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De nouveau interpellé au Japon, Carlos Ghosn demande l'aide de la France

L’ancien président de Nissan, Carlos Ghosn, entouré par des journalistes à proximité de son domicile à Tokyo, le 3 avril 2019.
L’ancien président de Nissan, Carlos Ghosn, entouré par des journalistes à proximité de son domicile à Tokyo, le 3 avril 2019. Charly Triballeau, AFP

Carlos Ghosn a été arrêté, de nouveau, jeudi matin à son domicile de Tokyo sur des soupçons de malversations financières. Il a dénoncé une "arrestation révoltante et arbitraire" et demande l'aide de la France.

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Arrêté de nouveau, jeudi 4 avril, pour des soupçons d'enrichissement personnel, Carlos Ghosn, ancien président de Nissan, a dénoncé une "manœuvre". Il a par ailleurs clamé son innocence et demandé l'aide du gouvernement français, dans un entretien accordé mercredi à deux médias français et diffusé jeudi.

Les procureurs japonais, qui ont donné l’ordre d’arrêter Carlos Ghosn, soupçonnent l'ancien dirigeant d'avoir violé ses obligations professionnelles. Il aurait, selon eux, causé à Nissan des pertes financières de 5 millions de dollars (4,45 millions d'euros) entre décembre 2015 et juillet 2018.

"Sur cette somme, 5 millions ont été détournés", a précisé le bureau des procureurs dans un communiqué. "Le suspect a trahi sa fonction pour en tirer des bénéfices personnels". Il aurait notamment acheté un yacht et investi dans une société dirigée par son fils aux Etats-Unis.

Cette arrestation entre dans le cadre de nouvelles accusations d’abus de confianceaggravé en lien avec des paiements suspects effectués à un partenaire commercial du constructeur à Oman.

Elle survient à peine un mois après la libération de l’ex-PDG. Carlos Ghosn avait alors passé plus de 100 jours de détention, avant d’être libéré contre une caution de neuf millions de dollars.

La veille, Carlos Ghosn avait publié un message sur Twitter dans lequel il annonçait la tenue d’une conférence de presse le jeudi 11 avril pour "dire la vérité" sur les accusations dont il fait l’objet. Son avocat a annoncé jeudi qu’il publierait une vidéo de la déclaration que son client envisageait de faire à cette occasion.

Ghosn dénonce un "acharnement"

"Mon arrestation ce matin est révoltante et arbitraire", a-t-il réagi dans un communiqué transmis par email par un porte-parole peu après son arrestation.

Dans un entretien diffusé jeudi par TF1 et LCI, le magnat de l’automobile s’est dit "combatif". "Je suis innocent, c'est dur, il faut le savoir et je fais appel au gouvernement français pour me défendre, pour préserver mes droits en tant que citoyen pris dans un engrenage incroyable à l'étranger" a-t-il déclaré.

"Il y a beaucoup de mensonges dans ce qui a été dit et ces mensonges sont en train de se répéter les uns après les autres. (...) Il y a un acharnement qui n'est pas récent, qui a démarré le jour de mon arrestation, c'est-à-dire le 19 novembre 2018, il ne s'est jamais arrêté", a-t-il ajouté.

Selon la NHK, radiotélévision publique japonaise, plus d'une dizaine de représentants du parquet de Tokyo se trouvaient, jeudi matin, au domicile de Carlos Ghosn, pour que celui-ci se soumette à un interrogatoire.

Lors d'une conférence de presse, Junichiro Hironaka, l'avocat de Carlos Ghosn, a déclaré que son arrestation était inattendue et qu'il ferait appel de cette nouvelle arrestation. Il a précisé que le parquet de Tokyo avait confisqué à cette occasion des documents dont l'homme d'affaires, âgé de 65 ans, avait besoin pour préparer son procès.

"L'épouse de Ghosn se trouvait avec lui lorsqu'il a été arrêté, et ils lui ont confisqué son passeport et son téléphone portable. Sa femme n'est pas une suspecte, cela est impardonnable", a ajouté l'avocat devant le club japonais des journalistes étrangers.

Un responsable du bureau des procureurs a justifié cette arrestation par le souci d'éviter des destructions de preuves.

Présomption d’innocence et protection consulaire

Carlos Ghosn, qui a demandé l’aide du gouvernement français, bénéficie de la présomption d’innocence et de la protection consulaire. C’est ce que s’est borné à déclarer, jeudi, le ministre de l’Économie français, Bruno Le Maire, sur le plateau de BFM TV.

Toutefois, à ce stade, la priorité du gouvernement français est, selon lui, de garantir l’avenir de Renault, désormais présidé par l’ancien président de Michelin, Jean-Dominique Senard, en tandem avec le directeur général, Thierry Bolloré.

Lundi 1er avril, selon deux sources proches du dossier, Renault a alerté la justice française après avoir découvert, dans le cadre d'une enquête interne, l'existence de paiements suspects à SBA remontant à l'ère Carlos Ghosn.

Les éléments alors adressés au parquet suggèrent également que l'essentiel des fonds a été ensuite transféré à une société libanaise contrôlée par des associés de Carlos Ghosn. Selon les sources, la somme totale versée par le groupe français se chiffre à au moins 10 millions.

Carlos Ghosn fait déjà l'objet de poursuites pénales pour avoir omis de déclarer environ 82 millions de dollars (environ 73 millions d'euros) de salaire, et pour avoir transféré temporairement à Nissan des pertes financières personnelles durant la crise financière mondiale. Il est désormais sous la menace d'une quatrième mise en examen. 

Avec Reuters et AFP

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