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SLOVAQUIE

Zuzana Caputova, avocate anti-corruption et favorite de la présidentielle en Slovaquie

Zuzana Caputova, candidate à l'élection présidentielle, en meeting avec des citoyens de Dunajska Streda, le 7 mars 2019.
Zuzana Caputova, candidate à l'élection présidentielle, en meeting avec des citoyens de Dunajska Streda, le 7 mars 2019. Vladimir Simicek, AFP
4 mn

Zuzana Caputova, avocate slovaque en guerre contre la corruption, est la grande favorite du scrutin présidentiel qui doit s’achever samedi soir en Slovaquie, pays marqué par le meurtre il y a un an d’un journaliste engagé dans le même combat.

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Elle pourrait bien devenir la première femme présidente de Slovaquie. Zuzana Caputova, 45 ans, avocate spécialiste de l’environnement sans aucune expérience politique, est créditée dans les sondages de plus de 60 % des intentions de vote. Face à elle, Maros Sefcovic, 52 ans, commissaire européen à l’Énergie, soutenu par le pouvoir.

Descendue dans l’arène avec pour mot d’ordre "Luttons contre le mal !", Zuzana Caputova a obtenu 40,53 % des voix au premier tour du scrutin, contre 18,66 % pour son adversaire.

Comparée à Emmanuel Macron

Zuzana Caputova, divorcée et mère de deux enfants, est souvent comparée par les analystes au président français Emmanuel Macron : un outsider arrivé au pouvoir en 2017 avec un programme réformiste.

Parmi les promesses électorales de cette candidate au programme libéral : la protection de l'environnement, le soutien aux personnes âgées et une réforme de la justice qui priverait "les procureurs et la police de toute influence politique", a-t-elle déclaré.

Dans le camp adverse, Maros Sefcovic a, quant à lui, promis des avantages sociaux plus importants aux personnes âgées et aux jeunes familles, le renforcement de la politique industrielle et une revitalisation du secteur agricole du pays.

Engagée dans la lutte contre la corruption

Ancienne vice-présidente du parti Slovaquie progressiste, qu’elle a quitté depuis, l’avocate était, en 2018, parmi les milliers de manifestants, choqués par l'assassinat du journaliste Jan Kuciak et de sa fiancée. Celui-ci s’apprêtait à publier un article sur les liens présumés entre des hommes politiques slovaques et la mafia italienne.

D’une ampleur inédite, les manifestations ont mis à mal le gouvernement du parti Smer-SD en place et ont entraîné la démission du Premier ministre, Robert Fico, qui reste cependant chef de Smer-SD et allié du Premier ministre actuel.

Depuis, cinq personnes ont été interpellées, dont le commanditaire présumé du meurtre, un multimillionnaire qui entretiendrait des liens avec Smer-SD.

Jeudi 28 mars, le Parlement européen a appelé la Slovaquie à poursuivre l'enquête "y compris sur toutes les connexions politiques possibles". Les députés européens se sont déclarés "préoccupés par les présomptions de corruption, de conflits d'intérêts, d'impunité […] dans les cercles du pouvoir slovaque".

Des candidats démocrates et pro-européens

Point commun entre les candidats à la présidence slovaque : tous deux sont démocrates et ouvertement pro-européens, ce dont s'est félicité le chef de l'État sortant, Andrej Kiska.

"Croyez-moi, beaucoup de pays nous l'envient", a déclaré mercredi celui qui a soutenu Zuzana Caputova avant le scrutin.

"J'appelle les gens à montrer quelle Slovaquie ils veulent", a-t-il déclaré samedi après avoir voté. "Nous avons besoin d'hommes politiques qui se battent pour une Slovaquie décente et juste".

L'ancien Premier ministre, Robert Fico, a espéré quant à lui qu'après le scrutin "les gens ne seront pas déçus comme ils l'ont été avec Andrej Kiska", dans un commentaire envoyé sur Facebook après le vote.

Parmi les citoyens, Ondrej, magasinier de 59 ans, a déclaré avoir choisi "un candidat homme [pour] un poste aussi important". Slavomir, financier de 39 ans a quant à lui choisi de voter pour Zuzana Caputova, "une personne digne de confiance, humaine et raisonnable". "Je ne veux pas voter pour quelqu'un soutenu par Smer-SD, nous avons eu une assez mauvaise expérience avec eux", a-t-il ajouté.

En Slovaquie, si le président ne gouverne pas, il ratifie toutefois les traités internationaux et nomme les plus hauts magistrats. Il est aussi le commandant en chef des forces armées et dispose du droit de veto.

Les bureaux de vote fermeront à 21 h GMT et les résultats complets devraient être connus dès dimanche matin. Le nouveau président (ou la nouvelle présidente) prêtera serment le 15 juin 2019.

Avec AFP

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