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Le G7 divisé sur le rapatriement des combattants jihadistes étrangers

Les ministres des Affaires étrangères du G7 réunis, à Dinard, le 5 avril  2019.
Les ministres des Affaires étrangères du G7 réunis, à Dinard, le 5 avril 2019. Damien Meyer, AFP

Des points de désaccord subsistent entre États du G7 sur la façon de gérer le problème de leurs ressortissants partis se battre dans les rangs de l'OEI en Syrie et en Irak, a déclaré, vendredi, le ministre français de l'Interieur.

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La question des jihadistes étrangers en Syrie divise au sein du G7. Ces divergences portent sur la gestion des jihadistes étrangers encore présents en Syrie et en Irak et de leurs familles, mais un rapprochement a été opéré sur la lutte contre l'utilisation d'Internet par les groupes extrémistes, a déclaré, vendredi 5 avril, Christophe Castaner.

Les ministres de l'Intérieur de France, d'Allemagne, du Royaume-Uni, d'Italie, des États-Unis, du Canada et du Japon se sont certes accordés sur deux grands principes, a-t-il dit lors d'une conférence de presse qui a suivi leur réunion de Paris.

Ils sont d'accord sur la nécessité de "tout mettre en œuvre pour empêcher la dispersion des combattants terroristes étrangers et de leurs familles" après la chute du dernier bastion de l'organisation État islamique et de veiller à ce que ceux qui doivent être jugés et condamnés "le soient fermement".

"La majorité des membres du G7 privilégient, à cet égard, des jugements et des condamnations dans les pays de la région mais les positions sont non unanimes (...) sur ce dossier", a ajouté Christophe Castaner.

France et Allemagne sont sur cette ligne alors que les États-Unis privilégient un rapatriement et un traitement judiciaire des jihadistes étrangers dans leur pays d'origine, ainsi que l'a rappelé la sous-secrétaire américaine à la sécurité intérieure, Claire Grady. "Notre position, c'est que ces personnes doivent être renvoyées vers leur pays d'origine, mais nous travaillerons avec nos partenaires pour nous assurer que ces individus soient traduits en justice", a-t-elle déclaré.

Deux écoles

Il a en revanche fait état d'un rapprochement entre les pays du G7, ainsi qu'avec les grands opérateurs américains, sur un autre front, celui de la lutte contre l'utilisation d'Internet pour la propagande et le recrutement de groupes terroristes ou extrémistes violents.

"Il y avait deux écoles : une école pragmatique qui pensait que la régulation pouvait se faire par les opérateurs eux-mêmes et une école plus proactive, qui pensait que la régulation impliquait de légiférer", a-t-il expliqué.

"Ce que nous avons entendu hier, c'est la demande des opérateurs eux-mêmes que la régulation se fasse par la puissance publique", a-t-il ajouté, soulignant que c'était la "vraie évolution enregistrée" sur ce front lors de ce G7.

"Aujourd'hui, ce qui était un écart, avec notamment les pays comme les États-Unis qui accueillent ces grandes sociétés, n'est plus un écart", a insisté le ministre. "Ensuite, les outils de régulation relèvent soit de l'Europe, pour l'Europe, en lien avec les États membres, soit des États - États-Unis, Japon, Canada. Mais les objectifs sont clairement les mêmes."

Opérateurs

Selon le document final de la réunion, les pays du G7 se sont notamment accordés sur la nécessité d'exiger des opérateurs qu'ils mettent en œuvre des mesures contre la diffusion de contenus à caractère extrémiste ou terroriste. "Certains pays du G7 peuvent choisir d'adopter une législation nationale ou régionale, afin d'imposer aux entreprises de l'Internet de retirer (ces contenus en ligne) dans un délai d'une heure", lit-on dans le document final.

Les ministres de l'Intérieur du G7 demandent par ailleurs un état des risques en matière de sécurité, liés à la mise en service de la nouvelle génération des réseaux de communication mobile 5G, ainsi que des propositions pour s'en prémunir.

Avec Reuters

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