TURQUIE

En Turquie, un scrutin test pour Erdogan en pleine tempête économique

Des partisans du président turc, Recep Tayyip Erdogan, dans le district de Bayrampasa à Istanbul.
Des partisans du président turc, Recep Tayyip Erdogan, dans le district de Bayrampasa à Istanbul. Ozan Kose, AFP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan fait face dimanche à des élections municipales à haut risque en pleine tempête économique, après avoir fait une campagne harassante pour éviter le séisme d'une défaite à Ankara ou Istanbul.

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Les Turcs ont voté dimanche 31 mars à l'occasion d'élections locales à valeur de test pour le président Recep Tayyip Erdogan, qui a livré une âpre bataille pour éviter une défaite à Ankara ou Istanbul en pleine tempête économique.

Les Turcs ont voté jusqu'à 14h GMT pour élire leurs maires, conseillers municipaux et chefs de quartier ("muhtar"), les premiers résultats étant attendus dans la soirée.

À un moment où ce pays est confronté à sa première récession en dix ans, une inflation record et un chômage élevé, ce scrutin a valeur de baromètre pour la popularité d’Erdogan qui a remporté toutes les élections depuis l'arrivée au pouvoir de son parti, l'AKP, en 2002.

Recep Tayyip Erdogan affirme que "la survie de la nation" est en jeu, appelant au cours d'une campagne électorale particulièrement brutale à "donner une claque ottomane" à ses adversaires. Mais l'opposition appelle à profiter de ce dernier scrutin avant 2023 pour sanctionner la politique économique du pouvoir.

102 meetings en 50 jours pour Erdogan

Signe de l'importance de ces élections locales à ses yeux, le président âgé de 65 ans s'est lancé à corps perdu dans la campagne, tenant 102 meetings en 50 jours.

Les regards seront d'abord rivés sur Ankara, la capitale, et Istanbul, le cœur économique et démographique du pays, où l'hégémonie de l'AKP et de ses prédécesseurs islamistes, qui dure depuis vingt-cinq ans, est aujourd'hui menacée.

Pour éviter une défaite humiliante à Istanbul, sa ville natale dont il a été maire de 1994 à 1998,  Erdogan a dépêché l'ancien Premier ministre Binali Yildirim.

À Ankara, où le président a envoyé l'ancien ministre Mehmet Özhaseki, la situation semble plus compliquée, des sondages donnant une avance franche au candidat de l'opposition, Mansur Yavas.

Le choix de nombreux électeurs devait être guidé par les préoccupations concernant l'économie, l'inflation d'environ 20 % ayant durement frappé les Turcs au porte-monnaie.

Deux personens tuées par balle

Dimanche, deux coalitions s'affrontent : d'un côté, l'AKP d'Erdogan et ses alliés ultranationalistes du MHP. De l'autre, les sociaux-démocrates du CHP et le parti de droite Iyi.

Ces derniers sont soutenus par les pro-kurdes du HDP qui n'ont pas présenté de candidat à Istanbul et Ankara pour éviter une dispersion des voix anti-Erdogan.

La campagne pour ce scrutin, le huitième d'un épuisant cycle électoral entamé en 2014, a une nouvelle fois polarisé le pays.

Des rixes ont éclaté dans plusieurs bureaux de vote à travers le pays. Deux personnes ont notamment été tuées par balles à Malatya (est), selon les autorités, ajoutant que quatre personnes avaient été arrêtées.

Avec AFP

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