SLOVAQUIE

L'avocate anticorruption Zuzana Caputova remporte la présidentielle en Slovaquie

 Zuzana Caputova a été élue présidente de la Slovaquie, le 30 mars 2019.
Zuzana Caputova a été élue présidente de la Slovaquie, le 30 mars 2019. Joe Klamar, AFP

Surnommée la "Erin Brockovich" de Slovaquie, l'avocate anticorruption et écologiste Zuzana Caputova est arrivée en tête samedi de l'élection présidentielle slovaque, selon les résultats partiels quasi complets.

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Sa victoire marque une rupture avec l'émergence des forces populistes en Europe. L'avocate et activiste libérale Zuzana Caputova, novice en politique, mais portée par un mouvement national de protestation contre la corruption, a remporté l'élection présidentielle samedi 30 mars en Slovaquie.

Après dépouillement de 98,3% des bulletins de vote, Zuzana Caputova arrive en tête avec 58,3 % des voix, montrent les résultats officiels diffusés samedi soir. Son rival Maros Sefcovic, commissaire européen soutenu par le Smer (centre gauche) au pouvoir, est crédité de 41,7 % des voix.

La "Erin Brockovich de Slovaquie"

Au premier tour, le 16 mars, Caputova, avocate de 45 ans que ses partisans surnomment la "Erin Brockovich de Slovaquie", avait viré en tête avec 40,6 % des suffrages, contre 18,7 % pour Maros Sefcovic.

"Je suis heureuse non seulement pour le résultat, mais surtout pour le fait qu'il est possible de ne pas succomber au populisme, de dire la vérité, de susciter de l'intérêt sans vocabulaire agressif", a-t-elle déclaré samedi soir devant une foule de sympathisants. "Cela a commencé lors des élections locales l'année dernière, a été confirmé lors de l'élection présidentielle et je crois que les élections européennes le confirmeront également."

>> À lire sur France 24 : Zuzana Caputova, une militante anticorruption en tête de la présidentielle en Slovaquie

Une campagne axée sur la lutte anti-corruption

Corruption et changement ont été les thèmes majeurs de la campagne de l'entre-deux-tours, un peu plus d'un an après le début d'un mouvement de contestation déclenché par l'assassinat du journaliste Jan Kuciak. Celui-ci enquêtait notamment sur des affaires de fraude impliquant des hommes d'affaires liés au monde politique slovaque, et de sa compagne.

La candidate du parti Progressiste, qui ne dispose d'aucun siège au Parlement, a dit vouloir mettre fin au "détournement de l'État par des individus tirant les ficelles dans l'ombre à la place des représentants élus". Son discours a séduit les jeunes et les électeurs les plus instruits.

Le double assassinat de Jan Kuciak et de sa compagne en février 2018 a provoqué une onde de choc dans le pays et alimenté la colère de l'opinion contre la corruption. La Slovaquie a été le théâtre de manifestations sans précédent depuis la chute du régime communiste fin 1989. La pression de la rue a conduit à la démission du Premier ministre Robert Fico et de deux de ses ministres.

Aux termes de la Constitution, le président ne peut prendre de décisions au quotidien, mais dispose d'un droit de veto pour la désignation des procureurs et des juges, ce qui est fondamental dans la lutte anti-corruption.

Avec AFP et Reuters

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