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Assassinat de Jamal Khashoggi : ses enfants indemnisés par les autorités saoudiennes

Salah, fils aîné de Jamal Khashoggi, lors d'un événement en hommage à son père, le 16 novembre 2018, à Jeddah.
Salah, fils aîné de Jamal Khashoggi, lors d'un événement en hommage à son père, le 16 novembre 2018, à Jeddah. Amer Hilabi, AFP

Les enfants du journaliste Jamal Khashoggi, assassiné à Istanbul, ont reçu d'importantes compensations financières, suite à des négociations menées par le frère du prince héritier Mohammed ben Salmane, a révélé, lundi, le Washington Post.

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Trois mois après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, à Istanbul, ses enfants ont chacun reçu en compensation des maisons de plusieurs millions de dollars et perçoivent chaque mois des milliers de dollars des autorités saoudiennes, selon des informations publiées, lundi 1er avril, par le Washington Post.

Le journal américain, auquel contribuait Khashoggi, affirme que les maisons en question sont situées à Jeddah, en Arabie saoudite, dans un même complexe résidentiel, et vaudraient jusqu'à quatre millions de dollars chacune. À cela s'ajoutent des versements mensuels de plus de 10 000 dollars à chacun des quatre enfants.

"Ils pourraient également recevoir des paiements beaucoup plus élevés, possiblement plusieurs millions de dollars par personne, dans le cadre de négociations pour ‘le prix du sang’ qui sont attendues lorsque les procès des suspects du meurtre s'achèveront dans quelques mois" poursuit le journal.

>> À voir : "Je voudrais savoir qui a donné l'ordre de tuer Jamal"

Des zones d’ombre

Critique du régime, l'intellectuel saoudien, qui résidait aux États-Unis, a été tué et démembré le 2 octobre, par un commando de quinze agents saoudiens venu de Riyad, dans le consulat de son pays à Istanbul, où il effectuait des démarches administratives. Son corps n'a jamais été retrouvé.

Après avoir nié le meurtre, l'Arabie saoudite a évoqué une opération menée par des éléments "hors de contrôle" et qui aurait dégénéré. Le procès de onze suspects s'est ouvert en début d'année devant la justice saoudienne, le procureur général a requis la peine de mort contre cinq d'entre eux.

Mais des zones d'ombre persistent, à commencer par le rôle du puissant prince héritier Mohammed ben Salmane ("MBS"), considéré comme "responsable" du meurtre par le Sénat américain. Le Washington Post souligne que les compensations aux enfants Khashoggi ont été autorisées fin 2018 par le roi Salmane, père de MBS, dans le cadre de ce qui a été décrit par un ancien responsable comme la reconnaissance qu'une "grande injustice a été commise" et la tentative de "réparer un tort". Une pratique qui "fait partie de nos traditions et de notre culture", a précisé cette source.

Les négociations sur ces compensations auraient été menées par Khalid ben Salmane, frère de MBS et ambassadeur d'Arabie saoudite aux États-Unis. Seul Salah, fils aîné de Jamal Khashoggi, vit toujours en Arabie saoudite, à Jeddah, où il est banquier, selon le quotidien américain. Les trois autres, un frère et deux sœurs, résident aux États-Unis.

Avec AFP

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