à ses films et à ceux de son ancien compagnon, Jacques Demy, décédé en 1990.

Née le 30 mai 1928 à Bruxelles, en Belgique, Agnès Varda s'est imposée dès le milieu des années 1950 comme réalisatrice pionnière de la Nouvelle Vague, avec d'abord "La Pointe Courte" (1955), puis "Cléo de 5 à 7" (1962) avec Michel Legrand au piano et à la bande-son, s'essayant même à la comédie musicale féministe dans "L'une chante, l'autre pas" (1977). Le Lion d'or de la Mostra de Venise lui est attribué en 1985 pour "Sans toit ni loi".

Oscillant entre cinéma d'auteur et documentaire, alternant formats longs et courts, Agnès Varda dénoue et retricote à son gré les possibilités de la narration - de la "cinécriture" selon ses termes - ajoutant à l'ouvrage sa fantaisie et son onirisme, son militantisme et son acuité. Car Agnès Varda était aussi une cinéaste engagée, signant plusieurs documentaires politiques : "Salut les Cubains" (1963), "Black Panthers" (1968) et le film collectif "Loin du Vietnam" (1967)...

Qu'elle filme un artiste hippie à San Francisco ("Oncle Yanco", 1967) ou les grandes fresques murales à Los Angeles ("Mur Murs", 1981), elle fait preuve toute sa vie d’une même curiosité qui l’avait poussée à filmer ses "Daguerréotypes" (1976) sur les commerçants de la rue Daguerre jusqu'à "Visages, villages" (2017) filmé au long d'un voyage en camionnette avec l'artiste JR. En 2008, c'est aux plages de sa vie et au "plus chéri des morts", Jacques Demy, l'homme des "Demoiselles de Rochefort", qu'elle rend hommage dans "Les plages d'Agnès", César du meilleur film documentaire.

Elle a reçu en 2015 une Palme d'honneur du festival de Cannes pour l'ensemble de son œuvre. En février à la Berlinale, elle avait présenté son dernier documentaire, "Varda par Agnès", dans la veine de l'autofiction cinématographique. Ce film, disait-elle, est "une façon de dire au revoir".

Avec AFP

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