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Brexit : les députés rejettent quatre solutions alternatives au plan de Theresa May

Theresa May a essuyé un nouveau revers au Parlement britannique, le 1er avril 2019.
Theresa May a essuyé un nouveau revers au Parlement britannique, le 1er avril 2019. PRU, AFP

La Chambre des communes a rejeté lundi soir quatre nouvelles options proposant de maintenir des liens étroits avec l'Union européenne ou d'arrêter le processus de Brexit pour éviter une éventuelle sortie sans accord.

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Encore un "non". Les députés britanniques ont voté, lundi 1er avril, contre les quatre options alternatives à l'accord de Brexit conclu par la Première ministre Theresa May avec Bruxelles. Après avoir rejeté trois fois déjà cet accord, avoir voté la semaine dernière contre huit propositions parlementaires pour tenter de sortir de l'impasse, les élus ont rejeté les nouvelles options, d'initiative parlementaire, qui leur étaient présentées.

La motion C, qui propose que l'accord de Brexit et la Déclaration politique qui l'accompagne incluent un engagement à négocier avec l'Union européenne (UE) une union douanière permanente et globale, a été rejetée par 276 voix contre 273.

La motion D, dite "Norvège", qui propose un accord dit de "marché commun 2.0" avec adhésion au marché unique européen et un arrangement douanier, a été rejetée par 282 voix contre 261.

La motion E, qui demande la tenue d'un référendum de confirmation de tout accord de divorce avant sa ratification parlementaire, a été rejetée par 292 voix contre 280.

La motion G, qui propose que le Parlement ait la primauté sur le gouvernement, a été rejetée par 292 voix contre 191. Elle fixait un cadre précis qui pouvait amener les Communes à contraindre le gouvernement à révoquer l'article 50 du traité européen et, donc, annuler le Brexit.

Vers une sortie sans accord

Le Parlement "a une nouvelle fois échoué à trouver une majorité claire pour chacune des options" présentées, a réagi le secrétaire d'État au Brexit, Stephen Barclay. "La position légale par défaut est que le Royaume-Uni va quitter l'UE dans 11 jours" sans accord, a-t-il ajouté.

Une sortie "sans accord" est devenue "presque inévitable", a affirmé sur Twitter le référent Brexit du Parlement européen, Guy Verhofstadt, juste après les votes des parlementaires britanniques. "Mercredi, c'est la dernière chance pour le Royaume-Uni de sortir de l'impasse ou faire face à l'abîme", a-t-il déclaré.

L'auteur de la proposition "Norvège", le conservateur Nick Boles, a immédiatement annoncé qu'il quittait le Parti conservateur. "J'ai tout donné pour tenter de trouver un compromis qui pourrait mener le pays hors de l'UE tout en maintenant notre puissance économique et notre cohésion politique", a-t-il dit, visiblement très ému. "J'accepte que j'ai échoué. J'ai échoué surtout parce que mon parti refuse le compromis", a-t-il accusé.

Le plan de Theresa May remis au vote ?

"Les députés ont pris le pouvoir législatif, ils ont confisqué l’agenda mais ils ne parviennent pas à se mettre d’accord, analyse Hervé Amoric, correspondant de France 24 à Londres. Il y a cinq clans différents parmi ces députés. Et même ceux qui veulent rester au sein de l’UE ou qui veulent un Brexit plus mou n’arrivent pas à se mettre d’accord."

Theresa May doit formuler un nouveau plan d'ici au sommet européen exceptionnel convoqué le 10 avril, si elle souhaite éviter au Royaume-Uni une sortie de l'UE sans accord au soir du 12. Elle n'a pas renoncé à présenter une quatrième fois son accord de divorce aux députés. Elle a convoqué un conseil des ministres exceptionnellement long mardi pour discuter la voie à suivre.

"Theresa May va pouvoir revenir avec son plan de divorce même s’il n’a pas changé du tout, à condition que le président de l’Assemblée lui laisse présenter une quatrième fois devant les députés le même plan de divorce, prédit Hervé Amoric. Mais Theresa May va pouvoir dire : 'C’est mon plan de divorce ou alors une sortie sans accord'. La pression va monter sur les députés." Le journaliste ajoute que la Première ministre pourrait mettre "un peu d'eau dans son vin" en tentant d'attirer le vote des députés qui souhaitent un Brexit plus doux que celui qu'elle a prôné jusqu'ici.

"La pression va monter sur les députés"

De son côté, Jeremy Corbyn, le chef du Parti travailliste, principale formation d'opposition, a qualifié de "décevant" le fait qu'aucune proposition n'ait dégagé de majorité. Mais il a souligné que l'accord de Theresa May avait été rejeté par une marge plus grande et réclamé qu'une troisième série de "votes indicatifs" puisse se tenir, ce qui pourrait être le cas mercredi.

Avec AFP et Reuters

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