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Municipales à Paris : Anne Hidalgo favorite de justesse

Anne Hidalgo parlant lors d'une conférence de presse à Paris le 21 mars 2019.
Anne Hidalgo parlant lors d'une conférence de presse à Paris le 21 mars 2019. Philippe Lopez, AFP

Après cinq ans à la tête de Paris, Anne Hidalgo s’apprête à lancer officiellement sa campagne pour les municipales de 2020. Si son statut et sa notoriété la mettent en position de force, ses réalisations sont aussi l’objet de nombreuses critiques.

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Depuis son élection en 2014, Anne Hidalgo est une personnalité politique hors norme : la première femme à avoir conquis Paris est l’une des personnalités socialistes les plus influentes sur le plan national. "Elle n’a jamais participé aux jeux des appareils politiques, elle a su garder sa liberté tout en étant fidèle à sa famille politique", explique-t-on dans son entourage. Après le raz-de-marée de La République en marche (LREM) de 2017 aux législatives dans la capitale, la maire socialiste fait désormais figure de résistante.

Paris ville écolo, un projet applaudi et honni

La lutte acharnée pour réduire la présence des voitures à Paris restera à coup sûr la signature du premier mandat d’Anne Hidalgo, qui a entrepris de nombreux chantiers visant à réduire significativement le nombre de véhicules dans la capitale, quitte à compliquer la vie des automobilistes. Un projet applaudi par les soutiens de la maire qui louent son courage politique mais qui suscite un ressentiment fort chez une partie des Parisiens.

Ces dernières années, plusieurs dossiers ont ternis le projet du bien vivre écolo dans la capitale : l’offre de voitures en partage Autolib’ avortée, le changement catastrophique de prestataire pour les vélos en libre-service Vélib’, la piétonisation compliquée des voies sur berges ou encore la saleté et la prolifération des rats dans la capitale.

"La Reine Maire de Paris"

Une maitresse d’école autoritaire et inflexible, voici en substance le portrait d’Anne Hidalgo que dresse François Déletraz, rédacteur en chef du jounal conservateur Figaro Magazine, dans son livre "La Reine Maire de Paris". Sorti le 3avril, à un an des élections municipales, ce brûlot fustige la Maire de Paris qui a fait exploser la dette (passée de 3,6 à 6 milliards d’euros en quatre ans), avec ses logements sociaux et le "fiasco" financier d’une série de dossiers architecturaux (Philharmonie, Canopée des Halles). Anne Hidalgo est notamment accusée de pratiquer le clientélisme associatif en favorisant les structures liées au Parti socialiste et de dépenser des millions pour une communication "amateuriste". Si l’enquête semble reconnaitre à la maire de Paris une certaine habileté sur l’obtention des Jeux Olympiques de 2024, la conclusion est sans appel : Anne Hidalgo a oublié les préoccupations des Parisiens au profit d’ambitions internationales illusoires.

Dans l’entourage de la maire, on affirme qu’Anne Hidalgo a, au contraire, tenu ses promesses de campagne : "Le bilan sur la transition écologique est très positif comme sur le plan économique. Paris est remonté sur le podium des villes européennes les plus dynamiques (troisième après Londres et Cambridge selon l’indice Savills IM 2018). Pour ce qui est des projets architecturaux, ce sont des chantiers lancés bien avant sa mandature."

Première dans les sondages… de justesse

Malgré les critiques, la maire de Paris fait office de favorite pour la campagne de 2020. Un sondage Ifop, publié fin mars, la place en tête du premier tour dans tous les scénarios envisagés. Pour l’institut Elabe, la candidate socialiste gagnerait dans quatre cas testés sur six.

Mais pour certains, cette légère avance ne suffit pas à masquer un bilan en demi-teinte : "Les maires de grandes villes bénéficient habituellement d’un contexte extrêmement favorable à l’issu de leur premier mandat, en terme de crédibilité, de notoriété et aussi de reformes concrètes. De ce point de vue, Anne Hidalgo a du retard à rattraper", explique Bruno Cautres, chercheur CNRS au CEVIPOF. "Toutefois, c’est une personnalité combative, à l’identité politique affirmée ce qui pourrait jouer en sa faveur dans cette campagne qui s’annonce difficile".

Les proches d’Anne Hidalgo reconnaissent des ratés mais considèrent que la dynamique est à nouveau favorable : "Les difficultés que nous avons rencontrées sur le Vélib’ et l’autolib’ sont derrière nous et les grands chantiers entrepris sur la place de la Bastille, les pistes cyclables et les espaces verts vont bientôt aboutir. Il faut faire la différence entre des critiques qui peuvent lui être attribuées sur le plan national et le ressenti des parisiens."

Des candidatures qui se multiplient

La ville lumière suscite bien des convoitises. Beaucoup voient dans la mauvaise passe traversée par Anne Hidalgo une occasion d’en finir avec 20 ans de règne socialiste sur la capitale. Au sein de la majorité, les candidatures se bousculent. Fait assez rare, deux membres du gouvernement ont quitté le navire le 27 mars pour se lancer dans la campagne municipale : le porte-parole Benjamin Griveaux, à qui l’on donne les faveurs du président, mais aussi Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État chargé du numérique. Le mathématicien et député LREM Cédric Villani, ancien proche d’Anne Hidalgo, est lui aussi candidat.

À droite, une candidature se dégage, celle de Rachida Dati, ancienne garde des sceaux de Nicolas Sarkozyet maire du VIIème arrondissement. Comme Anne Hidalgo, cette dernière bénéficie d’une forte notoriété et est une habituée des batailles politiques difficiles.

D’autres candidats comme Gaspard Gantzer, ancien conseillé de François Hollande, ou Julien Bayou (EELV) sont aussi dans les starting blocks. Mais pour Bruno Cautres, il ne fait aucun doute que ce sont les candidats des grands partis qui tireront leur épingle du jeu à Paris : "Les élections se jouent par arrondissement et même si un bon score des écologistes est à prévoir, ce sont les alliances politiques qui détermineront l’issue du scrutin. Aujourd’hui, tous ne sont pas déclarés, le jeu reste donc extrêmement ouvert."

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