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Sidaction : 25 ans après la première édition, la crainte d'une banalisation du virus

Françoise Barré-Sinoussi, chercheuse, codécouvreuse du virus du sida, prix Nobel de médecine et présidente du Sidaction, le 16 novembre 2017 à Paris.
Françoise Barré-Sinoussi, chercheuse, codécouvreuse du virus du sida, prix Nobel de médecine et présidente du Sidaction, le 16 novembre 2017 à Paris. Stéphane de Sakutin, AFP

Le Sidaction revient vendredi pour sa 25e édition. L’opération caritative, qui prendra fin dimanche, est marquée cette année par un sondage selon lequel 23 % des jeunes se disent mal informés sur le VIH, un chiffre qui a doublé depuis 2009.

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Le ruban rouge, symbole de la lutte contre le sida, est de retour. Le Sidaction, événement caritatif créé en 1994 et soutenu chaque année par les télévisions et les radios, débute vendredi 5 avril et se poursuivra tout le week-end.

"N’oublions pas que le virus du sida est toujours là". Tel est le slogan de l’événement caritatif dont le couturier Jean-Paul Gaultier est, cette année, le parrain.

Le sida est toujours là. Selon les derniers chiffres officiels, publiés à la fin mars, 6 400 personnes ont découvert leur séropositivité en 2017. Des chiffres qui ne baissent plus depuis plusieurs années.

Non, aucun traitement ne guérit le sida

"On arrive à une sorte de plateau", regrette Françoise Barré-Sinoussi, présidente de Sidaction, mais également chercheuse, codécouvreuse du virus au début des années 1980 et prix Nobel de médecine en 2008. "C’est extrêmement inquiétant. J’étais récemment à une soirée-débat avec des jeunes, et ils ne se sentaient pas réellement concernés."

Pas concernés, parce que pas suffisamment informés. C’est en tout cas ce que révèle un sondage Ifop-Bilendi réalisé, fin février, auprès d’un échantillon de 1 000 personnes. On y apprend que 23 % des jeunes s’estiment mal informés sur le VIH. C’est deux fois plus qu’il y a dix ans. Jamais un tel niveau n’avait été atteint depuis 2009.

Ne se transmet pas par la salive

Dans l’histoire du Sidaction, une image a marqué. En 1994, à l’occasion de la toute première édition de l’opération, la comédienne Clémentine Célarié embrassait un séropositif sur la bouche, afin d’en finir avec les idées reçues concernant la transmission du virus, qui, faut-il le rappeler, ne se transmet pas par la salive.

Un quart de siècle plus tard, en 2019, les traitements ont progressé, mais l’information du public et notamment des jeunes ne fait que régresser, faisant craindre à l’association une "banalisation de l’épidémie."

En effet, 23 % des 15-24 ans pensent aujourd’hui qu’il existe des médicaments pour guérir le VIH (contre 13 % en 2009).

Pourtant, si les traitements par trithérapie permettent de rendre le virus indétectable et d'empêcher sa transmission, aucun traitement ne permet aujourd’hui de l'éliminer de l'organisme. D’où la nécessité, encore aujourd’hui, de réaliser des appels aux dons. La recherche se poursuit, mais a toujours besoin de fonds.

Baisse générale des dons

"Si on veut mettre fin à l'épidémie, il faut financer la recherche", martèle Françoise Barré-Sinoussi.

Pour cela, rendez-vous est donné à 20h41 sur toutes les chaînes de télévision participantes (seule M6 la diffusera à 21h), pour une séquence d'appel aux dons de quatre minutes retransmise en direct.

Tout au long de l’opération (de vendredi à dimanche), les dons peuvent être faits par téléphone (110, appel gratuit), par SMS ("DON" au 92110 pour un don de 5 euros), ou via le site Internet du Sidaction dont la bannière, comme un deuxième slogan, nous rappelle : "N’oublions pas de donner".

Un rappel comme en écho à la baisse générale des dons aux associations, pointée par France Générosités à la fin de l’année 2018. Si le Sidaction assure que les dons récoltés en 2018 étaient supérieurs à ceux de 2017, il nuance toutefois, expliquant que cette augmentation est notamment due au "don exceptionnel d’un grand donateur" anonyme.

La France, au cœur de la lutte contre le VIH, accueillera, le 10 octobre 2019, la conférence de financement du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, à Lyon.

Dans l’Hexagone, le nombre de porteurs du VIH est évalué à environ 172 000, dont 24 000 sont séropositifs [porteurs de virus sans avoir encore contracté la maladie] sans le savoir.

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