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Les députés britanniques votent de justesse pour un report du Brexit

Les députés britanniques attendent, mercredi 3 avril, le résultat d'un vote sur une proposition de loi visant à reporter la date du Brexit.
Les députés britanniques attendent, mercredi 3 avril, le résultat d'un vote sur une proposition de loi visant à reporter la date du Brexit. AFP photo / PRU

Afin d’éviter le scénario d’une sortie sans accord de l’Union européenne, les députés britanniques ont voté mercredi soir une proposition de loi visant à forcer Theresa May à repousser la date du Brexit au-delà du 12 avril.

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Non au "no deal". Les députés britanniques ont voté mercredi 3 avril de justesse une proposition de loi visant à forcer la Première ministre à repousser la date du Brexit afin d'éviter une sortie sans accord de l'Union européenne. Voté à seulement 313 voix contre 312, le texte a été présenté par la députée travailliste Yvette Cooper qui a expliqué qu'il s'agit d'empêcher une sortie "chaotique" et "dommageable" de l'UE.

Cette proposition de loi a pour but d'obliger la Première ministre conservatrice, Theresa May, à reporter le Brexit au-delà de la date butoir du 12 avril si les députés n'arrivent pas à se mettre d'accord sur la manière dont le Royaume-Uni doit quitter l'UE. Elle doit encore être examinée jeudi par la Chambre des Lords, la chambre haute du Parlement, et la demande de report devra être approuvée par les dirigeants de l'UE.

Alors que la sortie de l'UE était censée avoir lieu le 29 mars, les dirigeants européens ont déjà accordé à Londres un sursis, jusqu'au 12 avril. Un nouveau délai devra être approuvé à l'unanimité des 27 autres pays membres de l'UE, qui se réunissent à Bruxelles pour un sommet exceptionnel le 10 avril. Un report au-delà du 22 mai impliquerait que le Royaume-Uni participe aux élections européennes, prévues pour se dérouler du 23 au 26 mai, ce que le gouvernement britannique veut éviter.

"Pardonne leur, ils ne savent pas ce qu'ils font"

Le gouvernement a d'ailleurs exprimé sa "déception" par la voix d'un porte-parole. "La Première ministre a déjà défini un processus clair par lequel nous pouvons quitter l'Union européenne avec un accord et nous nous sommes déjà engagés à demander un nouveau délai", a ajouté ce porte-parole, critiquant le caractère contraignant de cette proposition de loi. Bien que l'accord de divorce conclu fin novembre entre Londres et Bruxelles a déjà été rejeté trois fois par les députés, le gouvernement britannique n'exclut pas de représenter le texte au Parlement, s'il estime avoir les soutiens suffisants.

Ce vote a aussi rendu furieux les plus fervents défenseurs du Brexit, prêts à couper les ponts avec l'UE, même sans accord. Le député eurosceptique conservateur Mark Francois a ainsi dénoncé "un scandale constitutionnel". "Pardonne leur, ils ne savent pas ce qu'ils font", a-t-il ajouté, citant la Bible.

Le vote des députés intervient alors que Theresa May a initié une rencontre avec le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn mercredi pour tenter de trouver un compromis permettant au Royaume-Uni de quitter l'UE avec un accord soutenu par une majorité de députés.

Theresa May et Jeremy Corbyn poursuivent leurs discussions jeudi

La tentative de dialogue de dernière minute de Theresa May a été une nouvelle source de mécontentement de la part des députés partisans d'une rupture nette avec l'UE, car ces derniers craignent que cela n'ouvre la voie à un divorce dit "doux", soit le maintien de liens étroits. Elle a provoqué deux démissions au sein de son gouvernement mercredi : Chris Heaton-Harris, un secrétaire d'Etat au Brexit, pour dénoncer le report du Brexit, et Nigel Adams, secrétaire d'Etat au Pays de Galles, qui craint que le Royaume-Uni ne finisse dans une union douanière avec l'UE.

Ces discussions ont par ailleurs été jugées "constructives" par des porte-parole des deux camps même si Jeremy Corbyn a qualifié la rencontre d'"utile mais pas concluante". "Il n'y a pas autant d'évolution que j'attendais", a-t-il ajouté, précisant que les discussions se poursuivraient jeudi.

L'Union européenne a de son côté souligné, par la voix du président de la Commission Jean-Claude Juncker, qu'elle travaillerait "jusqu'au dernier moment" pour éviter un divorce sans accord et la chancelière allemande Angela Merkel a aussi promis de "se battre jusqu'à la dernière heure" pour éviter ce scénario.

Avec AFP

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