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Au Venezuela, de nouvelles manifestations dispersées par des gaz lacrymogènes

Des partisans du leader d'opposition et président par intérim autoproclamé, Juan Guaido, à San Antonio de Los Altos, le 30 mars.
Des partisans du leader d'opposition et président par intérim autoproclamé, Juan Guaido, à San Antonio de Los Altos, le 30 mars. Federico Parra, AFP

Partisans du président Nicolas Maduro et de l'opposant Juan Guaido ont manifesté samedi dans les rues vénézuéliennes. Des débordements ont conduit les forces de police à user de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.

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Protestant contre les coupures électriques massives qui affectent le pays depuis un mois, partisans du président Nicolas Maduro et de l'opposant Juan Guaido (qui se rejettent la responsabilité) ont manifesté samedi 30 mars dans les rues au Venezuela. Les forces de l'ordre ont du intervenir et faire l'usage de gaz lacrymogènes pour disperser les partisans à l'opposition qui cherchaient à se rassembler dans plusieurs points de l'ouest de la capitale, bastion du gouvernement.

Juan Guaido dans la rue

Juan Guaido, chef du Parlement reconnu comme président par intérim par une cinquantaine de pays, avait appelé ses partisans à "transformer l'indignation en mobilisation". Dans l'après-midi, il a lui-même participé à plusieurs rassemblements dans l'État de Miranda, au sud-ouest de la capitale, Caracas.

"Ne laissons pas le régime se moquer de nous en nous soumettant aux ténèbres, à l'anormalité. Avec force, avec courage, je vous demande (...) de vous préparer pour la cessation définitive de l'usurpation" du pouvoir par Nicolas Maduro, a-t-il lancé devant des centaines de sympathisants.

Caracas, ainsi que 20 États sur 23 se sont retrouvés à nouveau plongés dans le noir vendredi soir et de nombreuses régions restaient encore sans courant samedi.

12 jours sans électricité en mars

Cette coupure, comme celles qui ont paralysé le pays du 7 au 14 mars, puis du 25 au 28 mars, prive de nouveau les habitants d'approvisionnement en eau, de transports publics, de téléphone et d'internet.

"La lumière s'en va à tout moment. Ici le service de distribution d'eau ne marche pas bien depuis un an, mais avec ces coupures, cela s'est considérablement aggravé", témoigne une habitante de Caracas.

Dans le reste du pays aussi, la population exprimait son désarroi. "Cela fait déjà quinze heures sans lumière […] les files d'attente pour obtenir de l'essence sont immenses et les rares supermarchés ouverts sont pris d'assaut", a expliqué Mariana, une habitante de Maracaibo, une grande ville du nord-ouest.

Maduro dit "non au terrorisme impérial"

Accusant l’opposition d’orchestrer des "attaques" contre la principale centrale électrique du pays avec le soutien des États-Unis, le président Nicolas Maduro a, quant à lui, appelé à une "grande mobilisation" pour "dire non au terrorisme impérial".

"Ils appellent à la haine. Nous, nous appelons à l'amour. Ils incitent à la guerre. Nous, nous lançons des appels quotidiens à la paix", déclare Juan au milieu d’autres partisans du gouvernement, rassemblés dans la capitale.

Les pannes de courant sont habituelles au Venezuela depuis une décennie, mais la capitale avait été jusque-là relativement épargnée par ces coupures massives. L'opposition, ainsi que des experts du secteur, estiment qu'elles sont dues au manque d'investissements dans les infrastructures.

Mais les coupures d’électricité ne sont pas les seuls maux dont souffre le Venezuela. Le pays subi de graves pénuries de toutes sortes. Vendredi encore, la Croix-Rouge internationale a annoncé une distribution d'aide d'urgence dans "15 jours" à destination de 650 000 personnes. Un virage dans la position du président vénézuélien, puisque ce dernier avait jusqu’ici nié toute "crise humanitaire" dans le pays pétrolier. En effet, Nicolas Maduro rejette la responsabilité de ces pénuries sur les sanctions financières imposées par Washington.

Blocages frontaliers ordonnés par le gouvernement

Selon l'Organisation des Nations unies (ONU), près d'un quart des 30 millions de Vénézuéliens nécessite une aide "urgente".

Le 23 février 2019, les adversaires de Nicolas Maduro avaient essayé de faire entrer au Venezuela de l'aide humanitaire, envoyée essentiellement des États-Unis à la demande de Juan Guaido. En vain. Les camions remplis de produits de première nécessité ont été contraints de rebrousser chemin face au blocage frontalier ordonné par le gouvernement. Ce dernier y voyait un prélude à une intervention militaire. Des heurts à la frontière avaient fait sept morts et plusieurs centaines de blessés.

"Le régime reconnaît son échec en acceptant l'existence d'une situation d'urgence humanitaire complexe qu'il a provoquée", a réagi Juan Guaido. Les États-Unis ont immédiatement "salué" l'annonce de la Croix-Rouge et se sont dit prêts à envoyer de l'assistance par le biais de l'organisation internationale.

Un avion en provenance de Chine, allié du pouvoir chaviste, est par ailleurs arrivé vendredi à Caracas, chargé de médicaments et de matériel médical.

Autre allié, la Russie a quant à elle envoyé une mission militaire. Un acte considéré comme une "provocation" par les États-Unis à qui Moscou a de nouveau "recommandé" samedi de cesser de "menacer" le Venezuela.

Avec AFP

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