Accéder au contenu principal

S'attaquer à Brel, un défi pour les chanteurs de "Ces Gens-Là"

Jacques Brel en concert lors de son dernier concert à l'Olympia à Paris le 7 octobre 1966
Jacques Brel en concert lors de son dernier concert à l'Olympia à Paris le 7 octobre 1966 AFP/Archives
Publicité

Paris (AFP)

De Liv del Estal à Michel Jonasz, de Marianne Faithfull à Lavilliers: dans "Ces Gens-Là", treize chanteurs de toutes générations relèvent un défi périlleux, interpréter Jacques Brel, sur des arrangements de l'Américain Larry Klein.

"Je suis un familier de Brel depuis toujours", écrit sur le livret du disque Larry Klein: le bassiste-producteur-arrangeur, réputé pour ses productions d'albums "crossover" de Joni Mitchell, Madeleine Peyroux ou Melody Gardot, a voulu donner un nouveau lustre aux chansons du grand Belge, en les habillant (parfois un peu trop) de riches sonorités.

Difficile cependant d'égaler le même degré d'émotion que parvenait à atteindre, par la simple accentuation d'un mot, Jacques Brel l'écorché vif.

"Brel a une telle force d'interprétation que c'est difficile de s'attaquer à une montagne pareille", a confié à l'AFP Gauvain Sers.

Dans "La Valse à mille temps", le jeune chanteur déjoue "le piège de tomber dans la pâle copie en voulant surenchérir à tout prix".

"Les arrangements modernes de Larry Klein m'ont aidé à en faire vraiment autre chose", explique-t-il. "On a pris le parti de ne pas accélérer le tempo de la chanson au fil des couplets mais plutôt d'empiler les instruments derrière pour la faire évoluer. En ça, on s'est démarqué de la performance vocale du débit de Brel".

Un débit époustouflant que Zaz, elle, épouse pour une version échevelée de Bruxelles.

Les arrangements de Larry Klein servent Bernard Lavilliers, très crédible dans sa façon "crooner latin lover" d'incarner sur fond de guitare swing et castagnettes le personnage à la fois pathétique et attachant de Jacky dans "La Chanson de Jacky".

Jacques Brel a aussi suscité de l'autre côté de la Manche et de l'Atlantique une forte admiration, de la part de musiciens autant attirés par le chanteur que le comédien.

A l'heure de la disparition récente du chanteur pop Scott Walker, hanté par Brel, Marianne Faithfull offre de sa voix rauque et brisée un "Port of Amsterdam" déglingué.

Melody Gardot offre, elle, une version sobre et recueillie, toute en finesse, de "La Chanson des Vieux Amants".

"Il faut du temps, peut-être, pour comprendre qu'il n'y pas de différence entre jouer la comédie et chanter. Dans les deux cas c'est toujours interpréter des émotions, des sentiments et raconter des histoires", confie Michel Jonasz, dont la voix se fait juste ce qu'il faut tremblante pour une version poignante des "Vieux".

"Ces Gens-Là" s'ouvre par un clin d'oeil du fils au père, avec Thomas Dutronc chantant dans "Vesoul" la fameuse phrase de Brel: "T'as voulu voir Dutronc et on a vu Dutronc"...

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.